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Les Canaries se préparent à l'arrivée du navire de croisière touché par l'hantavirus, attendu dimanche dans l'archipel espagnol, où doit se rendre dès samedi soir le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus pour coordonner l'évacuation des près de 150 passagers et membres d'équipage.
Sur place, dans le petit port industriel de Granadilla de Abona, des personnes interrogées par l'AFP ces derniers jours ont exprimé leur "inquiétude", six ans après la pandémie mondiale de Covid qui avait stupéfait le monde.
Les autorités régionales se sont, elles, fermement opposées à l'accostage sur l'archipel du MV Hondius, qui mouillera finalement au large avant les évacuations qui devront avoir lieu entre dimanche midi et lundi, "seule fenêtre" possible en raison de la météo, selon un responsable du gouvernement régional.
Le dernier bilan de l'OMS vendredi recense au total six cas confirmés parmi huit cas suspects, comprenant un couple de passagers néerlandais et une Allemande décédés, de ce virus connu mais rare, pour lequel il n'y a ni vaccin ni traitement. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu.
Trois personnes ont déjà été débarquées au Cap-Vert mercredi et le MV Hondius navigue actuellement vers Tenerife, aux Canaries, où il est attendu dimanche, probablement dès l'aube, d'après les autorités régionales.
Avant cela, les ministres espagnols de la Santé et de l'Intérieur doivent tenir à Madrid samedi en milieu de journée une conférence de presse sur la situation, puis le Premier ministre Pedro Sánchez recevra à 15H00 GMT le directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au palais de La Moncloa.
Les deux ministres et le dirigeant de l'OMS voyageront ensuite en direction des Canaries "à partir de 18h00" (16h00 GMT), selon des sources dans la capitale espagnole.
Sur place et après environ 3 heures de vol vers l'archipel, le responsable de l'OMS "assurer(a) la coordination entre les administrations, le contrôle sanitaire et la mise en œuvre des protocoles de surveillance et d'intervention prévus".
L'Organisation mondiale de la Santé a tenu ces derniers jours un discours pour rassurer, martelant que le risque d'une propagation d'hantavirus pour la population mondiale était "extrêmement faible".
"Il s'agit d'un virus dangereux, mais uniquement pour la personne réellement infectée", a ainsi relevé à Genève un porte-parole de l'OMS, Christian Lindmeier, assurant que "ce n'est pas un nouveau Covid".
- Protocole strictement encadré -
Le MV Hondius, du croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions, est parti le 1er avril d'Ushuaïa, sur la pointe sud de l'Argentine. "La possibilité de contagion à Ushuaïa est pratiquement nulle", a assuré vendredi Juan Petrina, un responsable sanitaire de la province de la Terre de Feu.
Les autorités espagnoles ont expliqué que les passagers seraient d'abord examinés à bord du navire de croisière, qui mouillera au large. Ils seront ensuite transférés vers la terre ferme par une embarcation plus petite, puis conduits en bus "isolés de la population" locale jusqu'à l'aéroport de Tenerife-Sud, situé à une dizaine de minutes, pour être rapatriés dans la foulée par avion vers leur pays d'origine.
Le MV Hondius fait l'objet d'une alerte sanitaire internationale depuis le week-end dernier, lorsque l'OMS a été informée de la mort de trois passagers dont la cause suspectée était l'hantavirus.
Ce virus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l'intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive. Mais des experts ont confirmé que la variante du virus détectée à bord du Hondius, l'hantavirus Andes, était une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme.
Il n'y avait plus jeudi aucun cas suspect à bord parmi les 147 passagers, selon les données actualisées de l'OMS, mais le délai d'incubation peut aller jusqu'à six semaines.
- Traçage et isolement -
Ces derniers jours, les autorités sanitaires de plusieurs pays se sont efforcées de retrouver les cas contacts pour les isoler et procéder à des tests.
L'OMS a annoncé qu'une hôtesse de l'air de la compagnie néerlandaise KLM, qui avait été en contact avec la passagère néerlandaise ayant brièvement embarqué sur un vol Johannesburg-Amsterdam avant de décéder de l'infection à l'hantavirus, avait été testée négative.
Mais un peu plus tard, les autorités espagnoles ont annoncé qu'une femme ayant emprunté le même vol présentait des symptômes compatibles avec une infection à l'hantavirus et avait été hospitalisée dans la région de Valence (sud-est).
En Grande-Bretagne, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (UKHSA) a annoncé qu'un ressortissant britannique avait été classé parmi les cas suspects, s'ajoutant à deux cas confirmés. Il se trouve à Tristan da Cunha, une île britannique isolée de l'Atlantique Sud, où le MV Hondius a fait escale fin avril.
Des personnes redoutant d'avoir contracté le virus, ou dont l'infection est avérée, sont soignées ou ont été priées de se confiner dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse et l'Afrique du Sud.
X.Blaser--NZN