Zürcher Nachrichten - Île artificielle du Vietnam

EUR -
AED 4.300703
AFN 72.605876
ALL 95.566623
AMD 431.686089
ANG 2.096729
AOA 1075.029927
ARS 1630.117511
AUD 1.614883
AWG 2.109365
AZN 1.988627
BAM 1.955368
BBD 2.358619
BDT 143.74826
BGN 1.95557
BHD 0.441781
BIF 3484.478409
BMD 1.171056
BND 1.490258
BOB 8.092455
BRL 5.868634
BSD 1.171061
BTN 112.01631
BWP 15.775988
BYN 3.263152
BYR 22952.706036
BZD 2.35526
CAD 1.605027
CDF 2624.337433
CHF 0.915719
CLF 0.026396
CLP 1038.867345
CNY 7.952585
CNH 7.945536
COP 4441.547698
CRC 533.091398
CUC 1.171056
CUP 31.032995
CVE 110.606169
CZK 24.320618
DJF 208.120324
DKK 7.472488
DOP 69.385268
DZD 155.165902
EGP 61.953547
ERN 17.565846
ETB 184.295054
FJD 2.559754
FKP 0.865656
GBP 0.866412
GEL 3.138539
GGP 0.865656
GHS 13.23885
GIP 0.865656
GMD 85.486744
GNF 10278.948927
GTQ 8.934027
GYD 245.00218
HKD 9.172668
HNL 31.162114
HRK 7.53387
HTG 152.941455
HUF 358.000737
IDR 20520.129066
ILS 3.405083
IMP 0.865656
INR 112.186623
IQD 1534.083924
IRR 1537597.093295
ISK 143.583183
JEP 0.865656
JMD 185.203572
JOD 0.830291
JPY 184.919765
KES 151.414385
KGS 102.409104
KHR 4697.10668
KMF 493.014552
KPW 1053.970463
KRW 1745.676267
KWD 0.360908
KYD 0.975914
KZT 549.633947
LAK 25704.688693
LBP 105103.269659
LKR 380.062573
LRD 214.479028
LSL 19.217446
LTL 3.457825
LVL 0.70836
LYD 7.406952
MAD 10.742979
MDL 20.084166
MGA 4889.160537
MKD 61.640864
MMK 2458.379922
MNT 4192.000607
MOP 9.446497
MRU 46.84213
MUR 54.914491
MVR 18.046385
MWK 2039.391252
MXN 20.132923
MYR 4.602916
MZN 74.832523
NAD 19.216911
NGN 1604.218565
NIO 42.983665
NOK 10.765551
NPR 179.232782
NZD 1.971824
OMR 0.45027
PAB 1.171081
PEN 4.014969
PGK 5.105747
PHP 72.14703
PKR 326.254684
PLN 4.240337
PYG 7161.418757
QAR 4.266744
RON 5.205349
RSD 117.396039
RUB 85.753937
RWF 1709.742388
SAR 4.400914
SBD 9.406227
SCR 16.10192
SDG 703.208973
SEK 10.915294
SGD 1.490726
SHP 0.874312
SLE 28.815812
SLL 24556.470282
SOS 669.258284
SRD 43.556271
STD 24238.503756
STN 24.884949
SVC 10.246738
SYP 129.494205
SZL 19.30483
THB 37.859903
TJS 10.966959
TMT 4.110408
TND 3.373229
TOP 2.819623
TRY 53.206656
TTD 7.945381
TWD 36.90236
TZS 3046.376822
UAH 51.496291
UGX 4391.105437
USD 1.171056
UYU 46.520523
UZS 14144.019813
VES 594.972399
VND 30852.652716
VUV 138.159919
WST 3.165059
XAF 655.828994
XAG 0.013455
XAU 0.000249
XCD 3.164838
XCG 2.110516
XDR 0.813848
XOF 654.020755
XPF 119.331742
YER 279.443344
ZAR 19.221662
ZMK 10540.912462
ZMW 22.10378
ZWL 377.079693
  • AEX

    6.7700

    1016.89

    +0.67%

  • BEL20

    19.8300

    5528.51

    +0.36%

  • PX1

    54.4500

    8062.39

    +0.68%

  • ISEQ

    12.5300

    12543.97

    +0.1%

  • OSEBX

    1.5900

    1985.91

    +0.08%

  • PSI20

    35.3800

    9107.55

    +0.39%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -21.8500

    4101.58

    -0.53%

  • N150

    21.8500

    4224.28

    +0.52%


Île artificielle du Vietnam




Au cours des dernières années, le Vietnam est passé d’un acteur discret à l’un des pays les plus actifs dans la transformation physique de la mer de Chine méridionale. Cette nation d’Asie du Sud-Est, qui dépend fortement du commerce maritime, a lancé un ambitieux programme de construction d’îles artificielles dans l’archipel des Spratleys. Cette mer est une artère économique par laquelle transitent des billions de dollars de marchandises chaque année et possède d’importantes réserves de gaz et de pétrole. De plus, six pays revendiquent des parties de ces eaux, ce qui fait de la zone l’un des foyers géopolitiques les plus délicats de la planète.

Une réponse défensive à l’expansion chinoise
La principale motivation du gouvernement vietnamien a été de répondre à la construction massive de bases par la Chine entre 2013 et 2018. Alors que Pékin érigeait d’immenses complexes militaires sur des récifs comme Fiery Cross, Subi et Mischief, le Vietnam, jusqu’en 2021, ne possédait que onze petites îles fortifiées et quelques casemates en béton. Selon des analystes, la rapidité avec laquelle la Chine a transformé des récifs en bases aériennes équipées de radars et de missiles a persuadé Hanoï qu’il fallait empêcher que ses propres récifs soient occupés ou bloqués.

Craignant de se retrouver sans défense face à un blocus similaire à celui que la Chine impose aux Philippines sur le deuxième banc Thomas, le Vietnam a décidé d’étendre les zones qu’il contrôle déjà. À partir de 2022, la superficie récupérée a explosé : en seulement sept mois, il a créé plus de terres que durant les deux années précédentes. Des rapports de centres d’études indiquent qu’en mars 2025, le Vietnam avait récupéré environ 70 % de la superficie créée par la Chine et que des travaux sur huit récifs supplémentaires pourraient lui permettre de rejoindre, voire de dépasser, l’ampleur des projets chinois.

Raisons stratégiques et économiques
Près de 90 % des exportations vietnamiennes transitent par les routes de la mer de Chine méridionale. Maintenir ces routes ouvertes et protéger la zone économique exclusive est essentiel pour l’économie et la sécurité. Les nouvelles îles servent de postes de surveillance, de ports et de pistes d’atterrissage, permettant à la garde côtière et à la marine de patrouiller plus souvent et de se réapprovisionner sans retourner sur le continent. La construction d’une piste de 2 400 mètres sur le récif Barque Canada, par exemple, a mis fin à la limitation de ne disposer que d’une piste courte sur l’île Spratley.

Dissuasion militaire et leçons du passé
Après l’incident de Gạc Ma en 1988, où 64 marins vietnamiens ont perdu la vie en défendant un récif, les autorités ont compris l’importance de ne pas laisser des îles inoccupées. Depuis, la stratégie associe diplomatie et présence physique robuste. Les nouvelles îles comprennent des quais renforcés, des dépôts de munitions protégés par des murs de béton et des batteries antiaériennes. Des experts estiment que ces postes fortifiés sont un moyen de dissuasion : ils montrent à la Chine que l’occupation de territoires dépeuplés ne se fera pas sans riposte.

Accès aux ressources naturelles
Le sous-sol de la mer de Chine méridionale contient des réserves potentielles d’hydrocarbures évaluées en billions de dollars. Un des objectifs vietnamiens est de protéger des zones comme le banc Vanguard, en bordure du plateau continental, où l’on pense que d’importants gisements de pétrole et de gaz existent. L’extension de la base sur le récif Thuyen Chai — situé à environ 80 milles nautiques du banc pétrolier — est interprétée comme une tentative de sécuriser un avant‑poste pour surveiller et empêcher les incursions.

Développement économique intégré
La stratégie vietnamienne ne se limite pas au domaine militaire. Depuis 2007, le Parti communiste promeut une économie maritime intégrée qui comprend le développement des zones côtières, des plateaux continentaux et de 27 formations en mer. L’objectif est que le secteur maritime contribue à plus de la moitié du produit intérieur brut national. Des chercheurs indiquent que nombre d’îles artificielles incluent des infrastructures civiles comme des entrepôts frigorifiques pour les produits de la mer, des fermes, des zones habitées et même de petits potagers pour approvisionner les détachements.

Critiques et défis environnementaux
Les travaux vietnamiens ont provoqué des frictions avec d’autres pays de la région. La Malaisie a protesté officiellement contre la construction d’une piste d’atterrissage sur le récif Barque Canada et les Philippines ont annoncé qu’elles surveilleraient de près les travaux d’expansion. Même si l’Association des nations de l’Asie du Sud‑Est cherche à maintenir le statu quo aux Spratleys, des experts admettent qu’il est difficile d’arrêter le Vietnam parce que la Chine et d’autres pays ont également procédé à des revendications similaires.

Impact écologique et projets touristiques
Toutes les îles artificielles vietnamiennes ne sont pas destinées à des fins militaires. Des entreprises privées ont entrepris des projets de remblai pour créer des centres touristiques. Sur l’île de Cát Bà, au nord‑est du pays, un conglomérat a remblayé 50 hectares de nouvelle terre dans la baie de Lan Hạ entre 2024 et 2025 pour y construire des gratte‑ciel, des villas de luxe et des plages artificielles. Les autorités locales espèrent accueillir plus de quatre millions de visiteurs par an après l’expansion. Cependant, des biologistes et des habitants affirment que ces travaux menacent des espèces endémiques — comme les langurs à tête dorée — et perturbent l’équilibre écologique de la baie. Des études universitaires avertissent que le remblaiement de baies et d’estuaires réduit la capacité de filtration de l’eau, augmente la turbidité et favorise les inondations et les affaissements. De plus, des pêcheurs locaux dénoncent des restrictions d’accès et la diminution de leur moyen de subsistance.

Risques climatiques et enfoncement du terrain
L’élévation de plages et de plateformes à l’aide de sable transporté comporte des risques. Des géologues soulignent que les terrains gagnés sur la mer sont plus sujets aux affaissements et, à long terme, à la montée du niveau de la mer et aux phénomènes météorologiques extrêmes. Le processus de remblai nécessite d’énormes quantités de sable, dont l’extraction provoque l’érosion d’autres zones côtières et perturbe les écosystèmes marins.

Diplomatie et équilibre géopolitique
Le Vietnam a tenté de combiner ses ambitions maritimes avec une politique étrangère équilibrée. Tandis qu’il étend ses bases dans les Spratleys, il multiplie les rencontres de haut niveau avec la Chine et, en même temps, renforce la coopération militaire avec les États‑Unis, le Japon et d’autres partenaires. Cette double voie vise à montrer une volonté de dialogue, à réduire la possibilité d’une confrontation ouverte et à signaler qu’il existe des alliances prêtes à soutenir Hanoï en cas de pression excessive.

Conclusion
La création d’îles artificielles par le Vietnam est une stratégie multifacette. Elle répond à la nécessité de protéger sa souveraineté et son économie, de dissuader les agressions et de garantir l’accès aux ressources naturelles. En même temps, elle vise à stimuler l’économie maritime et le tourisme. Cette dynamique, toutefois, s’accompagne de tensions diplomatiques, d’interrogations environnementales et de défis sociaux. À mesure que le Vietnam continue d’agrandir ses îles et ses ports, la communauté internationale observe attentivement si la nation parviendra à concilier ses ambitions géopolitiques avec la préservation de l’environnement et le bien‑être de ses voisins et de ses citoyens.