Zürcher Nachrichten - Entre désir de liberté et dépendance à la pub: ces journalistes qui font le pari de YouTube

EUR -
AED 4.218957
AFN 74.661225
ALL 91.582971
AMD 417.457719
ANG 2.056463
AOA 1054.440663
ARS 1743.614232
AUD 1.610725
AWG 2.06753
AZN 1.957227
BAM 1.958584
BBD 2.314189
BDT 141.100567
BGN 1.933647
BHD 0.43308
BIF 3445.883141
BMD 1.148628
BND 1.468274
BOB 11.289342
BRL 5.906291
BSD 1.149053
BTN 110.098541
BWP 15.582625
BYN 3.475741
BYR 22513.103189
BZD 2.310945
CAD 1.607792
CDF 2654.479062
CHF 0.944214
CLF 0.027911
CLP 1102.062801
CNY 7.693107
CNH 7.700293
COP 3657.609688
CRC 514.039631
CUC 1.148628
CUP 30.438634
CVE 110.55587
CZK 24.347696
DJF 204.134569
DKK 7.475389
DOP 67.81758
DZD 153.643935
EGP 60.011386
ERN 17.229416
ETB 187.686889
FJD 2.545249
FKP 0.860671
GBP 0.857505
GEL 2.990867
GGP 0.860671
GHS 13.237162
GIP 0.860671
GMD 84.42856
GNF 10101.666796
GTQ 8.768617
GYD 240.39904
HKD 9.011042
HNL 30.845651
HRK 7.534658
HTG 150.176082
HUF 364.287725
IDR 20459.4717
ILS 3.487958
IMP 0.860671
INR 110.252582
IQD 1505.265866
IRR 1578903.655694
ISK 139.202636
JEP 0.860671
JMD 181.437904
JOD 0.814422
JPY 180.197158
KES 148.759217
KGS 100.447935
KHR 4656.761237
KMF 491.613064
KPW 1033.765308
KRW 1592.044397
KWD 0.353962
KYD 0.95759
KZT 513.710212
LAK 25757.976881
LBP 102859.612165
LKR 380.330553
LRD 198.788625
LSL 18.680779
LTL 3.391599
LVL 0.694794
LYD 7.294223
MAD 10.886907
MDL 20.194321
MGA 4981.210628
MKD 61.619198
MMK 2411.765202
MNT 4134.326493
MOP 9.2846
MRU 46.225512
MUR 54.640655
MVR 17.746733
MWK 1992.492937
MXN 19.78965
MYR 4.690656
MZN 73.40923
NAD 18.680942
NGN 1529.662418
NIO 42.280099
NOK 10.809019
NPR 176.162473
NZD 2.008793
OMR 0.442789
PAB 1.149063
PEN 3.877412
PGK 5.114426
PHP 72.2606
PKR 318.484727
PLN 4.363465
PYG 6811.860614
QAR 4.19998
RON 5.263476
RSD 117.119869
RUB 96.935341
RWF 1687.950767
SAR 4.280492
SBD 9.18961
SCR 16.157873
SDG 690.903792
SEK 11.290555
SGD 1.465768
SHP 0.858627
SLE 28.314099
SLL 24086.139517
SOS 656.64482
SRD 43.585257
STD 23774.274604
STN 24.535303
SVC 10.054598
SYP 14934.457826
SZL 18.674871
THB 38.295672
TJS 10.59989
TMT 4.031683
TND 3.380004
TOP 2.76562
TRY 56.015171
TTD 7.800223
TWD 36.503811
TZS 3043.85889
UAH 51.337638
UGX 4532.442628
USD 1.148628
UYU 46.207089
UZS 13604.57507
VES 973.444877
VND 29889.590367
VUV 135.872884
WST 3.164265
XAF 655.957
XAG 0.01734
XAU 0.000262
XCD 3.104224
XCG 2.070844
XDR 0.812139
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 271.708303
ZAR 18.687948
ZMK 10339.031894
ZMW 22.584693
ZWL 369.857655
SSP 6505.853316
MXV 2.243593
  • AEX

    -5.7200

    1095.09

    -0.52%

  • BEL20

    -64.1300

    5713.16

    -1.11%

  • PX1

    -121.9900

    8065.02

    -1.49%

  • ISEQ

    -114.6100

    14211.37

    -0.8%

  • OSEBX

    -19.2300

    2117.33

    -0.9%

  • PSI20

    -128.6200

    9542.21

    -1.33%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -10.7300

    4652.42

    -0.23%

  • N150

    -46.8600

    4252.11

    -1.09%

Entre désir de liberté et dépendance à la pub: ces journalistes qui font le pari de YouTube
Entre désir de liberté et dépendance à la pub: ces journalistes qui font le pari de YouTube / Photo: Lionel BONAVENTURE - AFP/Archives

Entre désir de liberté et dépendance à la pub: ces journalistes qui font le pari de YouTube

Quitter un grand média pour se lancer sur YouTube: c'est le pari de plusieurs jeunes journalistes, séduits par la liberté qu’offre la plateforme, malgré un modèle économique fragile et des enjeux déontologiques.

Taille du texte:

À 31 ans, Justine Reix aurait pu retravailler au sein d'un média traditionnel avec des revenus fixes et une équipe, mais elle a choisi de se lancer sur YouTube, en indépendante: pas de hiérarchie, moins d'accompagnement aussi.

"Je n’ai jamais été aussi libre", résume la journaliste passée par les rédactions de France Télévisions, Vice et Slate.

En janvier, elle publie son premier reportage sur YouTube: "J’ai enquêté sur le trafic de viande de singe".

Douze minutes à la première personne, avec caméra cachée et coulisses du métier: "Les gens adorent ça", dit-elle. Un format qu’elle ne trouvait pas dans les médias traditionnels "où il faut faire court et aller droit à l’essentiel".

YouTube est utilisée comme première source d'information vidéo par 23% des 18-24 ans, et 25% des 35-44 ans, selon une étude réalisée en 2024 dans 47 pays par l'institut Reuters.

"Logique", pour la journaliste Charlotte Vautier, qui estime que l'information traditionnelle "manque d'authenticité, de liberté, d'humain", après avoir notamment travaillé huit ans pour l'émission Clique, sur Canal+, chaîne dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.

Le compte de cette trentenaire, "OK Charlotte", est aujourd'hui suivi par plus de 140.000 personnes.

- Revenus limités -

Elle continue toutefois aussi de collaborer avec des médias classiques, bien consciente de la précarité du modèle économique.

Car aujourd’hui, pour se rémunérer quand on diffuse sur YouTube, on peut avoir recours aux aides du Centre national du cinéma et de l'image (CNC), au financement participatif, mais aussi et surtout au sponsor de marques et à la publicité monétisée. Un mélange des genres qui peut gêner certains de ces journalistes.

Le million de vues sur son dernier reportage a rapporté 1.000 euros à Charlotte Vautier, après les taxes et les frais de production.

"À moins d’être Squeezie (un créateur de contenus avec près de 20 millions d’abonnés, NDLR), tu ne peux pas vivre de ça", déplore de son côté Justine Reix, contrainte de faire la promotion de marques face caméra.

Pour financer son reportage au Japon qui lui a coûté près de 4.000 euros, elle a touché 1.600 euros d’une marque de eSIM.

"En plus, ça me dérange de faire ça", regrette-t-elle.

La Charte de Munich, qui édicte les droits et devoirs des journalistes depuis 1971, proscrit toute confusion entre journalisme et publicité.

La commission de la carte de presse tolère toutefois les partenariats s’ils sont transparents et distincts du contenu éditorial. Mais le conseil de déontologie journalistique et de médiation, une instance consultative, a déjà épinglé HugoDécrypte pour une vidéo sponsorisée "semant la confusion entre information et promotion".

- "Homme-sandwich" -

Certains préfèrent refuser ces collaborations, comme l'ex-journaliste de Brut Charles Villa qui fait appel aux dons ou Max Laulom, qui "ne se voit pas faire l’homme-sandwich".

"Ça décrédibilise le contenu et ça sort du récit", juge le réalisateur du documentaire "High School Radical" qui vient de sortir sur Arte et sa chaîne YouTube.

D'autres contournent les règles avec humour, comme Benoit Le Corre, qui fait jouer sa mère dans ses spots pour éviter de le faire lui-même.

À 34 ans, il a quitté un CDI au journal Le Monde l'année dernière, poussé par "un désir de liberté" et de créativité.

"Je trouve qu’il y a une certaine hypocrisie, il y a des publicités dans les journaux!", pointe-t-il.

Pour le président du Prix Albert Londres, Hervé Brusini, qui accueille avec beaucoup d’enthousiasme cette nouvelle génération, "nécessité fait loi", tant que l’indépendance éditoriale est préservée.

Selon lui, ces journalistes y sont particulièrement vigilants, car leur moindre faux pas est scruté.

Le prestigieux prix, décerné aux grands reporters francophones depuis 1933, a même créé cette année une bourse et une résidence de création pour ces journalistes en partenariat avec YouTube.

"C'est chouette", se réjouit Justine Reix, gagnante de la bourse, "ça montre qu'ils se rendent compte que le journalisme évolue".

X.Blaser--NZN