Zürcher Nachrichten - Fernando Botero, l'art de la générosité

EUR -
AED 4.250766
AFN 72.908308
ALL 96.082221
AMD 436.873271
ANG 2.071606
AOA 1061.215153
ARS 1597.838385
AUD 1.645756
AWG 2.085976
AZN 1.97195
BAM 1.955467
BBD 2.330193
BDT 141.96215
BGN 1.978129
BHD 0.433607
BIF 3437.085868
BMD 1.157268
BND 1.479667
BOB 7.994742
BRL 6.149843
BSD 1.156998
BTN 108.163052
BWP 15.776518
BYN 3.510218
BYR 22682.452195
BZD 2.326894
CAD 1.587483
CDF 2632.785049
CHF 0.912279
CLF 0.0272
CLP 1074.002997
CNY 7.969415
CNH 7.992203
COP 4296.46149
CRC 540.405658
CUC 1.157268
CUP 30.667601
CVE 110.924591
CZK 24.475107
DJF 205.670119
DKK 7.473526
DOP 68.279225
DZD 152.783891
EGP 59.986564
ERN 17.35902
ETB 181.865115
FJD 2.562713
FKP 0.866861
GBP 0.867431
GEL 3.142029
GGP 0.866861
GHS 12.620054
GIP 0.866861
GMD 85.063652
GNF 10157.924053
GTQ 8.862453
GYD 242.061925
HKD 9.063434
HNL 30.737487
HRK 7.53787
HTG 151.782191
HUF 393.182241
IDR 19627.264756
ILS 3.598091
IMP 0.866861
INR 108.614171
IQD 1516.02104
IRR 1522530.672291
ISK 143.814137
JEP 0.866861
JMD 181.768268
JOD 0.820549
JPY 184.278148
KES 149.986328
KGS 101.200658
KHR 4640.644962
KMF 494.153828
KPW 1041.484287
KRW 1742.741851
KWD 0.354823
KYD 0.964148
KZT 556.232895
LAK 24863.90272
LBP 103633.347039
LKR 360.916993
LRD 212.214059
LSL 19.685569
LTL 3.417112
LVL 0.70002
LYD 7.38381
MAD 10.832611
MDL 20.148831
MGA 4825.807832
MKD 61.713417
MMK 2430.000094
MNT 4131.070323
MOP 9.33887
MRU 46.441602
MUR 53.81729
MVR 17.8918
MWK 2010.174862
MXN 20.713597
MYR 4.558523
MZN 73.953739
NAD 19.477256
NGN 1569.545119
NIO 42.495316
NOK 11.075049
NPR 173.060536
NZD 1.982642
OMR 0.441597
PAB 1.157018
PEN 4.02618
PGK 4.989851
PHP 69.404876
PKR 323.1135
PLN 4.275585
PYG 7556.680787
QAR 4.217668
RON 5.093719
RSD 117.69304
RUB 95.988502
RWF 1688.453967
SAR 4.345607
SBD 9.317929
SCR 16.627341
SDG 695.518442
SEK 10.812706
SGD 1.484085
SHP 0.868251
SLE 28.439904
SLL 24267.343207
SOS 661.382882
SRD 43.383087
STD 23953.110446
STN 24.89862
SVC 10.123276
SYP 128.185157
SZL 19.477247
THB 37.962609
TJS 11.112752
TMT 4.062011
TND 3.366536
TOP 2.786423
TRY 51.244872
TTD 7.84963
TWD 37.032963
TZS 2993.463438
UAH 50.684352
UGX 4373.236539
USD 1.157268
UYU 46.622062
UZS 14112.88327
VES 526.198902
VND 30450.034804
VUV 137.756939
WST 3.175735
XAF 655.853838
XAG 0.017004
XAU 0.000257
XCD 3.127575
XCG 2.085136
XDR 0.816864
XOF 660.225535
XPF 119.331742
YER 276.128291
ZAR 19.821112
ZMK 10416.804592
ZMW 22.590447
ZWL 372.639814
  • AEX

    -16.0300

    961.62

    -1.64%

  • BEL20

    -88.0900

    4916.79

    -1.76%

  • PX1

    -142.1000

    7665.62

    -1.82%

  • ISEQ

    -203.0200

    11881.24

    -1.68%

  • OSEBX

    -31.9800

    1966.5

    -1.6%

  • PSI20

    -190.5700

    8756.26

    -2.13%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -27.8400

    3634.93

    -0.76%

  • N150

    -58.3500

    3755.58

    -1.53%

Fernando Botero, l'art de la générosité
Fernando Botero, l'art de la générosité / Photo: Raul ARBOLEDA - AFP/Archives

Fernando Botero, l'art de la générosité

Célèbre pour ses personnages aux formes voluptueuses, le peintre et sculpteur colombien Fernando Botero, décédé vendredi à 91 ans, a mis en pratique l'art de la générosité, tant dans ses oeuvres qu'en militant pour une culture accessible à tous.

Taille du texte:

"Je pense souvent à la mort et cela m'attriste de quitter ce monde et de ne plus pouvoir travailler parce que je prends beaucoup de plaisir à mon travail", avait confié le "maestro" à l'AFP lors d'un entretien à l'occasion de ses 80 ans en 2012.

Né le 19 avril 1932 à Medellin (nord-ouest), deuxième ville de Colombie enclavée dans les Andes, ce fils d'un représentant de commerce s'initie très tôt à l'art. A l'âge de 15 ans, Fernando Botero vendait déjà ses dessins de tauromachie aux portes des arènes de Bogota.

- "Métier exotique" -

"Quand j'ai débuté, c'était un métier exotique en Colombie, qui n'était pas bien vu et n'offrait aucun avenir. Lorsque j'ai dit à ma famille que je comptais me dédier à la peinture, ils m'ont répondu: +Bon d'accord, mais nous ne pouvons pas t'aider+", racontait l'artiste colombien le plus coté au monde.

Après une première exposition individuelle à Bogota dans les années 1950, il part pour l'Europe, séjournant en Espagne, France et Italie où il découvre l'art classique. Son œuvre est aussi influencée par l'art précolombien et les fresques du Mexique, où il s'installera plus tard.

Sa carrière décolle dans les années 1970 lorsqu'il rencontre le directeur du musée allemand de New York, Dietrich Malov, avec lequel il organisera plusieurs expositions à succès. "Totalement inconnu, sans même un contrat avec une galerie de New York, j'ai alors commencé à être contacté par les plus grands marchands d'art du monde", racontait-il.

Les dimensions hors du commun de son art, qui deviendront sa marque de fabrique, se révèlent en 1957 dans le tableau "Nature morte avec mandoline". Il peint alors l'ouïe centrale (ouverture) de la mandoline trop petite, en comparaison avec la taille de l'instrument.

Ainsi "entre le petit détail et la générosité du tracé extérieur, une nouvelle dimension apparaît, plus volumétrique, plus monumentale, plus extravagante", expliquait-il.

"Mona Lisa à l'âge de douze ans", peint en 1959, était une autre de ses oeuvres majeures exposée au Museum of Modern Art de New York.

Pour l'artiste, le qualificatif de "gros" ne convenait pas à ses personnages. Amoureux de la Renaissance italienne, il se disait "défenseur du volume" en art moderne. Sa sculpture, également marquée par le gigantisme, a occupé une place très importante dans sa carrière, développée essentiellement à Pietrasanta, en Italie.

Il a partagé pendant des années sa vie entre ce coin de Toscane, New York, Medellin et Monaco où il est décédé. Malade dans les dernières années de sa vie, "il a continué à peindre jusqu'à la fin", a confié sa fille Lina.

- Art pour tous -

L'artiste, qui disait ne jamais savoir ce qu'il allait peindre le lendemain, s'est inspiré de la beauté, mais aussi des tourments de son pays, marqué par un conflit armé de plus d'un demi-siècle. Son oeuvre met en scène guérillas, séismes, maisons de passe.

A travers les époques, son art a fait la satire de l'Eglise catholique dans les années 1950-60, s'est moqué de l'aristocratie colombienne et des dictateurs en Amérique latine dans les années 1970-80, et a dénoncé les guérillas, paramilitaires et trafiquants de drogue en Colombie dans les années 1990.

En 1995, une bombe placée au pied de sa sculpture "L'Oiseau" avait tué 27 personnes à Medellin. Cinq ans plus tard, il avait fait don d'une réplique baptisée "L'Oiseau de la paix".

Fernando Botero a également peint "La mort de Pablo Escobar", le célèbre narcotrafiquant abattu à Medellin par les forces de sécurité qui avaient mis sa tête à prix. Achevé en 1999, le tableau raconte la poursuite du fugitif de taille colossale sur les toits de Medellin, montrant ainsi l'influence d'Escobar.

L'artiste a aussi été un grand mécène, avec des donations estimées à plus de 200 millions de dollars. Il a donné aux musées de Medellin et de Bogota nombre de ses oeuvres, et des dizaines de tableaux de sa collection privée, dont des Picasso, Monet, Renoir, Miro...

Ses oeuvres sont aussi visibles en plein air dans de nombreuses villes du monde, l'artiste estimant que les expositions dans les espaces publics sont un "rapprochement révolutionnaire" de l'art avec le public.

Une idée qu'il avait étrennée en 1992 sur les Champs-Elysées à Paris, puis près du Grand canal de Venise et face aux pyramides d'Egypte. Ses statues ont aussi voyagé jusqu'en Chine en 2015.

Marié trois fois, la dernière à la sculptrice grecque Sophia Vari décédée en mai, le "maestro" a énormément souffert de la mort de l'un de ses enfants, à l'âge de quatre ans, dans un accident de voiture.

Son oeuvre, de plus de 3.000 tableaux et 300 sculptures, démontre son insatiable appétit de créer. La seule idée d'abandonner les pinceaux "me terrorise plus que la mort", disait-il.

E.Leuenberger--NZN