Zürcher Nachrichten - L'accusation prend ses réquisitions au procès de Lafarge pour financement du terrorisme

EUR -
AED 4.241855
AFN 72.754432
ALL 96.085419
AMD 435.786045
ANG 2.067238
AOA 1058.976619
ARS 1584.416613
AUD 1.668657
AWG 2.081577
AZN 1.963562
BAM 1.958501
BBD 2.324366
BDT 141.598951
BGN 1.973957
BHD 0.4371
BIF 3429.837876
BMD 1.154828
BND 1.483084
BOB 7.992229
BRL 6.039519
BSD 1.154021
BTN 108.748324
BWP 15.866361
BYN 3.465669
BYR 22634.620324
BZD 2.321041
CAD 1.59793
CDF 2639.364949
CHF 0.916119
CLF 0.026908
CLP 1062.27995
CNY 7.978876
CNH 7.987226
COP 4265.678972
CRC 535.051764
CUC 1.154828
CUP 30.602931
CVE 110.419186
CZK 24.48783
DJF 205.509637
DKK 7.471699
DOP 69.577759
DZD 153.567517
EGP 60.919445
ERN 17.322414
ETB 178.357225
FJD 2.596341
FKP 0.863621
GBP 0.864129
GEL 3.112263
GGP 0.863621
GHS 12.616672
GIP 0.863621
GMD 84.881166
GNF 10116.864079
GTQ 8.828404
GYD 241.439229
HKD 9.036947
HNL 30.644056
HRK 7.535594
HTG 151.132345
HUF 387.707374
IDR 19533.908305
ILS 3.605952
IMP 0.863621
INR 108.504369
IQD 1511.824159
IRR 1516461.819995
ISK 142.794582
JEP 0.863621
JMD 181.370119
JOD 0.818764
JPY 184.255628
KES 150.011361
KGS 100.990148
KHR 4621.4733
KMF 493.110949
KPW 1039.411558
KRW 1738.569596
KWD 0.354798
KYD 0.961751
KZT 555.968746
LAK 24926.915142
LBP 103344.902703
LKR 362.949956
LRD 211.76754
LSL 19.74324
LTL 3.409906
LVL 0.698544
LYD 7.369162
MAD 10.774645
MDL 20.270569
MGA 4809.737001
MKD 61.728412
MMK 2425.11916
MNT 4138.703025
MOP 9.299606
MRU 46.033882
MUR 53.849906
MVR 17.842152
MWK 2001.120298
MXN 20.502867
MYR 4.612359
MZN 73.795522
NAD 19.74324
NGN 1600.175159
NIO 42.469671
NOK 11.138601
NPR 173.997719
NZD 1.996437
OMR 0.444039
PAB 1.154016
PEN 3.993912
PGK 4.986964
PHP 69.450197
PKR 322.123193
PLN 4.272562
PYG 7553.009814
QAR 4.207018
RON 5.097294
RSD 117.41827
RUB 93.810626
RWF 1685.267852
SAR 4.332547
SBD 9.287166
SCR 15.993858
SDG 694.05154
SEK 10.849022
SGD 1.482671
SHP 0.86642
SLE 28.350504
SLL 24216.169179
SOS 659.529514
SRD 43.377631
STD 23902.59906
STN 24.534472
SVC 10.098101
SYP 128.697299
SZL 19.737732
THB 37.904329
TJS 11.044217
TMT 4.041896
TND 3.39495
TOP 2.780547
TRY 51.230572
TTD 7.833006
TWD 36.827525
TZS 2967.974997
UAH 50.639111
UGX 4293.013226
USD 1.154828
UYU 46.784924
UZS 14056.506376
VES 533.634686
VND 30430.861232
VUV 137.451427
WST 3.175234
XAF 656.877088
XAG 0.016748
XAU 0.000259
XCD 3.12098
XCG 2.079913
XDR 0.814663
XOF 656.87424
XPF 119.331742
YER 275.599659
ZAR 19.643269
ZMK 10394.833581
ZMW 21.667349
ZWL 371.854006
  • AEX

    -12.3900

    970.78

    -1.26%

  • BEL20

    -46.9900

    5006.12

    -0.93%

  • PX1

    -76.8900

    7769.31

    -0.98%

  • ISEQ

    -336.2700

    12026.59

    -2.72%

  • OSEBX

    7.9200

    1988.05

    +0.4%

  • PSI20

    -17.1300

    8997.09

    -0.19%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    80.4500

    3624.57

    +2.27%

  • N150

    -15.7400

    3822.38

    -0.41%

L'accusation prend ses réquisitions au procès de Lafarge pour financement du terrorisme
L'accusation prend ses réquisitions au procès de Lafarge pour financement du terrorisme / Photo: Sébastien DUPUY - AFP/Archives

L'accusation prend ses réquisitions au procès de Lafarge pour financement du terrorisme

"C'est l'histoire d'un dérapage": l'accusation a commencé à réquérir mardi au procès du cimentier français Lafarge et de huit anciens responsables, soupçonnés d'avoir payé des groupes jihadistes en Syrie jusqu'en 2014, dont le groupe Etat islamique (EI), dans le but d'y maintenir l'activité d'une cimenterie, en pleine guerre civile.

Taille du texte:

Au terme de quatre semaines de débats, et après les plaidoiries des parties civiles, la parole est désormais donnée aux deux représentantes du parquet national antiterroriste (Pnat) à l'encontre des prévenus, jugés pour financement d'entreprises terroristes et pour certains aussi pour non-respect de sanctions financières internationales.

"Nous ne sommes pas dans une affaire financière mais dans une affaire de nature terroriste", a débuté Aurélie Valente. Pour la procureure, "peu importe le niveau d'élaboration des circuits financiers", "seule compte la finalité des flux financiers".

Avec Lafarge, avalé en 2015 par le groupe suisse Holcim, comparaissent à Paris l'ancien PDG du cimentier français Bruno Lafont, cinq ex-responsables de la chaîne opérationnelle ou de la chaîne de sûreté de l'entreprise et deux intermédiaires syriens, dont l'un, central dans le dossier, vit à l'étranger et ne s'est pas présenté au procès.

Lafarge est soupçonné d'avoir versé en 2013 et 2014, via sa filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), plusieurs millions d'euros à des groupes rebelles jihadistes - dont certains, comme l'EI et Jabhat al-Nosra, ont été classés comme "terroristes" - afin de maintenir l'activité d'une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie. Cette usine avait ouvert en 2010 avec un investissement de 680 millions d'euros.

Alors que les autres multinationales avaient quitté le pays en 2012, Lafarge n'a évacué cette année-là que ses employés de nationalité étrangère et maintenu l'activité de ses salariés syriens jusqu'en septembre 2014, date à laquelle le groupe EI a pris le contrôle de l'usine.

- "Fonctionnement systémique" -

"C'est l'histoire d'un dérapage, d'un dévoiement qui fait que la société Lafarge, fleuron de l'industrie francaise, en est venue à financer des organisations terroristes, dans une seule visée: mercantile", a estimé Aurélie Valente. Elle a dénoncé un "fonctionnement systémique" de la société, qui en est venue à considérer les organisations terroristes comme des "partenaires économiques, des interlocuteurs commerciaux".

"L'usine a fonctionné, coûte que coûte, alors que d'autres sont partis", a renchéri l'autre représentante du ministère public, Olga Martin-Belliard. Elle a fustigé la "distance cynique", "assumée" des prévenus par rapport à "leur action" et "la loi". "Là où nous attendions peut-être des regrets, nous avons entendu la fierté, l'absence de remise en cause", a-t-elle déploré.

La société, qui a déjà accepté de payer une amende de 778 millions de dollars aux Etats-Unis dans le cadre d'un accord de plaider-coupable, risque cette fois-ci jusqu'à 1,125 million d'euros d'amende pour le financement du terrorisme.

Pour la violation d'embargo, l'amende encourue est nettement plus lourde, allant jusqu'à 10 fois le montant de l'infraction qui sera retenu in fine par la justice.

Les personnes physiques risquent de leur côté dix ans d'emprisonnement et 225.000 euros d'amende pour le financement du terrorisme.

Pendant le procès, divers courriels et compte-rendus échangés entre les différents protagonistes, dont certains sont accablants, ont été méticuleusement examinés par le tribunal correctionnel.

Les prévenus ont expliqué avoir été l'objet de "racket" de la part des différentes factions armées qui encerclaient l'usine, et y avoir cédé, pensant que la situation ne durerait pas aussi longtemps.

La thèse de la défense, selon laquelle les autorités françaises - diplomatie et services de renseignement - approuvaient la présence de Lafarge en Syrie et étaient au courant des versements aux jihadistes, s'est dégonflée à l'audience.

La société faisait effectivement remonter en haut lieu des informations du terrain, ont témoigné plusieurs personnes, dont l'ancien directeur de la sûreté du groupe, Jean-Claude Veillard, qui avait été mis en examen dans le dossier avant de bénéficier d'un non-lieu. Mais cela ne signifiait pas que les autorités savaient que le groupe finançait les groupes armés et qu'elles lui avaient donné un "blanc-seing", ont déclaré ces témoins.

Dans leurs plaidoiries vendredi, les avocats des parties civiles avaient déjà dénoncé le cynisme des prévenus. La position de l'ex-patron Bruno Lafont, qui réfute avoir été au courant des versements illicites, a été notamment critiquée.

Après les réquisitions, ce sera au tour des avocats de la défense de plaider, jusqu'au 19 décembre. Le délibéré est attendu en 2026.

A.Wyss--NZN