Zürcher Nachrichten - Les pêcheurs philippins, premières victimes des ambitions de Pékin en mer de Chine méridionale

EUR -
AED 4.237091
AFN 72.685001
ALL 95.954988
AMD 434.520707
ANG 2.065282
AOA 1057.974892
ARS 1578.268494
AUD 1.674968
AWG 2.079607
AZN 1.961076
BAM 1.955893
BBD 2.321221
BDT 141.406739
BGN 1.97209
BHD 0.434945
BIF 3423.363136
BMD 1.153735
BND 1.481071
BOB 7.98138
BRL 6.041996
BSD 1.15246
BTN 108.601646
BWP 15.844824
BYN 3.46098
BYR 22613.205604
BZD 2.317921
CAD 1.598326
CDF 2636.861817
CHF 0.916875
CLF 0.027131
CLP 1071.288545
CNY 7.973981
CNH 7.982415
COP 4256.232177
CRC 534.325463
CUC 1.153735
CUP 30.573977
CVE 110.270255
CZK 24.510982
DJF 205.230669
DKK 7.473549
DOP 69.483311
DZD 153.46996
EGP 60.805986
ERN 17.306025
ETB 178.11666
FJD 2.604445
FKP 0.862804
GBP 0.865071
GEL 3.109331
GGP 0.862804
GHS 12.5996
GIP 0.862804
GMD 84.806546
GNF 10103.481469
GTQ 8.81642
GYD 241.11149
HKD 9.029246
HNL 30.602591
HRK 7.535854
HTG 150.927192
HUF 387.816349
IDR 19534.982991
ILS 3.604379
IMP 0.862804
INR 108.656856
IQD 1509.77849
IRR 1515200.148882
ISK 143.420403
JEP 0.862804
JMD 181.129416
JOD 0.818
JPY 184.183982
KES 149.651251
KGS 100.893962
KHR 4615.219932
KMF 492.645362
KPW 1038.428166
KRW 1741.043798
KWD 0.354439
KYD 0.96045
KZT 555.218864
LAK 24893.29414
LBP 103205.065372
LKR 362.458843
LRD 211.480994
LSL 19.716525
LTL 3.406679
LVL 0.697883
LYD 7.359383
MAD 10.760113
MDL 20.243052
MGA 4803.249709
MKD 61.64141
MMK 2422.824743
MNT 4134.787378
MOP 9.286983
MRU 45.972191
MUR 53.798539
MVR 17.836537
MWK 1998.403892
MXN 20.670085
MYR 4.609743
MZN 73.734887
NAD 19.716525
NGN 1597.645586
NIO 42.412021
NOK 11.188379
NPR 173.763034
NZD 2.002301
OMR 0.443616
PAB 1.152455
PEN 3.98849
PGK 4.980237
PHP 69.473364
PKR 321.687324
PLN 4.276492
PYG 7544.392214
QAR 4.2022
RON 5.096397
RSD 117.469833
RUB 93.889678
RWF 1682.987494
SAR 4.328787
SBD 9.278308
SCR 15.858649
SDG 693.394519
SEK 10.87701
SGD 1.483547
SHP 0.8656
SLE 28.32444
SLL 24193.258148
SOS 658.634241
SRD 43.33659
STD 23879.9847
STN 24.501168
SVC 10.084524
SYP 128.575537
SZL 19.711025
THB 38.038772
TJS 11.029273
TMT 4.04961
TND 3.391062
TOP 2.777916
TRY 51.293934
TTD 7.822407
TWD 36.856028
TZS 2967.654281
UAH 50.571029
UGX 4287.204301
USD 1.153735
UYU 46.722226
UZS 14037.668947
VES 537.661435
VND 30402.070452
VUV 137.321383
WST 3.172229
XAF 655.991103
XAG 0.016798
XAU 0.000262
XCD 3.118027
XCG 2.077108
XDR 0.815842
XOF 655.991103
XPF 119.331742
YER 275.338743
ZAR 19.72108
ZMK 10385.000211
ZMW 21.638125
ZWL 371.502193
  • AEX

    -12.3900

    970.78

    -1.26%

  • BEL20

    -46.9900

    5006.12

    -0.93%

  • PX1

    -76.8900

    7769.31

    -0.98%

  • ISEQ

    -336.2700

    12026.59

    -2.72%

  • OSEBX

    7.9200

    1988.05

    +0.4%

  • PSI20

    -17.1300

    8997.09

    -0.19%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -3.6200

    3621.06

    -0.1%

  • N150

    -14.9700

    3822.84

    -0.39%

Les pêcheurs philippins, premières victimes des ambitions de Pékin en mer de Chine méridionale
Les pêcheurs philippins, premières victimes des ambitions de Pékin en mer de Chine méridionale / Photo: Ted ALJIBE - AFP

Les pêcheurs philippins, premières victimes des ambitions de Pékin en mer de Chine méridionale

Le pêcheur philippin Mariel Villamonte naviguait depuis des années sur les eaux turquoises du récif de Scarborough, en mer de Chine méridionale, jusqu'au jour où son bateau a été attaqué par un navire chinois.

Taille du texte:

C'était en 2012, quand la Chine a pris le contrôle de ce récif des Philippines. Depuis, le pêcheur de 31 ans n'ose plus s'y aventurer.

"Leurs navires sont en acier, les nôtres sont en bois", soupire M. Villamonte, qui se rappelle comment deux vaisseaux chinois ont pourchassé sa pirogue avant de la réduire en morceaux.

Cette zone de pêche, exploitée par des générations de pêcheurs philippins, est l'un des potentiels déclencheurs d'un conflit militaire en mer de Chine méridionale.

La Chine et Taïwan revendiquent tous deux la souveraineté de la quasi-totalité de cette mer, tandis que les Philippines, le Vietnam, la Malaisie et Brunei s'en disputent des parties.

Les échanges commerciaux qui y transitent comptent pour des milliers de milliards de dollars chaque année.

De tous les pays qui la revendiquent, la Chine s'y impose de la manière la plus forte, déployant ses garde-côtes et des centaines de vaisseaux comme un essaim autour des récifs, harcelant et attaquant les bateaux de pêche, tout en intervenant dans les explorations gazière, pétrolière ou dans les recherches scientifiques en cours.

Pékin cherche, selon les analystes, à asseoir sa suprématie et à contrôler toute activité dans ces eaux disputées, quitte à utiliser la force militaire.

"Ils s'imaginent vraiment au centre de cette région, économiquement, politiquement et militairement" jusqu'à ce que "les pays les plus faibles finissent par abandonner", explique Jay Batongbacal, directeur de l'Institut des affaires maritimes et du droit de la mer à l'Université des Philippines.

- "Rêve chinois" -

Pour revendiquer ce droit, la deuxième plus grande économie du monde invoque la "ligne en neuf traits", une vague démarcation établie à partir de cartes des années 1940.

Les Philippines ont porté plainte contre la Chine, mais une cour internationale a tranché en faveur de Manille, estimant que les revendications de Pékin n'ont "aucun fondement juridique", un jugement que la Chine a pourtant ignoré.

En une décennie de présidence Xi Jinping - qui s'apprête à obtenir un troisième mandat -, Pékin n'a cessé de renforcer sa présence dans cette mer disputée. Non pas pour ses richesses en combustibles ou en poissons, avance Gregory Poling, directeur de l'Initiative américaine pour la transparence maritime en Asie (AMTI).

Le principal objectif de Xi est, selon l'expert, de réaliser le "rêve chinois", celui de faire de la Chine un pays avancé technologiquement, puissant et prospère d'ici 2050 pour assurer sa légitimité politique.

Depuis 2013, Pékin a déchiré quelque 6.000 hectares de récifs pour créer 1.300 hectares d'îles artificielles dans l'archipel des Spratleys, relate M. Poling.

Ces îles militarisées permettent aux vaisseaux chinois de patrouiller jusqu'en Indonésie et en Malaisie.

Des actes qui non seulement détruisent les zones de reproduction de la faune marine mais contreviennent au droit international, souligne Gregory Poling.

Aux termes de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, adoptée en 1982 avec le concours de la Chine, le droit exclusif d'un pays à exploiter des ressources naturelles s'exerce à 200 milles nautiques de ses côtes.

Or les revendications de Pékin s'étendent à près d'un millier de milles.

- Comme un "voleur dans sa propre cour" -

Depuis la mainmise chinoise sur le récif de Scarborough, Mariel Villamonte se trouve privé d'une source notable de revenus, tout comme d'autres pêcheurs du village de Cato, dans la province septentrionale du Pangasinan.

Dans les années 80, ces familles avaient investi le récif de Scarborough, abri précieux pendant les tempêtes qui fournissait du poisson en abondance.

Désormais, ils ne peuvent compter que sur les "payaos", des dispositifs flottants ancrés loin du récif qui attirent le thon jaune, et dont les bateaux chinois semblent se désintéresser.

Après des décennies de surpêche des pays autour, les pêcheurs philippins se trouvent contraints de passer plus de temps en mer et de se replier sur des poissons plus petits.

Malgré les risques, ils s'aventurent parfois à Scarborough tels "des voleurs dans leur propre cour", souligne Christopher de Vera, dont des équipiers s'y sont rendus à la tombée de la nuit.

Mais ces eaux peu profondes ne regorgent plus de poissons comme jadis, regrette le pêcheur de 53 ans, blâmant les pêcheurs chinois de palourdes géantes, qui ont "décimé" le corail.

- "Pire cauchemar" -

L'assurance croissante de la Chine n'a pour l'heure pas été vraiment défiée par les pays d'Asie du Sud-est, à cause de divergences entre les alliés et les rivaux de Pékin.

Les Etats-Unis sont considérés comme le seul pays assez puissant pour défier la Chine.

Si les récents exercices militaires chinois autour de Taïwan font craindre une escalade militaire, Pékin semble pour l'instant vouloir éviter la guerre.

"Ils sont passés maîtres dans l'art d'éviter de franchir ce seuil", fait valoir John Blaxland, expert en sécurité internationale et en renseignement à l'Université nationale d'Australie.

Pour M. Poling, la mer pourrait bientôt se transformer en "lac chinois" après avoir évincé les pêcheurs, les gardes-côtes et même les compagnies de gaz et de pétrole, qui ne préfèrent pas courir le risque s'y aventurer.

Les pêcheurs sont les premiers à en payer le prix.

Autrefois, M. Villamonte gagnait environ 6.000 pesos (102 euros) par voyage, contre au mieux 2.000 (34 euros) aujourd'hui, voire rien du tout.

Pêcher, c'est tout ce que sait faire ce fils et petit-fils de pêcheur.

Son "pire cauchemar" serait de perdre l'accès au reste des eaux philippines. "Ma famille aura faim", soupire-t-il.

burs-amj/ser/nzg/chv

F.Carpenteri--NZN