AEX
0.5500
Les marchés mondiaux évoluent dans un climat d'incertitude mercredi, tiraillés entre le regain des tensions au Moyen-Orient entraînant une flambée des prix du pétrole, le repli des valeurs technologiques et l'attente de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed).
"Les marchés ont de nouveau été pris dans les turbulences, au cours des dernières 24 heures, entre la volatilité des prix du pétrole et la poursuite de la chute des valeurs liées aux semi-conducteurs", résume Jim Reid, économiste pour Deutsche Bank.
Les cours du brut sont repartis brusquement à la hausse à la suite de la reprise des frappes au Moyen-Orient, ravivant les inquiétudes quant à l'approvisionnement en or noir, après une accalmie des hostilités de plusieurs jours et une forte correction des prix en début de semaine.
Vers 14H20 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord flambait de 6,78% à 89,79 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, grimpait de 6,57% à 84,47 dollars.
L'armée américaine avait annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles iraniens, puis lancé une attaque conjointe avec l'Arabie saoudite, récemment prise pour cible par des alliés de Téhéran, contre des milices pro-iraniennes en Irak.
Washington va frapper l'Iran durement pour riposter aux attaques contre des bases américaines en Jordanie, a aussi assuré mercredi Donald Trump dans un entretien à Fox News.
"Ces développements refroidissent les espoirs d'une désescalade rapide dans le Golfe persique", résument les analystes d'ING. "Il est évident qu'avec des infrastructures pétrolières saoudiennes de plus en plus souvent prises pour cible, le risque de perturbations prolongées de l'offre augmente", soulignent-ils.
Par ailleurs, le trafic des pétroliers à travers le détroit d'Ormuz reste pratiquement à l'arrêt, rappellent les analystes d'ING. "L'Iran a rejeté la proposition d'Oman visant à instaurer un dispositif de navigation partagé à parts égales."
Cette nouvelle flambée des cours du brut survient alors que les investisseurs attendent, à 14H00, heure locale (18H00 GMT), la décision du comité de politique monétaire de la Fed à propos de ses taux directeurs.
Les acteurs du marché misent sur un statu quo, mais, fait inhabituel, ils attribuent encore une probabilité supérieure à 30% à un relèvement d'un quart de point, selon l'outil de veille du CME, FedWatch.
- La tech plombée -
Les marchés d'actions naviguent à vue, dans l'attente de cette décision, entre la hausse des coûts de l'énergie, la nouvelle vague de ventes des valeurs liées à l'IA.
En Europe, vers 14H20 GMT, la Bourse de Paris perdait 0,63% et Milan 0,23%. Francfort prenait 0,08% et Londres 0,11%, peu après que son indice phare, le FTSE 100 a battu un nouveau record historique en séance, proche des 11.000 points.
Il profite en effet de sa faible exposition aux valeurs technologiques, plombées à travers le monde, et du poids des minières et des pétrolières dans sa composition.
A New York, dans les premiers échanges, le Dow Jones perdait 1,41%, l'indice Nasdaq reculait de 1,12% et l'indice élargi S&P 500 cédait 0,77%.
Les valeurs de fabricants de composants électroniques cèdent du terrain, à l'image du mastodonte Nvidia (-1,27%), AMD (-2,65%), Broadcom (-1,01%) ou Micron (-2,19%).
En Europe, STMicroelectronics cédait 2,14% à Paris et Infineon perdait 3,96% à Francfort. Le géant des machines spécialisées pour la gravure de puces ASML reculait de 1,33% à Amsterdam.
Le recul de la "tech" et de l'IA se fait surtout sentir à la Bourse de Séoul, son indice phare Kospi ayant terminé sur une chute de 5,98% plombé par la dégringolade de SK Hynix (-9,61%).
Le géant sud-coréen des puces mémoires a annoncé un bénéfice net record en hausse de 1.242% sur un an au deuxième trimestre 2026. Cependant, ses prévisions de dépenses d'investissement inquiètent les investisseurs.
Pour Stephen Innes, gérant de SPI AM, "le signal le plus important est que cette situation ne ressemble plus à une fracture généralisée du marché". "L'onde de choc reste largement concentrée sur l'univers de l'IA, où une quantité excessive de capitaux s'était concentrée sur un nombre trop restreint de valeurs", estime-t-il.
Les investisseurs attendent désormais la publication des résultats trimestriels des géants de la tech américaine Microsoft et Meta (Facebook, Instagram) après la clôture de Wall Street. Ils seront suivis par ceux d'Apple et Amazon jeudi.
A.Ferraro--NZN