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Dans quelles circonstances Cédric Jubillar a-t-il tué son épouse? Ses aveux tardifs correspondent-ils aux constatations des enquêteurs? Une reconstitution de la nuit du meurtre de Delphine Aussaguel est organisée vendredi dans le Tarn, près d'Albi.
Dans la maison où le couple résidait avec ses deux enfants dans le village de Cagnac-les-Mines, puis dans le champ de Mailhoc où des ossements de l'infirmière ont été découverts le 16 juillet, magistrats, gendarmes et avocats de la partie civile scruteront les gestes de celui qui a fini par admettre son crime, après cinq ans de déni.
Alors que les faits se sont déroulés dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, en plein confinement, les protagonistes sont convoqués à 09h30. Il va plutôt y avoir "une mise en situation", précise la première présidente de la cour d'appel de Toulouse Chantal Ferreira.
Le 15 juillet, le peintre-plaquiste de 39 ans, en détention provisoire depuis juin 2021, a avoué avoir étranglé sa femme à la suite d'une dispute, dans leur maison, alors que les enfants dormaient.
Cette révélation a été suivie d'une autre: l'endroit où il a enterré le corps, en lisière d'un champ à Mailhoc, un village distant d'une dizaine de kilomètres. L'analyse ADN des ossements exhumés le 16 juillet a confirmé qu'il s'agissait bien de restes de Delphine Aussaguel, une infirmière de 33 ans qui travaillait dans une clinique d'Albi.
A-t-il prémédité son geste et la dissimulation du cadavre ? Comme Cédric Jubillar avait dit à des proches, selon lui sur le ton de la plaisanterie, qu'il allait tuer sa femme, l'enterrer et que personne ne la retrouverait, des avocats de la partie civile se demandent si la journée de vendredi peut fournir des indications accréditant cette hypothèse.
- Crime spontané ? -
Le principal enjeu est de tenter de déterminer si le crime a été spontané ou préparé, pour éclairer les magistrats et les jurés qui le jugeront lors de son procès en appel prévu à Toulouse du 30 avril au 14 mai.
Condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle, il encourt la perpétuité.
Philippe Pressecq, avocat d'une cousine de la victime, regrette pour sa part que la reconstitution se fasse de jour, estimant que "ce qui s'est passé à l'extérieur, il faut que ce soit fait la nuit, c'est une évidence".
La reconstitution conduira d'abord la juge d'instruction, les enquêteurs, les avocats de la défense et de la partie civile dans la maison des Jubillar, où l'accusé devra expliquer et montrer in situ comment il a donné la mort à son épouse.
Ce qui s’est passé cette nuit-là "va être remis en scène", anticipe Mme Ferreira.
Devant la maison inachevée, scène du crime, les broussailles et herbes hautes qui avaient envahi le jardin en contrebas de l'habitation ont été coupées récemment pour faciliter l'accès, a constaté en début de semaine un journaliste de l'AFP.
Les enquêteurs prendront ensuite la route pour rejoindre le lieu où M. Jubillar a enterré Delphine Aussaguel, en lisière d'un champ situé sur la commune de Mailhoc, un lieu aperçu auparavant "dans le cadre d'un chantier", a-t-il dit à la juge lors de son audition.
Mercredi et jeudi, une nouvelle séquence de fouilles a été organisée par les gendarmes, dans un champ de Mailhoc, qui n'avait pas encore fait l'objet d'investigations, selon une source proche de l’enquête, mais aucun élément nouveau n'a été retrouvé.
Ces nouvelles recherches étaient très attendues par la famille et les proches.
N.Fischer--NZN