Zürcher Nachrichten - Boris Spassky, le légendaire perdant du "match du siècle"

EUR -
AED 4.244563
AFN 73.954261
ALL 96.19808
AMD 435.820975
ANG 2.068501
AOA 1059.624051
ARS 1597.518135
AUD 1.674929
AWG 2.081405
AZN 1.963518
BAM 1.97127
BBD 2.326266
BDT 141.712131
BGN 1.975164
BHD 0.436231
BIF 3425.001048
BMD 1.155533
BND 1.491102
BOB 7.980631
BRL 6.001952
BSD 1.154969
BTN 109.904511
BWP 15.93304
BYN 3.434655
BYR 22648.454971
BZD 2.322829
CAD 1.607659
CDF 2640.393566
CHF 0.92385
CLF 0.027117
CLP 1070.729218
CNY 7.967059
CNH 7.958734
COP 4257.25088
CRC 537.016734
CUC 1.155533
CUP 30.621636
CVE 110.786755
CZK 24.550483
DJF 205.361016
DKK 7.472812
DOP 69.446814
DZD 153.961114
EGP 63.004535
ERN 17.333001
ETB 181.476507
FJD 2.584581
FKP 0.875939
GBP 0.873683
GEL 3.107907
GGP 0.875939
GHS 12.71075
GIP 0.875939
GMD 85.509227
GNF 10139.80616
GTQ 8.837392
GYD 241.707926
HKD 9.059439
HNL 30.734875
HRK 7.535582
HTG 151.589648
HUF 384.064673
IDR 19585.482543
ILS 3.647499
IMP 0.875939
INR 108.024521
IQD 1513.748776
IRR 1520537.534597
ISK 143.405264
JEP 0.875939
JMD 182.723985
JOD 0.819303
JPY 183.482554
KES 150.21911
KGS 101.051469
KHR 4633.689537
KMF 495.149978
KPW 1039.950807
KRW 1740.164148
KWD 0.357672
KYD 0.962453
KZT 550.278486
LAK 25363.958791
LBP 103430.761926
LKR 364.361016
LRD 212.242573
LSL 19.725255
LTL 3.41199
LVL 0.69897
LYD 7.401192
MAD 10.79557
MDL 20.454523
MGA 4827.819041
MKD 61.63945
MMK 2426.040195
MNT 4126.420078
MOP 9.326128
MRU 46.348211
MUR 54.449049
MVR 17.876734
MWK 2007.161566
MXN 20.726229
MYR 4.678801
MZN 73.896662
NAD 19.725052
NGN 1601.257711
NIO 42.443197
NOK 11.194779
NPR 175.847016
NZD 2.011898
OMR 0.444272
PAB 1.154964
PEN 4.039717
PGK 5.073108
PHP 69.786128
PKR 322.629123
PLN 4.2909
PYG 7481.715145
QAR 4.210766
RON 5.099253
RSD 117.436879
RUB 93.945797
RWF 1687.078789
SAR 4.336691
SBD 9.292843
SCR 16.243316
SDG 694.475647
SEK 10.942555
SGD 1.486131
SHP 0.866949
SLE 28.368569
SLL 24230.970494
SOS 660.389749
SRD 43.186939
STD 23917.208717
STN 25.103963
SVC 10.106357
SYP 127.750061
SZL 19.725097
THB 37.68172
TJS 11.070378
TMT 4.055922
TND 3.385265
TOP 2.782247
TRY 51.368949
TTD 7.846613
TWD 36.921606
TZS 2990.879841
UAH 50.741328
UGX 4348.142247
USD 1.155533
UYU 46.857731
UZS 14092.232731
VES 546.888371
VND 30436.750201
VUV 139.060756
WST 3.199988
XAF 661.14555
XAG 0.015378
XAU 0.000247
XCD 3.122887
XCG 2.081536
XDR 0.821529
XOF 659.23284
XPF 119.331742
YER 275.768001
ZAR 19.54588
ZMK 10401.190063
ZMW 22.077258
ZWL 372.081289
  • AEX

    -4.7300

    959.8

    -0.49%

  • BEL20

    43.2600

    5073.12

    +0.86%

  • PX1

    44.3000

    7816.94

    +0.57%

  • ISEQ

    125.2700

    12056.03

    +1.05%

  • OSEBX

    30.1600

    2067.97

    +1.48%

  • PSI20

    61.6800

    9131.56

    +0.68%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    62.7400

    3689.24

    +1.73%

  • N150

    42.0100

    3861.27

    +1.1%

Boris Spassky, le légendaire perdant du "match du siècle"
Boris Spassky, le légendaire perdant du "match du siècle" / Photo: - - AFP/Archives

Boris Spassky, le légendaire perdant du "match du siècle"

Champion du monde soviétique d'échecs, Boris Spassky, mort à 88 ans, fut une légende de la discipline, mais c'est sa défaite lors du "match du siècle", au plus fort de la Guerre froide qui reste le fait marquant de sa carrière.

Taille du texte:

La carrière de cette figure emblématique à la fois des échecs et de la confrontation Est-Ouest est restée associée dans les mémoires à un seul match: le duel de toute une époque, contre l'Américain Bobby Fischer en 1972.

En réalité, Boris Spassky a eu un parcours en dents de scie, entre affrontements au sommet contre les meilleurs joueurs d'alors et périodes de quasi disparition.

Né en 1937 à Leningrad, aujourd'hui Saint-Pétersbourg, il est particulièrement doué et précoce, devenant à 18 ans champion du monde junior et, à l'époque, le plus jeune grand-maître de l'histoire.

Il a dit avoir appris à jouer aux échecs à cinq ans dans un orphelinat, après être parvenu à fuir avec sa famille Leningrad, victime d'un siège terrible par les nazis durant la Seconde guerre mondiale.

Après la guerre, son style de jeu agressif sans crainte de sacrifices est remarqué par ses pairs et encouragé par l'Etat, qui lui fournit une bourse et un entraineur.

Après avoir fait forte impression, il passe un temps au second plan face à une autre figure montante des échecs soviétiques, Mikhaïl Tal, le "magicien de Riga".

Ce n'est qu'en 1961 qu'il fait un retour remarqué en remportant le championnat d'URSS, avant de vaincre en 1969 son compatriote Tigran Petrossian pour prendre le titre mondial.

"Je ne me suis jamais fixé l'objectif de devenir champion du monde. Tout a fonctionné tout seul. Je progressais à pas de géant", expliquait Boris Spassky en 2016.

- Spassky contre Fischer -

Mais Boris Spassky ne conservera son titre que trois ans. En 1972, il joue le match qui marquera sa vie, en Islande, contre le prodige américain Bobby Fischer, une partie aux accents de confrontation géopolitique Est-Ouest restée dans les annales comme le "match du siècle".

Alors que l'URSS domine sans partage ce sport depuis de nombreuses années, Boris Spassky affronte alors un Américain excentrique de 29 ans, qui critique les joueurs soviétiques. Il doit gagner.

C'est le contraire qui se produit: après un début désastreux pour Bobby Fischer, l'Américain défait finalement son adversaire, mettant fin à une suite ininterrompue de champions du monde soviétiques depuis 1948.

Pour Moscou, c'est une gifle, mais Spassky se réjouit d'être débarrassé d'une "responsabilité colossale".

"Vous ne pouvez pas imaginer à quel point j'étais soulagé lorsque Fischer m'a retiré le titre. Je me suis libéré d'un très lourd fardeau et je respirais librement", a raconté le grand-maître près de quarante ans plus tard.

Ce duel emblématique de la Guerre froide a fait l'objet de nombreux films, livres et documentaires et inspiré le roman de Walter Tevis "Le Jeu de la dame", adapté en 2020 dans une série acclamée sur Netflix.

Après cette défaite, Boris Spassky tombe en disgrâce. Il s'installe en 1976 en France après avoir épousé une Française d'origine russe. Il obtient la nationalité française deux ans plus tard.

Il ne retrouve l'attention du public que bien des années plus tard, en 1992 en Yougoslavie, lors d'une revanche non-officielle contre Bobby Fischer, qu'il perd également. Il se désintéresse progressivement des échecs.

Les dernières années de la vie de Boris Spassky ont été marquées par un mystérieux conflit familial et un retour en Russie dans des conditions troubles.

Victime de deux attaques cérébrales en 2006 puis en 2010, il disparaît deux ans plus tard de son domicile français et se retrouve à Moscou, où il apparaît vieux et affaibli à la télévision russe, cheveux blancs et traits tirés.

"Je dois tout recommencer de zéro, mais je n'ai pas peur", assure-t-il, évoquant un mystérieux "sponsor" l'ayant aidé à fuir la France contre l'avis de sa femme et sa soeur.

Quelques années auparavant, en 2008, il s'était rendu sur la tombe de son ancien rival, Bobby Fischer, décédé la même année et enterré dans un petit cimetière islandais.

"Pensez-vous que la place voisine est disponible?", lance-t-il devant les journalistes, visiblement ému.

F.Schneider--NZN