Zürcher Nachrichten - Affaire Adèle Haenel: l'heure du jugement pour le réalisateur Christophe Ruggia

EUR -
AED 4.246644
AFN 74.005922
ALL 96.265326
AMD 436.123466
ANG 2.069937
AOA 1060.360225
ARS 1598.689495
AUD 1.673775
AWG 2.08285
AZN 1.988068
BAM 1.972639
BBD 2.327881
BDT 141.810522
BGN 1.976535
BHD 0.436611
BIF 3427.379034
BMD 1.156336
BND 1.492137
BOB 7.986172
BRL 5.987965
BSD 1.155771
BTN 109.980818
BWP 15.944102
BYN 3.437039
BYR 22664.179845
BZD 2.324442
CAD 1.608272
CDF 2642.226678
CHF 0.921582
CLF 0.027136
CLP 1071.471881
CNY 7.963164
CNH 7.961846
COP 4259.455081
CRC 537.389586
CUC 1.156336
CUP 30.642896
CVE 110.863691
CZK 24.5467
DJF 205.503695
DKK 7.472507
DOP 69.496203
DZD 154.08251
EGP 63.140551
ERN 17.345036
ETB 181.602368
FJD 2.610315
FKP 0.876547
GBP 0.87223
GEL 3.110636
GGP 0.876547
GHS 12.719346
GIP 0.876547
GMD 85.569097
GNF 10146.845711
GTQ 8.843528
GYD 241.875744
HKD 9.063301
HNL 30.754786
HRK 7.528677
HTG 151.694897
HUF 384.268277
IDR 19655.394337
ILS 3.628929
IMP 0.876547
INR 108.251477
IQD 1514.799775
IRR 1521593.247438
ISK 143.397549
JEP 0.876547
JMD 182.85085
JOD 0.819848
JPY 183.470036
KES 150.324057
KGS 101.121607
KHR 4636.906277
KMF 495.487973
KPW 1040.672847
KRW 1743.453202
KWD 0.358024
KYD 0.963121
KZT 550.660545
LAK 25381.569304
LBP 103502.574163
LKR 364.613993
LRD 212.389924
LSL 19.738949
LTL 3.414358
LVL 0.699456
LYD 7.406339
MAD 10.803067
MDL 20.468725
MGA 4831.170578
MKD 61.591507
MMK 2427.7246
MNT 4129.285061
MOP 9.332604
MRU 46.380777
MUR 54.10502
MVR 17.888809
MWK 2008.555118
MXN 20.690083
MYR 4.668704
MZN 73.947626
NAD 19.738948
NGN 1600.403533
NIO 42.471566
NOK 11.181067
NPR 175.969107
NZD 2.013099
OMR 0.444626
PAB 1.155766
PEN 4.042522
PGK 5.07607
PHP 69.688304
PKR 322.845343
PLN 4.28678
PYG 7486.909717
QAR 4.213698
RON 5.097015
RSD 117.393505
RUB 94.009327
RWF 1688.250131
SAR 4.340218
SBD 9.299295
SCR 16.534366
SDG 694.958363
SEK 10.915173
SGD 1.486839
SHP 0.867551
SLE 28.387646
SLL 24247.794113
SOS 660.848203
SRD 43.216918
STD 23933.81449
STN 25.121393
SVC 10.113373
SYP 127.838758
SZL 19.738534
THB 37.748595
TJS 11.078065
TMT 4.058738
TND 3.387824
TOP 2.784178
TRY 51.442948
TTD 7.852061
TWD 36.907956
TZS 2990.065557
UAH 50.776558
UGX 4351.161172
USD 1.156336
UYU 46.890264
UZS 14102.102747
VES 547.268077
VND 30457.882506
VUV 139.157306
WST 3.20221
XAF 661.604585
XAG 0.015529
XAU 0.000247
XCD 3.125055
XCG 2.082981
XDR 0.8221
XOF 659.691044
XPF 119.331742
YER 275.9598
ZAR 19.553517
ZMK 10408.420696
ZMW 22.092587
ZWL 372.339626
  • AEX

    11.1300

    970.92

    +1.16%

  • BEL20

    110.0900

    5183.39

    +2.17%

  • PX1

    153.9900

    7970.75

    +1.97%

  • ISEQ

    249.5700

    12305.9

    +2.07%

  • OSEBX

    -13.4400

    2054.55

    -0.65%

  • PSI20

    140.6300

    9272.31

    +1.54%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    62.7400

    3689.24

    +1.73%

  • N150

    65.2500

    3926.37

    +1.69%

Affaire Adèle Haenel: l'heure du jugement pour le réalisateur Christophe Ruggia
Affaire Adèle Haenel: l'heure du jugement pour le réalisateur Christophe Ruggia / Photo: ALAIN JOCARD - AFP/Archives

Affaire Adèle Haenel: l'heure du jugement pour le réalisateur Christophe Ruggia

L'affaire avait bouleversé le monde du cinéma et ouvert la voie au #Metoo français: après deux jours d'un procès intense en décembre, le réalisateur Christophe Ruggia, accusé d'avoir agressé sexuellement Adèle Haenel quand elle était mineure, sera fixé sur son sort lundi.

Taille du texte:

Le tribunal correctionnel de Paris rendra son jugement à 13H30. Christophe Ruggia, 60 ans, et Adèle Haenel, 35 ans, seront présents, selon leurs avocats.

A l'issue du procès (9-10 décembre), l'accusation a requis cinq ans de prison, dont deux ferme aménagés sous bracelet électronique à l'encontre du réalisateur, qui a contesté jusqu'au bout avoir agressé Adèle Haenel entre ses 12 et 14 ans. Si le tribunal suit les réquisitions, Christophe Ruggia n'ira pas en prison.

Adèle Haenel avait joué le rôle principal de son film "Les Diables" en 2001, une histoire de fugue perpétuelle d'un frère et d'une soeur qui tourne à l'inceste, avec des scènes de sexe entre les enfants et de longs gros plans sur le corps nu d'Adèle Haenel. Plusieurs adultes sur le plateau avaient dit leur "malaise" face au comportement "déplacé" du réalisateur presque quadragénaire avec son actrice.

Les agressions sexuelles qu'a dénoncées Adèle Haenel -- publiquement dans Mediapart en 2019, déclenchant #Metoo dans le cinéma français -- auraient débuté chez le réalisateur, après le tournage du film sous couvert de préparation de sa promotion. Et se seraient poursuivies quasiment tous les samedis après-midis pendant les années de quatrième et troisième de l'adolescente.

A la barre, l'actrice, qui s'est mise aujourd'hui en retrait du cinéma, a décrit le processus toujours identique des agressions. Elle assise sur le canapé, lui qui vient "se coller" l'air de rien au fil de la conversation parce que "ma puce (t'es) vraiment trop drôle". Puis les mains qui passent sous le T-shirt, dans son pantalon. Après le "goûter", il la ramenait chez ses parents.

Droite comme un i à l'audience, le visage régulièrement pris de spasmes nerveux, elle avait cherché les mots pour décrire l'impossibilité de sortir de cet engrenage, face à un homme qui disait l'avoir "créée", qu'il n'avait "pas eu de chance de tomber amoureux d'elle", cette "adulte dans un corps d'enfant".

- "Défense absurde" -

L'actrice qui avait péniblement contenu sa rage face aux dénégations répétées de Christophe Ruggia, se contentant de le fixer d'un regard noir qu'il évitait, avait fini par exploser la seconde après-midi de procès.

Bondissant de son siège et dans un cri venu de loin, elle avait hurlé "mais ferme ta gueule !", frappant des mains sur la table devant elle, figeant pendant quelques secondes une salle d'audience habituellement plus policée.

Le réalisateur était en train d'expliquer qu'il avait tenté de la protéger des retombées du film dans la vraie vie, lui suggérant notamment qu'elle prenne "un nom d'emprunt".

Elle avait ensuite quitté la salle, comme en écho à son départ de la cérémonie des César en 2020 après le prix du meilleur réalisateur décerné à Roman Polanski, un geste qui l'avait érigée en symbole des féministes.

Soutenant qu'elle avait une "sensualité débordante" à 12 ans, Christophe Ruggia a pourtant assuré n'avoir "jamais" été "attiré" par Adèle Haenel. Les accusations portées contre lui ? Une "vengeance" car il aurait refusé de la faire jouer à nouveau. Et puis, "il fallait lancer un #Metoo français, et c'est tombé sur moi".

Une "défense absurde", avait balayé la procureure Camille Ploch. "Il a fait le choix d'agresser sexuellement. Il avait toute sa conscience d'homme, d'adulte pour agir autrement".

"Cette audience doit rappeler l'interdit, qui était l'adulte, qui était l'enfant. Elle doit remettre le monde à l'endroit", avait martelé la magistrate, disant n'avoir "aucun doute" sur la réalité des agressions, décrites de manière "constante" par Adèle Haenel.

Les avocates de Christophe Ruggia, Fanny Collin et Orly Rezlan, ont plaidé la relaxe, même si aux yeux de tous il est déjà "coupable", ont-elles déploré, craignant que le tribunal ne soit tenu "de rendre justice le pistolet sur la tempe".

Les avocats de l'actrice, Yann Le Bras et Anouck Michelin, ont demandé 30.000 euros en réparation du préjudice moral et 31.000 en réparation d'années de suivi psychologique.

M.J.Baumann--NZN