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Les Bourses asiatiques ont violemment décroché mercredi au cinquième jour de la guerre au Moyen-Orient, Séoul dévissant de 12%, tandis que le pétrole progresse toujours malgré les engagements de Washington à défendre le transit par le détroit d'Ormuz.
Les Bourses décrochent, Séoul dévisse de 12%
L'ensemble des places asiatiques, à la suite du repli de Wall Street, s'est trouvé dans la tourmente, les investisseurs confrontés à la volatité des cours énergétiques et des devises fuyant les actifs jugés à risque.
A Tokyo, l'indice vedette Nikkei a chuté en clôture de 3,61% à 54.245,54 points, l'indice élargi Topix perdant 3,67%.
La Bourse de Sydney a cédé 1,94%, Taipei 4,35%. L'indice hongkongais Hang Seng perdait 2,84% vers 06H30 GMT, tandis qu'à Bangkok, les échanges ont été brièvement suspendus après un plongeon de 8%.
A Bombay, l'indice Nifty a ouvert en repli de 2%, affolé par les craintes d'inflation accrue.
"Lorsque le prix du brut augmente, la facture est particulièrement lourde en Asie où les importations d'énergie constituent une dépendance structurelle", commente Stephen Innes, de SPI Asset Management.
"Les économies axées sur l'exportation se retrouvent soudainement contraintes de recalculer leurs marges, face à un baril plus cher qui plane sur chaque chaîne de production et chaque voie maritime", explique-t-il.
"Étant donné que Corée du Sud, Japon, Chine et Taïwan dépendent fortement des approvisionnements énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz, tout blocage aurait des répercussions négatives importantes sur ces marchés", indique à l'AFP Chung Hae-chang, analyste chez Daishin Securities.
La chute est spectaculaire à Séoul, où la tech domine: l'indice Kospi a dévissé en clôture de 12,06%. Il avait déjà plongé de 7,24% mardi ; c'est sa pire séquence depuis la crise financière de 2008.
La Corée du Sud, huitième plus gros consommateur de brut du monde, est très dépendante des hydrocarbures du Moyen-Orient... et son économie repose largement sur ses exportations tech.
Les champions des puces mémoires Samsung Electronics a lâché quelque 11% et SK hynix plus de 8%, succombant avec retard au récent refroidissement sur l'IA, dans un marché paniqué.
Certains investisseurs ayant acheté des titres tech grâce à de l'endettement sur marge, en pariant sur leur hausse continue, se trouvent désormais piégés et contraints de liquider leurs positions.
Les Bourses de Dubaï et d'Abou Dhabi ont rouvert en nette baisse mercredi après deux jours de fermeture.
Pétrole consolidé, guettant Ormuz
Vers 06H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché international, gagnait 2,26% à 83,25 dollars. Il avait dépassé mardi 85 dollars pour la première fois depuis juillet 2024.
Le baril de West Texas Intermediate (WTI) nord-américain grimpait de 1,96% à 76,02 dollars. WTI et Brent avaient clôturé la veille en hausse de plus de 4%.
Le trafic maritime est toujours paralysé dans le détroit d'Ormuz, goulet d'étranglement par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux.
Certes, les cours avaient modéré leurs gains mardi après des déclarations du président américain Donald Trump assurant que la marine des Etats-Unis pourrait escorter des pétroliers "si nécessaire" à travers le détroit d'Ormuz.
Mais les Gardiens de la Révolution ont affirmé mercredi avoir le "contrôle total" du détroit.
"L'escalade du conflit continue de peser sur le moral et de maintenir les marchés dans une attitude prudente", avertit Lloyd Chan, de MUFG.
Certes, "la réaction du marché pétrolier a été jusqu'à présent plus contenue qu'au cours des premières semaines du conflit russo-ukrainien", et la stabilisation du Brent autour des 82 dollars "suggère un certain apaisement des craintes de perturbation", reconnaît-il.
Mais pour autant, le Brent enregistre une hausse cumulée d'environ 15% sur la semaine, "ce qui alimente les craintes d'inflation et accentue les freins à la croissance mondiale", insiste-t-il.
Le dollar stable, l'or recherché
L'or, valeur refuge face aux incertitudes, continue de profiter de la situation: il grimpait de 1,06% à 5.141 dollars l'once vers 06H30 GMT.
De son côté, la monnaie américaine se stabilisait à 157,59 yens pour un dollar, après avoir encore monté la veille.
Le dollar reste "soutenu par la demande de valeurs refuges et une modération des anticipations de baisse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) cette année" face à la flambée des prix énergétiques, souligne Lloyd Chan.
De son côté, la roupie indienne a trébuché à un nouveau plus bas historique face au dollar.
A.Ferraro--NZN