Zürcher Nachrichten - Quand la répression traverse la frontière : la peur des exilés nicaraguayens au Costa Rica

EUR -
AED 4.239148
AFN 76.183133
ALL 93.242695
AMD 422.066935
AOA 1059.642688
ARS 1727.110367
AUD 1.638971
AWG 2.080616
AZN 1.960251
BAM 1.955655
BBD 2.324318
BDT 142.849428
BHD 0.435164
BIF 3449.11485
BMD 1.154295
BND 1.479784
BOB 13.958027
BRL 5.910221
BSD 1.15401
BTN 109.825872
BWP 15.607777
BYN 3.416732
BYR 22624.173581
BZD 2.320918
CAD 1.615637
CDF 2609.859744
CHF 0.93435
CLF 0.02672
CLP 1055.048443
CNY 7.791054
CNH 7.789111
COP 3672.942237
CRC 524.929317
CUC 1.154295
CUP 30.588806
CVE 110.25684
CZK 24.205269
DJF 205.50301
DKK 7.475304
DOP 67.244732
DZD 153.502688
EGP 57.471515
ERN 17.314419
ETB 186.262401
FJD 2.553819
FKP 0.857432
GBP 0.857122
GEL 3.018477
GGP 0.857432
GHS 13.565055
GIP 0.857432
GMD 84.842311
GNF 10135.249888
GTQ 8.805348
GYD 241.43004
HKD 9.054939
HNL 30.930577
HRK 7.534661
HTG 150.888179
HUF 363.741084
IDR 20659.564222
ILS 3.476689
IMP 0.857432
INR 109.925261
IQD 1511.781564
IRR 1586924.175584
ISK 141.990031
JEP 0.857432
JMD 182.926462
JOD 0.818416
JPY 182.177709
KES 149.308045
KGS 100.942743
KHR 4682.633154
KMF 492.883829
KRW 1642.584342
KWD 0.356596
KYD 0.961725
KZT 540.782319
LAK 26074.844302
LBP 103342.499248
LKR 387.641311
LRD 208.303681
LSL 18.823107
LTL 3.408332
LVL 0.698221
LYD 7.356456
MAD 10.767203
MDL 20.079427
MGA 4961.611298
MKD 61.52518
MMK 2423.376627
MNT 4150.658845
MOP 9.324769
MRU 46.264576
MUR 54.182173
MVR 17.833786
MWK 2001.034568
MXN 19.905129
MYR 4.720486
MZN 73.770814
NAD 18.823025
NGN 1573.04937
NIO 42.466857
NOK 11.000254
NPR 175.719473
NZD 1.961533
OMR 0.443831
PAB 1.154005
PEN 3.900811
PGK 5.098623
PHP 70.147602
PKR 320.383288
PLN 4.298905
PYG 6864.462226
QAR 4.218488
RON 5.254356
RSD 117.323662
RUB 93.874598
RWF 1695.26719
SAR 4.334528
SBD 9.313251
SCR 16.730066
SDG 693.14483
SEK 10.923534
SGD 1.479794
SLE 28.393616
SOS 659.54833
SRD 43.479949
STD 23891.567097
STN 24.498081
SVC 10.097253
SZL 18.807445
THB 38.149235
TJS 10.64572
TMT 4.040031
TND 3.384764
TRY 54.934005
TTD 7.813388
TWD 37.188029
TZS 3058.878269
UAH 51.673876
UGX 4298.663235
USD 1.154295
UYU 46.47656
UZS 13752.982139
VES 870.581951
VND 30282.918056
VUV 137.758452
WST 3.15032
XAF 655.905615
XAG 0.018708
XAU 0.000271
XCD 3.119538
XCG 2.079855
XDR 0.814801
XOF 655.908456
XPF 119.331742
YER 273.423548
ZAR 18.82236
ZMK 10389.969123
ZMW 21.955185
ZWL 371.682381
  • AEX

    -0.7800

    1110.55

    -0.07%

  • BEL20

    24.8400

    5800.87

    +0.43%

  • PX1

    65.0200

    8734.36

    +0.75%

  • ISEQ

    1.4000

    14017.07

    +0.01%

  • OSEBX

    3.6200

    2017.03

    +0.18%

  • PSI20

    91.7600

    9268.25

    +1%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    87.6700

    4302.47

    +2.08%

  • N150

    13.3700

    4325.22

    +0.31%

Quand la répression traverse la frontière : la peur des exilés nicaraguayens au Costa Rica
Quand la répression traverse la frontière : la peur des exilés nicaraguayens au Costa Rica / Photo: JOHN DURAN - AFP

Quand la répression traverse la frontière : la peur des exilés nicaraguayens au Costa Rica

Gabriel Putoy ne sort jamais seul, pas même pour vider les poubelles, et il ne passe jamais deux fois au même endroit : les Nicaraguayens exilés au Costa Rica vivent dans la crainte d'être rattrapés par la persécution du gouvernement de Daniel Ortega et de Rosario Murillo.

Taille du texte:

Il n'ouvre pas non plus le portail à n'importe qui car, au cours des cinq dernières années, une douzaine d'assassinats ou de tentatives d'assassinat ont visé des exilés, ont dénoncé en mars dans un rapport des experts de l'ONU.

"Ils nous surveillent. Nous ne nous sentons pas en sécurité. Cette angoisse est terrible", confie à l'AFP ce professeur de 49 ans, dans une pièce qui tient lieu de salon, de cuisine et de chambre et dominée par une niche abritant une Vierge en plâtre.

Le petit appartement abrite sept expatriés qui se connaissent depuis des années et veillent les uns sur les autres.

Selon le Groupe d'experts des Nations unies sur les droits de l'homme, le Nicaragua dispose d'un vaste réseau pour surveiller, intimider et attaquer les opposants exilés, impliquant l'armée, la police, des agents de l'immigration et des diplomates.

"Ils essaient de réduire au silence les centaines de milliers de Nicaraguayens en exil", commente à l'AFP un de ces experts, Reed Brody, un avocat américain surnommé le "chasseur de dictateurs".

Daniel Ortega, 80 ans dont près de deux décennies passées au pouvoir et son épouse Rosario Murillo, avec qui il gouverne, accusent les institutions internationales d'"ingérence" et de "mensonges" et reprochent à leurs opposants d'avoir tenté de les renverser par les manifestations massives de 2018.

La répression s'est traduite par la mort de quelque 300 personnes, une cohorte de prisonniers politiques et la constitution d'une diaspora au Costa Rica, aux Etats-Unis et en Espagne, qui comprend environ 400 militants, intellectuels, religieux et journalistes déchus de leur nationalité et privés de leurs biens, pour "trahison de la patrie".

C'est en tongs que Gabriel Putoy a traversé clandestinement la frontière vers le Costa Rica en 2019, après avoir été libéré au bout d'un an de prison, où il dit avoir été détenu pour avoir participé aux manifestations et travaillé dans un établissement catholique.

– "Motifs idéologiques" –

La peur est montée d'un cran pour les exilés après le meurtre du commandant à la retraite Roberto Samcam, qui a reçu huit balles devant la porte de sa résidence dans la capitale costaricienne San José, en juin 2025.

Dans son appartement parmi les plantes, les livres et des photos de son mari, Claudia Vargas raconte à l'AFP que le crime de ce militaire a été précédé de "menaces de mort" et d'une "campagne de diffamation sur les réseaux sociaux". Roberto Samcam, 66 ans, s'était exilé avec sa famille en 2018 après avoir dénoncé la répression exercée par l'armée au cours des manifestations.

"La dictature l'a fait tuer, son meurtre montre comment fonctionne le renseignement" nicaraguayen, affirme sa veuve.

Attaqué dans la rue en plein jour, l'opposant Joao Maldonado, blessé par balle, à survécu à deux attentats en 2021 et 2024. Sa femme se déplace depuis en fauteuil roulant.

"La répression ne s'arrête pas simplement une fois la frontière franchie. Je n'ai pas le moindre doute que tout cela est ordonné à partir du Nicaragua", assure son avocat Marlon Medina.

Sans mentionner Managua, la police judiciaire costaricienne, qui n'a pas répondu aux questions de l'AFP - les enquêtes étant en cours - a évoqué des "mobiles idéologiques" concernant le meurtre de Roberto Samcam et les attentats contre Joao Maldonado.

"C'est un phénomène nouveau" dans un pays doté d'une longue tradition d'asile, souligne Me Medina, qui plaide pour une procédure de plainte facilitée pour ce type d'affaires.

– Refuser le silence –

Cette répression transnationale a poussé de nombreux exilés à quitter le Costa Rica à la recherche d'un refuge plus sûr et plus lointain. M. Maldonado est parti il y a un an et demi mais d'autres résistent.

Dans un studio de télévision improvisé dans la maison qu'ils louent, deux journalistes trentenaires, qui figurent parmi les 300 exilés au Costa Rica depuis 2018, brisent la censure grâce à leur média en ligne Nicaragua Actual, fondé il y a sept ans.

"Nous refusons de renoncer à notre droit d'informer", explique à l'AFP Yelsin Espinoza, selon qui 60% de son audience se trouve au Nicaragua. "Les dictatures passent, le journalisme reste", abonde dans le même sens son collègue Gerall Chavez.

Pour la veuve de Roberto Samcam, une militante des droits de l'homme, se taire n'est pas une option : "Je ne vais pas laisser la peur me vaincre car c'est ce que le pouvoir cherche à faire : nous réduire au silence".

W.Vogt--NZN