Zürcher Nachrichten - "L'or de sang" des mines vénézuéliennes sous la coupe des groupes criminels

EUR -
AED 4.116683
AFN 72.32565
ALL 91.634718
AMD 406.920949
ANG 2.006906
AOA 1027.90883
ARS 1699.950376
AUD 1.605563
AWG 2.020508
AZN 1.951116
BAM 1.955892
BBD 2.257526
BDT 138.207732
BGN 1.887049
BHD 0.423422
BIF 3353.627774
BMD 1.120948
BND 1.435267
BOB 13.276624
BRL 5.60305
BSD 1.120863
BTN 108.359579
BWP 15.419794
BYN 3.40976
BYR 21970.575085
BZD 2.254326
CAD 1.594907
CDF 2594.993631
CHF 0.931468
CLF 0.027737
CLP 1095.300493
CNY 7.512929
CNH 7.502049
COP 3615.235711
CRC 511.428611
CUC 1.120948
CUP 26.901265
CVE 110.271169
CZK 24.370019
DJF 199.595824
DKK 7.475909
DOP 67.932588
DZD 150.883361
EGP 58.702573
ERN 16.814216
ETB 182.108863
FJD 2.51905
FKP 0.84865
GBP 0.847554
GEL 2.916153
GGP 0.84865
GHS 13.175737
GIP 0.84865
GMD 82.950127
GNF 9860.551622
GTQ 8.569326
GYD 234.436841
HKD 8.796845
HNL 30.086146
HRK 7.533215
HTG 146.775592
HUF 365.059602
IDR 20075.05251
ILS 3.427085
IMP 0.84865
INR 108.412514
IQD 1698.064697
IRR 1941649.573041
ISK 136.823103
JEP 0.84865
JMD 177.898365
JOD 0.794735
JPY 177.391136
KES 145.442803
KGS 98.026909
KHR 4551.234306
KMF 493.217117
KPW 1008.853294
KRW 1502.86019
KWD 0.348413
KYD 0.934048
KZT 509.336222
LAK 25135.181889
LBP 100374.019717
LKR 370.860747
LRD 191.669868
LSL 18.544307
LTL 3.309867
LVL 0.67805
LYD 7.207339
MAD 11.006616
MDL 20.097035
MGA 4998.279615
MKD 61.573445
MMK 2353.647083
MNT 4036.363687
MOP 9.059966
MRU 44.791506
MUR 53.200464
MVR 17.273516
MWK 1943.556712
MXN 20.386009
MYR 4.580175
MZN 71.694541
NAD 18.544637
NGN 1490.640412
NIO 41.252308
NOK 10.71929
NPR 173.374926
NZD 1.996185
OMR 0.430996
PAB 1.120853
PEN 3.844015
PGK 5.082284
PHP 70.419099
PKR 310.387964
PLN 4.383197
PYG 6375.299775
QAR 4.096893
RON 5.340643
RSD 117.395745
RUB 95.059302
RWF 1652.185057
SAR 4.208625
SBD 9.058496
SCR 15.494078
SDG 674.246363
SEK 11.168792
SGD 1.435121
SHP 0.847309
SLE 27.603357
SLL 23505.703871
SOS 640.532976
SRD 42.204244
STD 23201.35438
STN 24.501371
SVC 9.807549
SYP 14574.56239
SZL 18.540706
THB 37.585935
TJS 10.311801
TMT 3.923317
TND 3.345157
TOP 2.698973
TRY 55.310177
TTD 7.614426
TWD 35.75879
TZS 2959.313347
UAH 50.342567
UGX 4583.256398
USD 1.120948
UYU 45.022117
UZS 13338.7462
VES 979.303298
VND 29011.247642
VUV 134.569249
WST 3.122438
XAF 655.957
XAG 0.018573
XAU 0.000267928621
XCD 3.029417
XCG 2.020104
XDR 0.792568
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 264.711322
ZAR 18.526968
ZMK 10089.866044
ZMW 22.277047
ZWL 360.944705
SSP 6449.103698
MXV 2.303106
  • AEX

    9.8700

    1131.08

    +0.88%

  • BEL20

    54.5300

    5453.69

    +1.01%

  • PX1

    69.5700

    7799.64

    +0.9%

  • ISEQ

    -132.1000

    13921.13

    -0.94%

  • OSEBX

    23.1100

    2068.38

    +1.13%

  • PSI20

    -72.9100

    9274.28

    -0.78%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -573.3700

    3827

    -13.03%

  • N150

    46.7600

    4184.77

    +1.13%

"L'or de sang" des mines vénézuéliennes sous la coupe des groupes criminels
"L'or de sang" des mines vénézuéliennes sous la coupe des groupes criminels / Photo: Pedro MATTEY - AFP/Archives

"L'or de sang" des mines vénézuéliennes sous la coupe des groupes criminels

Une grande partie des zones minières du Venezuela, pays au riche sous-sol, sont sous la coupe réglée de gangs et guérillas, obstacle majeur pour attirer les capitaux privés et faire revenir les compagnies occidentales alors que le gouvernement a adopté un nouveau code minier.

Taille du texte:

"C'est un or de sang qui n'est jamais vraiment identifié comme tel", estime Lisseth Boon, auteur de "Or Malandro" (L'or gangster), livre enquête sur les zones minières.

Pays aux plus grandes réserves de pétrole du monde, le Venezuela dispose d'or, de diamant, de bauxite mais aussi de coltan et d'importantes quantités de terres rares.

L'activité se concentre sur un territoire de 112.000 km2 baptisé Arc minier mais on exploite aussi le sous-sol plus au sud dans les Etats d'Amazonie ou de Bolivar. Presque partout les groupes armés (mafieux ou guérillas colombiennes), qui se font appeler "syndicats" ou "système" font la loi. Au sens figuré comme au sens propre.

La peur règne. "Les syndicats contrôlent tout, c'est le quotidien. C'est compliqué. On ne peut pas parler de certains sujets", dit sous couvert d'anonymat à l'AFP une habitante d'une zone contrôlée par un syndicat.

Selon des témoignages, les syndicats rackettent habitants et travailleurs, générant d'importantes sommes d'argent qu'ils entendent protéger... de la criminalité.

- "Contrebande" -

Ils imposent alors leurs règles. Dans certaines zones, des sortes de tribunaux gèrent les différends, délits et crimes, des problèmes de voisinage jusqu'aux vols et meurtres. Les sanctions vont d'amendes aux bastonnades. Voire mutilations ou tortures.

Toutefois, des habitants apprécient la présence des bandits qui ont "pacifié" certaines régions, comme explique, sous couvert de l'anonymat, un habitant de El Dorado, une zone d'orpaillage célèbre et où se trouve notamment une prison par laquelle est passée l'ancien bagnard Papillon.

"Avant, si tu trouvais une grosse pépite d'or, d'autres mineurs pouvaient te tuer pour la prendre. (Les gangs) ne nous volent pas. Tout le monde se retient de faire de mauvaises choses", dit-il à Caracas à l'AFP.

El Dorado est contrôlé par un "Pran" (chef) dénommé Fabio, qui tel Pablo Escobar est soutenu par une partie de la population : "Je ne peux rien dire de mal de lui. Quand quelqu'un est malade, il signe un petit papier et la personne va à la pharmacie qui lui donne ce dont elle a besoin. Il (Fabio) achète des médicaments pour les hôpitaux, rénove les terrains de football. Les rues, il les a faites asphalter. Il achète de la nourriture aux habitants, aux enseignants", selon cet habitant.

Selon lui, "les syndicats savent qu'il ne faut pas toucher les entreprises (étrangères)" qui "payent directement l'Etat" et exportent légalement leur or. Contrairement à "90%" de la production qui part en contrebande par "le Brésil et la Colombie".

Selon le rapport "Exploitation de l'or au Venezuela: dévastation, chaos et corruption" de l'ONG Transparencia (2025), les "groupes irréguliers liés au pouvoir" contrôlent 20% de la production des quelques 68 tonnes annuelles produites.

Transparencia estime également que 66% des quelque 5,5 milliards de dollars générés par l'exploitation minière sont contrôlés par les "alliances stratégiques avec l'élite politique", des entreprises mixtes public-privé, aux contours flous.

"On ne connaît pas les critères pour sélectionner les partenaires, leurs obligations, la durée des accords, le niveau de production, les contrats, ni les chiffres (de production) du minerai", écrit Transparencia.

Depuis 2016, "la production d'or a augmenté, mais pas les recettes pour l'État" souligne l'ONG.

- "Contrôle absolu" -

"Les gangs ont commencé à prendre le contrôle des mines" après la suspension de "toutes les concessions des multinationales" par (le feu président Hugo) Chavez en 2011, explique Mme Boon.

"Il y a eu comme un vide, c'est là que les syndicats ont commencé à faire irruption. Il y a eu une répartition territoriale des mines entre les gangs", ajoute-elle.

Cette lutte pour le contrôle se fait dans la violence avec des affrontements aux lourds bilans : 11 morts à Tumeremo et 8 morts à El Callao en 2017, après le massacre en 2016 de 17 mineurs tués par balles, abandonnés dans une fosse commune.

Sans compter d'innombrables assassinats sporadiques.

"Une gouvernance criminelle s'est instaurée" avec "des accords tacites entre ces syndicats et l'Etat. C'est ce qui explique que, dans une zone totalement militarisée et où, en principe, l'Etat est présent, ce soient ces groupes criminels qui contrôlent", ajoute Mme Boon.

Insight Crime fait le même constat, estimant qu'au "fil de nombreuses années, les +syndicats+ ont développé un contrôle assez profond des territoires", confie la cheffe enquêtrice à l'AFP.

Par exemple, "le Syndicat de Las Claritas tire ses profits de la perception de +taxes+ sur les activités minières, de l'extraction au raffinage et au trafic. Le groupe est également lié à l'extorsion. Il exige des mineurs et des commerçants des paiements en échange de protection, connus sous le nom de +vaccins+", souligne Insight crime.

Pour Mme Boon, les gangs "veulent maintenir un contrôle absolu sur les mines, mais aussi sur la vie quotidienne des habitants" imposant "un modèle d'esclavage moderne" très rentable pour eux, et qui nécessitera une ambitieuse volonté politique pour les déloger.

E.Leuenberger--NZN