Zürcher Nachrichten - Crise à l’ONU après Beaufort

EUR -
AED 4.240317
AFN 72.167233
ALL 95.287507
AMD 425.41801
ANG 2.067291
AOA 1059.936105
ARS 1664.962855
AUD 1.643568
AWG 2.081193
AZN 1.962636
BAM 1.951827
BBD 2.330297
BDT 141.88239
BGN 1.928114
BHD 0.43636
BIF 3452.939522
BMD 1.154614
BND 1.487534
BOB 7.975832
BRL 5.994417
BSD 1.156945
BTN 110.059897
BWP 15.649957
BYN 3.19563
BYR 22630.44378
BZD 2.326996
CAD 1.610387
CDF 2627.902087
CHF 0.922566
CLF 0.026898
CLP 1058.620194
CNY 7.819915
CNH 7.823598
COP 4129.686513
CRC 533.893967
CUC 1.154614
CUP 30.597284
CVE 110.438583
CZK 24.161983
DJF 206.029313
DKK 7.473939
DOP 67.384481
DZD 154.331528
EGP 59.721162
ERN 17.319217
ETB 186.527867
FJD 2.562439
FKP 0.865024
GBP 0.862722
GEL 3.05952
GGP 0.865024
GHS 13.520351
GIP 0.865024
GMD 84.287358
GNF 10134.725897
GTQ 8.798165
GYD 241.480494
HKD 9.048852
HNL 30.938642
HRK 7.536512
HTG 151.274959
HUF 355.875251
IDR 20784.215229
ILS 3.400986
IMP 0.865024
INR 110.233583
IQD 1512.544967
IRR 1587796.965194
ISK 143.464052
JEP 0.865024
JMD 182.703498
JOD 0.818613
JPY 185.148779
KES 149.383845
KGS 100.97069
KHR 4647.6684
KMF 493.020169
KPW 1038.985899
KRW 1759.188004
KWD 0.357111
KYD 0.96185
KZT 563.61749
LAK 25404.382801
LBP 103608.985153
LKR 389.550342
LRD 210.716361
LSL 19.074437
LTL 3.409276
LVL 0.698415
LYD 7.373839
MAD 10.688272
MDL 20.071313
MGA 4853.84751
MKD 61.649656
MMK 2423.735731
MNT 4131.993397
MOP 9.316215
MRU 46.197984
MUR 55.283265
MVR 17.850046
MWK 2006.26364
MXN 20.138822
MYR 4.6942
MZN 73.787365
NAD 19.062473
NGN 1569.282977
NIO 42.575283
NOK 10.983669
NPR 176.51713
NZD 1.983755
OMR 0.443925
PAB 1.15426
PEN 3.961193
PGK 5.063796
PHP 70.989127
PKR 321.965732
PLN 4.244883
PYG 7126.7435
QAR 4.209146
RON 5.238142
RSD 117.350455
RUB 83.103422
RWF 1694.144839
SAR 4.334363
SBD 9.289535
SCR 15.371858
SDG 693.343039
SEK 10.93764
SGD 1.486573
SHP 0.862036
SLE 28.46104
SLL 24211.690739
SOS 661.266014
SRD 43.267999
STD 23898.188549
STN 24.508692
SVC 10.099527
SYP 127.62196
SZL 19.02849
THB 38.020959
TJS 10.768771
TMT 4.052697
TND 3.358485
TOP 2.780034
TRY 53.258783
TTD 7.82913
TWD 36.524376
TZS 3013.54149
UAH 51.975483
UGX 4354.173646
USD 1.154614
UYU 46.725283
UZS 13884.23942
VES 654.63546
VND 30391.184998
VUV 137.727769
WST 3.170978
XAF 656.206771
XAG 0.018108
XAU 0.000277
XCD 3.120404
XCG 2.080183
XDR 0.816111
XOF 656.209613
XPF 119.331742
YER 275.549079
ZAR 19.103039
ZMK 10392.916986
ZMW 20.54891
ZWL 371.785391
  • AEX

    1.8800

    1046.86

    +0.18%

  • BEL20

    16.0900

    5565.12

    +0.29%

  • PX1

    4.1000

    8203.43

    +0.05%

  • ISEQ

    88.4100

    13089.38

    +0.68%

  • OSEBX

    -2.9900

    1990.11

    -0.15%

  • PSI20

    -28.5800

    8902.89

    -0.32%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -53.7700

    4180.4

    -1.27%

  • N150

    -7.9600

    4180.5

    -0.19%


Crise à l’ONU après Beaufort




L’embrasement récent de la frontière libano‑israélienne vient de franchir un nouveau palier. En annonçant la prise de la forteresse médiévale de Beaufort, perchée sur une crête dominant le sud du Liban, Benjamin Netanyahou a donné un signal fort d’escalade dans le conflit avec le Hezbollah. Cette citadelle des Croisés, demeurée un symbole de contrôle stratégique depuis des siècles, offre à l’armée israélienne un point d’observation sur la vallée du Litani et sur les villes environnantes. Depuis le retrait israélien de 2000, elle relevait de l’armée libanaise et du Hezbollah ; son occupation marque la pénétration la plus profonde des forces israéliennes en territoire libanais depuis un quart de siècle.

Lors d’une visite auprès des troupes, le premier ministre israélien a qualifié la capture de Beaufort de « tournant décisif ». Il a ordonné à ses forces « d’approfondir et d’étendre leur emprise » sur les zones tenues par le Hezbollah. En pratique, cette directive se traduit par une avancée vers le fleuve Zahrani, au‑delà de la zone tampon qui s’étendait jusqu’au Litani, et par des frappes aériennes massives sur des localités comme Deir Zahrani et Tyr. Dimanche matin, des raids sur Deir Zahrani ont provoqué la mort de huit civils et blessé dix‑neuf autres, dont des femmes et des enfants, selon le ministère libanais de la Santé. La ville côtière de Tyr a subi les bombardements les plus violents depuis le début de la guerre, des immeubles entiers ayant été réduits en poussière. Parallèlement, les autorités israéliennes ont ordonné l’évacuation d’une large bande du sud du Liban entre la frontière et le fleuve Zahrani, poussant des milliers d’habitants à prendre la route.

L’offensive intervient alors qu’une trêve conclue mi‑avril censée geler les hostilités s’érode. Depuis le 2 mars, plus de trois mille quatre cents Libanais ont été tués et plus d’un million de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Côté israélien, l’armée fait état d’une vingtaine de soldats tués. Les combats sont nourris par le recours accru du Hezbollah à des drones kamikazes peu coûteux et difficiles à intercepter. Israël présente l’offensive comme une nécessité pour neutraliser des infrastructures ennemies et empêcher les tirs de roquettes sur la Galilée, mais les critiques dénoncent une campagne disproportionnée qui détruit les villages et menace un site inscrit au patrimoine de l’Unesco.

Face à l’embrasement, la diplomatie française est montée au créneau. Le chef de la diplomatie Jean‑Noël Barrot a demandé la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies. Paris, membre permanent du Conseil, a obtenu la tenue d’une session extraordinaire afin de débattre de la situation. Emmanuel Macron a dénoncé « l’escalade majeure » en cours dans le sud du Liban et appelé au respect du droit international humanitaire. Au siège new‑yorkais de l’ONU, les quinze membres du Conseil ont examiné les conséquences de l’offensive et les risques d’une conflagration régionale. La France, soutenue par plusieurs membres, a insisté sur la protection des civils, la préservation des biens culturels et la nécessité de relancer des négociations indirectes sous médiation américaine entre Israël et le Liban.

La réunion n’a pas abouti à une résolution commune, les divergences entre les membres demeurant vives. Les États‑Unis ont réaffirmé leur soutien à la sécurité d’Israël tout en poussant à la désescalade, tandis que la Russie et la Chine ont critiqué « l’occupation » d’un territoire voisin. Dans un communiqué, l’ONU a rappelé que sa Force intérimaire au Liban (Finul) reste sur place et observe une activité militaire intense des deux côtés. Les diplomates s’accordent néanmoins sur l’urgence d’éviter un embrasement régional, alors que des pourparlers entre Washington et Téhéran visent à parvenir à un cessez‑le‑feu global.

À Beyrouth comme à Jérusalem, l’évolution de la situation dépendra de l’articulation entre pressions internationales et réalités militaires. Pour de nombreux Libanais réfugiés à Saïda ou à Nabatiyé, la prise de Beaufort représente un drame : « Il nous est impossible de retourner chez nous, la ville est en grande partie détruite », déplore Zeinab Fakih, une déplacée. D’autres, comme Issa Tfaily, y voient un épisode de plus dans un combat qui perdure : « Nous retournerons sur nos terres tant qu’il y aura une résistance », affirme‑t‑il. Du côté israélien, des voix appellent à aller plus loin. Des responsables politiques réclament des frappes contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, pour briser son pouvoir.

L’incursion israélienne en profondeur et la réaction diplomatique soulignent la fragilité d’un Moyen‑Orient en guerre depuis le début de l’année. Alors que les combats en Iran et en Israël‑Palestine ont déjà désorganisé la région, l’ouverture d’un nouveau front au Liban pourrait entraîner une conflagration générale. La prise de Beaufort, en outre, soulève des questions sur la protection des sites historiques en zone de guerre et sur le rôle de la communauté internationale. Au‑delà des déclarations, la réunion du Conseil de sécurité pourrait marquer le début d’un effort renouvelé pour instaurer un cessez‑le‑feu et protéger les populations prises en étau entre des acteurs régionaux et des puissances internationales.