Zürcher Nachrichten - Crise sino‑japonaise actuelle

EUR -
AED 4.177871
AFN 72.80738
ALL 92.182487
AMD 413.339148
ANG 2.036739
AOA 1044.327004
ARS 1734.581912
AUD 1.618871
AWG 2.0477
AZN 1.928636
BAM 1.956464
BBD 2.291528
BDT 140.07875
BGN 1.915101
BHD 0.428849
BIF 3408.961307
BMD 1.137611
BND 1.454257
BOB 13.930909
BRL 5.934653
BSD 1.137761
BTN 109.140463
BWP 15.555482
BYN 3.44392
BYR 22297.173895
BZD 2.288106
CAD 1.612063
CDF 2662.009743
CHF 0.94585
CLF 0.027869
CLP 1100.433526
CNY 7.637067
CNH 7.635167
COP 3833.032082
CRC 516.709349
CUC 1.137611
CUP 27.305463
CVE 110.304358
CZK 24.37667
DJF 202.176084
DKK 7.475571
DOP 67.735955
DZD 152.253445
EGP 59.266572
ERN 17.064164
ETB 185.398838
FJD 2.543362
FKP 0.858687
GBP 0.857582
GEL 2.974854
GGP 0.858687
GHS 13.236665
GIP 0.858687
GMD 83.609373
GNF 10005.482122
GTQ 8.689024
GYD 238.053894
HKD 8.924637
HNL 30.540629
HRK 7.534515
HTG 148.897055
HUF 366.91877
IDR 20519.088038
ILS 3.503384
IMP 0.858687
INR 109.175098
IQD 1490.318663
IRR 1564030.148208
ISK 136.991576
JEP 0.858687
JMD 180.101096
JOD 0.806586
JPY 178.89671
KES 147.581934
KGS 99.48237
KHR 4617.627329
KMF 492.585757
KPW 1023.850183
KRW 1546.399926
KWD 0.35126
KYD 0.948134
KZT 500.31412
LAK 25526.996138
LBP 101880.004207
LKR 376.574366
LRD 195.678961
LSL 18.695606
LTL 3.35907
LVL 0.68813
LYD 7.277597
MAD 10.956009
MDL 20.114089
MGA 4990.758826
MKD 61.590894
MMK 2388.795803
MNT 4090.929754
MOP 9.19284
MRU 45.575861
MUR 54.00265
MVR 17.576362
MWK 1972.795246
MXN 20.312054
MYR 4.643391
MZN 72.704379
NAD 18.695606
NGN 1509.655352
NIO 41.86457
NOK 10.847757
NPR 174.629915
NZD 2.005113
OMR 0.437407
PAB 1.137701
PEN 3.865981
PGK 5.146836
PHP 71.061437
PKR 315.226376
PLN 4.368335
PYG 6682.266833
QAR 4.146907
RON 5.278285
RSD 117.528802
RUB 96.130204
RWF 1679.791987
SAR 4.272768
SBD 9.10147
SCR 15.782527
SDG 684.270165
SEK 11.316333
SGD 1.452735
SHP 0.858898
SLE 28.042309
SLL 23855.122804
SOS 650.26346
SRD 42.872012
STD 23546.249072
STN 24.50993
SVC 9.954464
SYP 14791.21738
SZL 18.690916
THB 38.184476
TJS 10.495199
TMT 3.993014
TND 3.369043
TOP 2.739094
TRY 55.720974
TTD 7.721823
TWD 36.143607
TZS 2997.608165
UAH 51.052419
UGX 4453.589093
USD 1.137611
UYU 45.606273
UZS 13441.796191
VES 969.73532
VND 29548.87466
VUV 134.011815
WST 3.123559
XAF 655.957
XAG 0.018567
XAU 0.000275080591
XCD 3.07445
XCG 2.050414
XDR 0.80435
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 269.215231
ZAR 18.651931
ZMK 10239.86412
ZMW 22.156808
ZWL 366.31025
SSP 6498.706883
MXV 2.300288
  • AEX

    4.0000

    1116.12

    +0.36%

  • BEL20

    -18.8200

    5685.37

    -0.33%

  • PX1

    0.8100

    8078.48

    +0.01%

  • ISEQ

    80.5400

    14463.32

    +0.56%

  • OSEBX

    11.8700

    2094.49

    +0.57%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    6.3500

    4240.43

    +0.15%


Crise sino‑japonaise actuelle




Le 7 novembre 2025, la nouvelle cheffe du gouvernement japonais a lié pour la première fois la sécurité de l’archipel à celle de Taïwan : lors d’une audition au Parlement, elle a estimé qu’une attaque ou un blocus chinois contre l’île constituerait une « situation menaçant la survie du Japon » et pourrait justifier le recours à la force en vertu de la loi de 2015 sur la défense collective. Elle a refusé de retirer ses propos malgré les critiques, affirmant qu’ils restaient conformes à la ligne gouvernementale. Jusque‑là, Tokyo cultivait une « ambiguïté stratégique » et névoquait pas publiquement de réplique militaire à une crise autour de Taïwan.

Ces déclarations ont provoqué un tollé à Pékin. Le consul général de Chine à Osaka a publié un message insultant supprimé depuis; les ministères chinois des affaires étrangères et de la défense ont convoqué l’ambassadeur japonais et exigé une rétractation. La porteée symbolique des propos n’a pas échappé à Beijing : pour les dirigeants chinois, l’île est une province « inaliénable » et toute intervention étrangère franchirait une ligne rouge. Un porte‑parole de la défense a même averti qu’une intervention japonaise subirait une « défaite écrasante ».

Réactions croisées et surenchère
Le climat diplomatique s’est rapidement dégradé. Pékin a convoqué l’ambassadeur japonais puis, dans une logique de riposte, Tokyo a rappelé le représentant chinois pour protester contre les menaces du consul d’Osaka. Les échanges de notes verbales se sont doublés de mesures concrètes : la Chine a déconseillé à ses ressortissants de voyager au Japon en raison de « risques importants », a invité ses étudiants à être vigilants et a autorisé ses compagnies aériennes à rembourser sans frais les billets pour le Japon. Ce message a suscé l’indignation de Tokyo, qui y a vu une réponse disproportionnée et contraire à l’objectif d’une relation « mutuellement avantageuse ». L’ambassade du Japon à Pékin a parallèlement conseillé à ses compatriotes de faire preuve de prudence, de se déplacer en groupe et d’éviter les lieux très fréquentés.

Sur le plan militaire, la Chine a accentué la pression. Ses garde‑côtes ont mené le 16 novembre une patrouille dite de « protection des droits » autour des îles de la mer de Chine orientale administrées par le Japon (Senkaku pour Tokyo, Diaoyu pour Beijing). Cette manoeuvre s’est accompagnée de survols de drones près de Yonaguni et du passage de dizaines d’avions et de navires militaires autour de Taïwan, intensifiant la campagne de pression chinoise. Les incursions de navires chinois dans ces eaux disputées sont devenues plus longues et plus fréquentes ces dernières années.

Ces gestes ont ravivé un contentieux territorial ancien. Les îles Senkaku/Diaoyu, situées sur des voies maritimes stratégiques et supposées riches en ressources, sont administrées par le Japon mais revendiquées par la Chine. Les deux pays s’y opposent régulièrement depuis des décennies, et Tokyo dénonce les patrouilles chinoises comme des violations de sa souveraineté. Les visites de responsables japonais au sanctuaire Yasukuni et les différends sur l’héritage de la guerre renforcent en outre la méfiance émotionnelle entre les deux nations.

Coûts économiques et recherche d’apaisement
Au‑delà des paroles et des navires, la crise commence à peser sur les échanges. La Chine constitue la première source de touristes pour le Japon : 7,5 millions de visiteurs chinois se sont rendus dans l’archipel entre janvier et septembre 2025, soit un quart des arrivées étrangères, et ils ont dépensé plus de 3 milliards d’euros au troisième trimestre. L’appel de Beijing à s’abstenir de voyager a fait chuter en Bourse les entreprises liées au tourisme : le fabricant de cosétiques Shiseido a perdu plus de 9 %, les grands magasins Mitsukoshi et Takashimaya entre 6 et 11 %, et le groupe de distribution Pan Pacific a cédé jusqu’à 9,7 %. Les compagnies aériennes japonaises ont aussi reculé, malgré l’absence d’annulations massives.

La dimension économique est d’autant plus sensible que la Chine et le Japon restent étroitement interdépendants. Ils échangent chaque année pour des centaines de milliards de dollars et les entreprises japonaises sont très présentes sur le marché chinois. Les autorités des deux pays cherchent donc à limiter les dégâts : Tokyo a dépêché à Pékin un haut diplomate chargé de l’Asie‑Pacifique pour tenter de renouer le dialogue, tandis que les ministres des affaires étrangères se sont dits ouverts à une rencontre en marge d’un sommet international. Cependant, la Chine a indiqué qu’aucune rencontre bilatérale n’était prévue en marge du G20 en Afrique du Sud.

Implications régionales et perspectives
Cette nouvelle tension intervient dans un contexte où le Japon renforce ses capacités militaires et ses partenariats avec d’autres pays asiatiques face à une Chine plus assertive. La constitution pacifiste, qui limite l’usage de la force aux situations d’autodéfense, a été interprétée depuis 2015 pour autoriser un soutien à un allié si l’existence même du pays est menacée. L’exemple de Taïwan invoqué par la première ministre pose la question de la définition d’une menace existentielle et du rôle de l’alliance américaine dans la région. De nombreux analystes soulignent que tout conflit autour de Taïwan impliquerait rapidement les Etats‑Unis et pourrait embraser toute l’Asie du Nord‑Est.

Pour l’instant, aucun des deux gouvernements ne souhaite une rupture. Le Japon a besoin du marché chinois pour soutenir sa croissance, et la Chine témoigne d’un attachement à la stabilité économique. Mais l’affaire souligne la fragilité d’une relation marquée par des rancœurs historiques et des ambitions stratégiques divergentes. Tant que la question de Taïwan et celle des îles Senkaku/Diaoyu resteront irrésolues, chaque déclaration ou manoeuvre militaire risque de provoquer une nouvelle crise, avec des répercussions bien au‑delà des deux protagonistes.