Zürcher Nachrichten - En Tunisie, le cuivre retrouve son lustre pour le ramadan

EUR -
AED 4.304793
AFN 75.018807
ALL 95.472997
AMD 434.616987
ANG 2.098046
AOA 1076.050478
ARS 1632.265422
AUD 1.628611
AWG 2.109903
AZN 1.989654
BAM 1.957166
BBD 2.36138
BDT 143.854547
BGN 1.955296
BHD 0.44267
BIF 3488.373035
BMD 1.172168
BND 1.495565
BOB 8.101243
BRL 5.827085
BSD 1.172434
BTN 111.217456
BWP 15.933279
BYN 3.308478
BYR 22974.499827
BZD 2.357968
CAD 1.594033
CDF 2719.430131
CHF 0.917081
CLF 0.026797
CLP 1054.658072
CNY 8.003859
CNH 7.995624
COP 4286.912729
CRC 533.026705
CUC 1.172168
CUP 31.062462
CVE 110.711345
CZK 24.379989
DJF 208.317171
DKK 7.472643
DOP 69.748105
DZD 155.099004
EGP 62.634792
ERN 17.582525
ETB 184.030546
FJD 2.570624
FKP 0.863441
GBP 0.86414
GEL 3.141364
GGP 0.863441
GHS 13.132293
GIP 0.863441
GMD 85.56768
GNF 10285.777375
GTQ 8.957132
GYD 245.27903
HKD 9.182474
HNL 31.202937
HRK 7.535405
HTG 153.582948
HUF 363.073257
IDR 20379.319081
ILS 3.459479
IMP 0.863441
INR 111.329738
IQD 1535.54055
IRR 1540229.223365
ISK 143.801703
JEP 0.863441
JMD 183.708257
JOD 0.831038
JPY 183.968891
KES 151.439949
KGS 102.471545
KHR 4703.327197
KMF 492.310913
KPW 1054.951494
KRW 1722.472039
KWD 0.361075
KYD 0.977053
KZT 543.05168
LAK 25764.260233
LBP 104967.676802
LKR 374.708368
LRD 215.532467
LSL 19.528583
LTL 3.461108
LVL 0.709033
LYD 7.443066
MAD 10.844023
MDL 20.200568
MGA 4864.499069
MKD 61.645695
MMK 2460.9559
MNT 4193.843189
MOP 9.460391
MRU 46.851964
MUR 54.810523
MVR 18.11585
MWK 2041.331642
MXN 20.472976
MYR 4.633535
MZN 74.895763
NAD 19.528485
NGN 1611.110648
NIO 43.030716
NOK 10.857362
NPR 177.939374
NZD 1.985729
OMR 0.450692
PAB 1.172404
PEN 4.11138
PGK 5.085746
PHP 72.253624
PKR 326.771221
PLN 4.253594
PYG 7210.741673
QAR 4.270792
RON 5.198806
RSD 117.417331
RUB 87.914502
RWF 1713.124056
SAR 4.395608
SBD 9.426707
SCR 16.243007
SDG 703.88472
SEK 10.830606
SGD 1.493759
SHP 0.875142
SLE 28.835408
SLL 24579.7799
SOS 669.30821
SRD 43.907102
STD 24261.518423
STN 24.861691
SVC 10.259169
SYP 129.553886
SZL 19.528294
THB 38.116579
TJS 10.997075
TMT 4.10845
TND 3.377896
TOP 2.8223
TRY 52.981658
TTD 7.958303
TWD 37.048703
TZS 3059.359673
UAH 51.51602
UGX 4408.51035
USD 1.172168
UYU 46.757231
UZS 14007.411865
VES 573.123227
VND 30873.156311
VUV 137.907235
WST 3.182659
XAF 656.462918
XAG 0.015743
XAU 0.000256
XCD 3.167843
XCG 2.11301
XDR 0.815395
XOF 656.414482
XPF 119.331742
YER 279.67633
ZAR 19.48935
ZMK 10550.925377
ZMW 21.894874
ZWL 377.437733
  • AEX

    -1.1200

    1012.95

    -0.11%

  • BEL20

    24.0900

    5376.9

    +0.45%

  • PX1

    -42.2000

    8072.85

    -0.52%

  • ISEQ

    167.7500

    12593.36

    +1.35%

  • OSEBX

    10.2900

    2028.83

    +0.51%

  • PSI20

    -81.3000

    9263.38

    -0.87%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    71.6400

    3902.45

    +1.87%

  • N150

    31.1600

    4185.84

    +0.75%

En Tunisie, le cuivre retrouve son lustre pour le ramadan
En Tunisie, le cuivre retrouve son lustre pour le ramadan / Photo: Fethi Belaid - AFP

En Tunisie, le cuivre retrouve son lustre pour le ramadan

Entouré de faitouts et de couscoussiers, l'étameur Chedli Maghraoui est débordé dans son vieil atelier à Tunis, où des clients fidèles à la tradition accourent pour redonner du lustre à des ustensiles de cuisine en cuivre utilisés pendant le ramadan.

Taille du texte:

M. Maghraoui, 69 ans, est parmi les rares artisans étameurs toujours en activité à Tunis. Depuis des années, il travaille seul dans son atelier, ouvert en 1955 à Bab El-Khadra, dans la médina, le métier n'attirant plus les jeunes.

"C'est dans les vieux pots qu'on fait la meilleure soupe", dit le proverbe. De nombreux Tunisiens perpétuent une tradition en blanchissant les ustensiles de cuisine en cuivre utilisés pendant le mois de jeûne musulman qui commence en fin de semaine.

A l'entrée de son échoppe, plusieurs clientes pressent M. Maghraoui de finir le polissage de leurs ustensiles avant le début du ramadan.

Il fait ensuite fondre habilement un bout d'étain à l'intérieur d'une terrine avant de la brosser et de la plonger dans un grand seau d'eau.

- 'Tradition' -

L'étamage consiste à revêtir l'ustensile d'une couche d'étain pour protéger les aliments d'une éventuelle oxydation du cuivre. La pièce ainsi traitée devient comme neuve.

"C'est une tradition qui existe depuis des siècles et qui reste vivante", souligne M. Maghraoui.

Les ustensiles en cuivre ainsi étamés, utilisés par de nombreuses mères de famille tunisiennes, avaient souvent été achetés à l'occasion de leur mariage ou hérités de leur mère.

"J'ai une agréable sensation quand j'utilise mon +douzen+ (ustensile en cuivre, en dialecte tunisien) tout brillant durant le ramadan", dit Sana Boukhris, 49 ans.

"Cette tradition me rappelle une belle époque et les préparatifs de ma mère pour le mois sacré", ajoute avec nostalgie cette comptable, mariée depuis 28 ans. "Il y de la baraka (bénédiction) dans ces objets hérités de ma mère".

Dalila Boubaker, une femme au foyer de 53 ans, n'a pu blanchir que deux objets cette année, alors que de nombreux foyers peinent à joindre les deux bouts dans un pays en proie à une grave crise socio-économique.

"Les prix sont devenus très élevés", déplore-t-elle.

L'étamage coûte entre 20 et 200 dinars (environ 6 et 60 euros) selon la taille et la forme de l'objet.

- 'Disparition' -

Si la production artisanale d'articles de cuisine tourne au ralenti à cause de la hausse mondiale des prix du cuivre, l'étamage des anciennes pièces reste très demandé, selon plusieurs artisans.

"Franchement, la période d'avant ramadan, c'est une période que j'attends tous les ans. Les gens préparent l'étamage de leurs ustensiles de cuisine avant le ramadan pour qu'ils soient impeccables pendant le mois, la cuisine décorée et que madame se fasse plaisir avec ses casseroles", dit Abdejlil Ayari, 60 ans, un autre artisan de cuivre de la médina.

"Cela fait presque 50 ans que je suis dans cette échoppe. C'était le métier de mon père", ajoute-il, regrettant que ses enfants ne souhaitent pas reprendre le flambeau.

"On n'accepte plus les commandes!", assène Mabrouk Romdhane, 82 ans, patron de trois magasins au souk En-Nhas (cuivre en arabe), au coeur de la médina.

Dans ce célèbre souk, une cinquantaine de boutiques exposent des ustensiles de cuisine revisités. A l'approche du ramadan, des clients achètent cafetières, théières, brûle-encens et petites tasses.

M. Romdhane vend aussi des pièces anciennes. "Ce sont comme des bijoux pour certains clients", dit l'artisan, regrettant lui aussi le désintérêt de ses enfants pour ce métier.

"Chaque décès parmi mes confrères est une perte pour ce métier et un pas vers sa disparition", confie M. Maghraoui. Il a lui-même acheté son atelier il y a une vingtaine d'années à des héritiers qui n'en voulaient pas.

Il montre ses deux mains noircies et abîmées par des crevasses: "La nouvelle génération cherche un travail facile et n'aime pas avoir (des mains comme) ça."

E.Leuenberger--NZN