Zürcher Nachrichten - Les chiffres de la dette attendus jeudi en pleine quête d'un budget

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Les chiffres de la dette attendus jeudi en pleine quête d'un budget
Les chiffres de la dette attendus jeudi en pleine quête d'un budget / Photo: Ludovic Marin - AFP

Les chiffres de la dette attendus jeudi en pleine quête d'un budget

L'Insee doit dire jeudi si la dette française a encore gonflé au deuxième trimestre, alors que le Premier ministre tente toujours de trouver la martingale pour boucler un budget 2026 capable d'éviter une censure parlementaire tout en redressant les finances publiques.

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La publication de l'Institut national de la statistique intervient dans un climat social tendu, les syndicats venant d'annoncer une nouvelle journée de mobilisation, déçus de leur nouvelle entrevue avec Sébastien Lecornu, qui doit encore dévoiler ses orientations budgétaires.

A fin mars, l'endettement de la France s'élevait à 3.345,4 milliards d'euros, soit 113,9% du PIB. Il était de 99,4% (ou 2.362,2 milliards) à la même période en 2019.

Alimentée par l'accumulation ininterrompue des déficits depuis 1975, la dette n'en finit plus de monter depuis la fin des années 1990, mais elle "augmente plus vite que celle de ses voisins européens", surtout depuis 2019, constate Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFCE, auprès de l'AFP.

Outre les très coûteuses mesures de soutien face aux crises sanitaire et inflationniste, il y voit le résultat d'une baisse de prélèvements obligatoires non financée, et d'une croissance plus molle qu'espéré par le gouvernement, et donc moins génératrice de recettes.

Différence entre des dépenses chroniquement plus élevées que les recettes, "le déficit n'est pas seulement un déficit de crise, il est aussi structurel", note l'économiste, qui situe "le tournant" au moment de la crise des gilets jaunes.

- Dette instable -

Toujours sans gouvernement, le Premier ministre Sébastien Lecornu a jusqu'à la mi-octobre pour transmettre un projet de budget à l'Assemblée nationale qui puisse être adopté avant la fin de l'année.

En 2026, le niveau du déficit public dépendra du montant de l'effort budgétaire qui sera consenti. Le curseur sera-t-il plutôt autour de 35 milliards d'euros, comme l'accepterait la droite? Ou vers 22 milliards comme le souhaitent les socialistes, moitié moins que les 44 milliards qui étaient visés par l'ancien Premier ministre François Bayrou avec l'objectif de ramener le déficit à 4,6% du PIB?

Davantage que le niveau de la dette, c'est toutefois son évolution qui inquiète. "Aujourd'hui, on n'est pas capable de stabiliser la dette", souligne l'expert en finances publiques François Ecalle, président du site spécialisé Fipeco, interrogé par l'AFP.

La France est troisième sur le podium des pays de la zone euro les plus endettés, derrière la Grèce et l'Italie, et première concernant l'ampleur de son déficit, attendu à 5,4% du PIB cette année, loin du seuil maximal européen de 3% qui permettrait de stabiliser la dette.

L'agence de notation Fitch, qui a dégradé en septembre la note souveraine de la France en citant son instabilité politique et sa fragilité budgétaire, voit même l'endettement grimper jusqu'à 121% du PIB en 2027.

- "Flottement politique" -

Cette dette qui gonfle devient de plus en plus coûteuse avec la remontée des taux auxquels la France emprunte sur les marchés, une hausse accentuée depuis la dissolution de l'Assemblée nationale en juin 2024, ce qui grève d'autant plus les finances publiques.

Au vu de l'effort requis d'au mieux plusieurs dizaines de milliards d'euros pour parvenir à la stabiliser, François Ecalle juge nécessaire de réaliser essentiellement des économies sur les dépenses.

"Mais cela ne suffira pas: il faut aussi augmenter les prélèvements obligatoires", prévient-il. Alors que la taxe Zucman visant le patrimoine des plus aisés occupe le terrain du débat politique, "je pense qu'il est nécessaire, au moins pour des raisons politiques et sociales, de prélever un peu plus sur les riches."

Surtout, pour éviter une perte de confiance des investisseurs et un emballement des taux souverains, il faut "de la crédibilité" et "une stratégie claire de redressement des finances publiques sur plusieurs années", sans nuire à l'économie, estime M. Plane.

Or, actuellement "on ne voit pas émerger de réelle stratégie: il y a un flottement politique tel qu'arriver à faire passer un budget pour une année, c'est déjà extraordinaire".

Ch.Siegenthaler--NZN