Zürcher Nachrichten - Chère et incertaine, l'électrification bouscule les PME énergivores allemandes

EUR -
AED 4.190964
AFN 72.462069
ALL 94.318285
AMD 420.009431
ANG 2.043163
AOA 1046.457542
ARS 1699.905298
AUD 1.652931
AWG 2.054115
AZN 1.941408
BAM 1.958778
BBD 2.299155
BDT 140.641376
BGN 1.929591
BHD 0.430252
BIF 3406.407733
BMD 1.141175
BND 1.479824
BOB 7.916899
BRL 5.936165
BSD 1.141516
BTN 108.794512
BWP 16.296493
BYN 3.325698
BYR 22367.032353
BZD 2.295851
CAD 1.619938
CDF 2596.173357
CHF 0.918072
CLF 0.026836
CLP 1056.180624
CNY 7.753657
CNH 7.751387
COP 3867.43107
CRC 519.5809
CUC 1.141175
CUP 30.241141
CVE 110.836612
CZK 24.205123
DJF 202.809256
DKK 7.475142
DOP 67.84283
DZD 152.134698
EGP 56.020479
ERN 17.117627
ETB 181.618482
FJD 2.586645
FKP 0.85945
GBP 0.854837
GEL 3.013023
GGP 0.85945
GHS 12.96949
GIP 0.85945
GMD 83.879239
GNF 10008.106049
GTQ 8.706085
GYD 238.788886
HKD 8.951269
HNL 29.955784
HRK 7.530155
HTG 149.254321
HUF 355.315718
IDR 20553.819205
ILS 3.421643
IMP 0.85945
INR 108.758611
IQD 1495.509995
IRR 1570256.964877
ISK 143.811321
JEP 0.85945
JMD 179.522959
JOD 0.809104
JPY 184.015592
KES 147.610972
KGS 99.795566
KHR 4578.966441
KMF 494.128432
KPW 1027.058007
KRW 1768.513262
KWD 0.352943
KYD 0.95133
KZT 547.122293
LAK 25676.440054
LBP 102398.425225
LKR 383.476343
LRD 207.551186
LSL 18.711604
LTL 3.369593
LVL 0.690285
LYD 7.320686
MAD 10.735603
MDL 20.188342
MGA 4892.79133
MKD 61.598032
MMK 2395.619746
MNT 4090.188117
MOP 9.222861
MRU 45.794832
MUR 53.943062
MVR 17.630943
MWK 1981.080125
MXN 20.01484
MYR 4.650336
MZN 72.918443
NAD 18.718076
NGN 1568.042619
NIO 41.772747
NOK 11.268899
NPR 174.07162
NZD 2.006135
OMR 0.438742
PAB 1.141516
PEN 3.900562
PGK 4.996099
PHP 70.261004
PKR 317.53152
PLN 4.290938
PYG 6938.428055
QAR 4.160153
RON 5.232401
RSD 117.364159
RUB 89.104682
RWF 1672.962726
SAR 4.284201
SBD 9.185438
SCR 15.739313
SDG 685.276818
SEK 11.074992
SGD 1.475922
SHP 0.852002
SLE 27.816137
SLL 23929.875862
SOS 652.17801
SRD 42.799196
STD 23620.020962
STN 24.991735
SVC 9.988011
SYP 126.13648
SZL 18.717949
THB 37.997136
TJS 10.55927
TMT 3.994113
TND 3.353628
TOP 2.747676
TRY 53.287142
TTD 7.749647
TWD 36.394468
TZS 3001.288255
UAH 51.174388
UGX 4183.287238
USD 1.141175
UYU 45.888968
UZS 13617.063009
VES 721.876216
VND 30002.635082
VUV 136.937732
WST 3.16065
XAF 656.944349
XAG 0.019015
XAU 0.00028
XCD 3.084083
XCG 2.057292
XDR 0.815961
XOF 655.610095
XPF 119.331742
YER 272.291719
ZAR 18.682463
ZMK 10271.951024
ZMW 20.782234
ZWL 367.457923
  • AEX

    -1.6100

    1071.48

    -0.15%

  • BEL20

    41.6300

    5744.65

    +0.73%

  • PX1

    75.8700

    8413.23

    +0.91%

  • ISEQ

    66.2500

    13867.55

    +0.48%

  • OSEBX

    20.1600

    1921.85

    +1.06%

  • PSI20

    87.2700

    9177.57

    +0.96%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -58.5800

    4518.09

    -1.28%

  • N150

    41.5200

    4193.75

    +1%

Chère et incertaine, l'électrification bouscule les PME énergivores allemandes
Chère et incertaine, l'électrification bouscule les PME énergivores allemandes / Photo: SASCHA SCHUERMANN - AFP

Chère et incertaine, l'électrification bouscule les PME énergivores allemandes

Chauffer du métal à près de 1.500 degrés tout en visant la neutralité carbone : c'est le défi que s'est fixé d'ici 2030 un fabricant allemand de tubes de précision, confronté à des coûts d'électricité élevés et à de lourds investissements.

Taille du texte:

Dans un pays confronté au ralentissement industriel et à des coûts énergétiques élevés, la neutralité climatique à l'horizon 2045 fixée par le gouvernement constitue un défi croissant pour le Mittelstand, le tissu de PME exportatrices au cœur du modèle allemand.

La fonderie de MPG Tubes, PME de 145 salariés installée dans le bassin industriel du Sauerland (ouest), partiellement électrifiée, utilise encore deux fours au gaz naturel afin de porter le métal à très haute température et ainsi créer des alliages ensuite étirés mécaniquement pour un rendu parfaitement lisse.

"La grande tâche qui se dresse devant nous est d'électrifier toutes les applications de gaz naturel", explique à l'AFP le patron de l'entreprise Andreas Gahl, soulignant que "c'est un tout autre défi que de mettre en oeuvre de simples mesures d'efficacité énergétique".

Son objectif : fabriquer d'ici quatre ans "un produit neutre pour le climat" à condition de rester "rentable".

- Crédit à financer -

Mais le projet se heurte aux prix de l'électricité en Allemagne, nettement supérieurs à ceux de pays concurrents comme la Chine ou l'Inde, un écart régulièrement dénoncé par les industriels.

Il serait bien plus rentable pour M. Gahl de produire exclusivement à partir de gaz naturel, dont le coût avoisine les 7 centimes par kilowattheure, contre quelque 20 centimes pour l'électricité.

Par ailleurs, l'électrification complète du site nécessitera environ 6 millions d'euros d'investissements pour une société réalisant quelque 40 millions d'euros de chiffre d'affaires et qui devra donc s'endetter.

"La transformation remplace des coûts variables par des coûts fixes : si une crise survient et que j'ai moins de commandes, la charge du crédit reste", déplore M. Gahl.

Selon Martin Theuringer, directeur de la Fédération allemande de l'industrie de la fonderie (BDG), les banques appliquent en outre des primes de risque aux projets de transformation industrielle, réduisant encore les marges de manoeuvre financières des PME.

Entre impératif climatique et pression sur la compétitivité, celles-ci doivent ainsi arbitrer entre investir massivement ou risquer de décrocher face à leurs concurrents internationaux.

M. Gahl se dit lui déterminé, porté par sa "conviction personnelle" de la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique et convaincu qu'il est possible de mener cette transition "sans pertes économiques majeures".

- Manque d'électricité -

Pour d'autres entreprises, l'obstacle n'est pas que financier, il est d'abord technique: l'accès à l'électricité.

Dans le nord-ouest du pays, la fonderie LEDA ne peut électrifier son processus de fusion faute de puissance suffisante.

Son dirigeant, Fynn-Willem Lohe, dénonce auprès de l'AFP "des réseaux trop faibles", parfois "vieux de 80 ou 100 ans", illustrant un autre talon d'Achille de l'économie allemande, déjà visible dans les infrastructures ferroviaires.

L'entreprise a besoin de 7 mégawatts (MW) pour sa transition énergétique mais ne dispose que de 2 MW. "On nous parle d'un raccordement d'ici deux ou trois ans, mais en réalité ce sera probablement six ou sept", dit-il.

Pour M. Theuringer, il s'agit d'un goulot d'étranglement pour les entreprises de la fonderie, dont "au moins 90%" ne peuvent espérer une connexion suffisante avant le milieu des années 2030.

L'entreprise LEDA "fait encore des bénéfices mais beaucoup moins qu'avant", selon M. Lohe, et a dû réduire ses effectifs, craignant en outre que la transition, une fois réalisée, augmente ses coûts de fonctionnement.

Ceux liés à la modernisation du réseau électrique se répercutent sur les factures des entreprises via les frais de réseau, qui ont quadruplé depuis 2011, selon la BDG.

"Pour une entreprise de taille moyenne, cela représente 2 millions d'euros de charges supplémentaires annuelles sur quinze ans", souligne M. Theuringer.

- Berlin aide -

Pour soutenir les secteurs les plus énergivores comme la chimie, l'acier et le ciment, le gouvernement allemand a mis en place en avril un dispositif de compensation du prix de l'électricité jusqu'en 2028, adoubé par la Commission européenne.

Cette aide, calculée sur les prix du marché de gros, pourrait atteindre 3,75 centimes par kilowattheure en 2026, selon l'exécutif.

D'après les dernières données de l'institut statistique Destatis, le prix moyen total de l'électricité - incluant taxes, redevances et prélèvements - s'élevait à environ 23,7 centimes par kwh au second semestre 2025.

Pour la fédération de la fonderie, ce soutien est une mesure en trompe-l'oeil qui n'apporte pas de "véritable soulagement" aux entreprises: selon ses propres calculs, l'allègement se limiterait à environ 1 centime par kWh.

Elle critique aussi l'obligation de réinvestir la moitié des aides dans des projets de décarbonation, même ceux non rentables à court terme.

"Il est clair que nous investissons beaucoup dans l'incertitude", admet M. Gahl.

"C'est pourquoi nous le faisons prudemment, étape par étape, pour ce que nous pouvons anticiper", conclut-il.

Comme lui, beaucoup d'industriels allemands évoluent dans un environnement marqué par la volatilité des prix de l'énergie et un manque de visibilité durable depuis "les crises successives", notamment celle déclenchée par la guerre russe en Ukraine.

Y.Keller--NZN