Zürcher Nachrichten - Eclipsée par l'Amazonie, l'inestimable savane brésilienne en danger

EUR -
AED 4.208688
AFN 74.490213
ALL 91.373456
AMD 416.155015
ANG 2.051759
AOA 1052.028647
ARS 1731.345145
AUD 1.612404
AWG 2.065665
AZN 1.953295
BAM 1.954103
BBD 2.308895
BDT 140.77777
BGN 1.929223
BHD 0.432125
BIF 3446.667582
BMD 1.146
BND 1.464915
BOB 11.263515
BRL 5.917253
BSD 1.146425
BTN 109.846667
BWP 15.546976
BYN 3.467789
BYR 22461.599716
BZD 2.305658
CAD 1.605695
CDF 2648.406044
CHF 0.944608
CLF 0.027886
CLP 1101.075451
CNY 7.686852
CNH 7.679234
COP 3684.240973
CRC 512.863657
CUC 1.146
CUP 30.369
CVE 110.172707
CZK 24.374507
DJF 204.148983
DKK 7.475339
DOP 67.662433
DZD 153.408088
EGP 59.736278
ERN 17.19
ETB 187.257516
FJD 2.542749
FKP 0.858702
GBP 0.857838
GEL 2.977998
GGP 0.858702
GHS 13.206879
GIP 0.858702
GMD 84.230503
GNF 10078.557102
GTQ 8.748557
GYD 239.849076
HKD 8.991281
HNL 30.775085
HRK 7.532887
HTG 149.832523
HUF 364.710487
IDR 20434.325741
ILS 3.479978
IMP 0.858702
INR 110.014222
IQD 1501.822253
IRR 1575291.579957
ISK 139.193135
JEP 0.858702
JMD 181.022827
JOD 0.812542
JPY 180.103637
KES 148.40406
KGS 100.217387
KHR 4646.107914
KMF 490.488051
KPW 1031.400351
KRW 1592.011624
KWD 0.353346
KYD 0.9554
KZT 512.534991
LAK 25689.367703
LBP 102660.952087
LKR 379.460467
LRD 198.333854
LSL 18.638043
LTL 3.38384
LVL 0.693204
LYD 7.2819
MAD 10.862001
MDL 20.148122
MGA 4969.815058
MKD 61.478231
MMK 2406.24778
MNT 4124.868349
MOP 9.263359
MRU 46.119761
MUR 54.515383
MVR 17.705899
MWK 1987.934689
MXN 19.769904
MYR 4.679916
MZN 73.240783
NAD 18.638205
NGN 1526.036345
NIO 42.183374
NOK 10.816807
NPR 175.759464
NZD 2.007688
OMR 0.440657
PAB 1.146435
PEN 3.868541
PGK 5.102725
PHP 72.093677
PKR 317.756126
PLN 4.365756
PYG 6796.277045
QAR 4.190371
RON 5.264844
RSD 117.349258
RUB 96.494462
RWF 1684.089223
SAR 4.270699
SBD 9.168587
SCR 15.960379
SDG 689.314081
SEK 11.314544
SGD 1.464806
SHP 0.856662
SLE 28.248957
SLL 24031.037392
SOS 655.142606
SRD 43.257494
STD 23719.885935
STN 24.479173
SVC 10.031596
SYP 14900.292103
SZL 18.632148
THB 38.23514
TJS 10.575641
TMT 4.02246
TND 3.372272
TOP 2.759293
TRY 55.907377
TTD 7.782379
TWD 36.449217
TZS 3036.895373
UAH 51.220192
UGX 4522.073709
USD 1.146
UYU 46.10138
UZS 13573.451734
VES 971.217919
VND 29821.211623
VUV 135.562046
WST 3.157026
XAF 655.957
XAG 0.017273
XAU 0.000263
XCD 3.097122
XCG 2.066106
XDR 0.810281
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 271.086184
ZAR 18.693655
ZMK 10315.36499
ZMW 22.533026
ZWL 369.011528
SSP 6490.969804
MXV 2.241354
  • AEX

    -5.7200

    1095.09

    -0.52%

  • BEL20

    -64.1300

    5713.16

    -1.11%

  • PX1

    -121.9900

    8065.02

    -1.49%

  • ISEQ

    -114.6100

    14211.37

    -0.8%

  • OSEBX

    -19.2300

    2117.33

    -0.9%

  • PSI20

    -128.6200

    9542.21

    -1.33%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -10.7300

    4652.42

    -0.23%

  • N150

    -46.8600

    4252.11

    -1.09%

Eclipsée par l'Amazonie, l'inestimable savane brésilienne en danger
Eclipsée par l'Amazonie, l'inestimable savane brésilienne en danger / Photo: Nelson ALMEIDA - AFP

Eclipsée par l'Amazonie, l'inestimable savane brésilienne en danger

Quand la famille de Carminha Maria Missio a acheté des terres dans le Cerrado, immense savane brésilienne au sud-est de la forêt amazonienne, elle s'est attiré des sarcasmes.

Taille du texte:

"On nous disait qu'on ne pouvait même pas espérer voir des lézards sortir de ces terres sablonneuses", raconte-t-elle à l'AFP.

C'était en 1979 et sa famille de modestes agriculteurs vendait une petite ferme dans le sud du Brésil pour partir à l'aventure à l'autre bout du pays.

Aujourd'hui, cette grand-mère fringante de 67 ans est considérée par l'édition brésilienne du magazine Forbes comme l'une des femmes les plus influentes du pays dans le secteur agricole.

Peu connu en dehors du Brésil, le est la savane la plus riche en biodiversité de la planète.

En plus d'une variété extraordinaire de plantes et d'animaux, dont des jaguars, elle abrite les sources qui alimentent des bassins hydrographiques de tout le pays. Cela lui vaut le surnom de "berceau des eaux".

Mais, alors que la préservation de l'Amazonie est une préoccupation mondiale, la destruction de la savane s'accélère loin des regards.

La moitié de la végétation native du Cerrado a déjà disparu: prairies et arbustes sont remplacés par des champs de soja, de céréales ou de coton à perte de vue.

Si le plus grand pays d'Amérique latine est devenu une puissance agricole de premier plan, premier exportateur mondial de soja, c'est en effet en grande partie grâce au Cerrado.

- "Écosystème sacrifié" -

Au cœur de ce territoire, la commune de Sao Desiderio, dans l'Etat de Bahia (nord-est), est en tête du classement national de la déforestation cette année.

Son paysage après la saison des récoltes est un gigantesque patchwork, avec de rares taches vertes de végétation native de la savane subsistant au milieu d'immenses champs marron.

Faire pousser des céréales sur les terres sablonneuses et pauvres en nutriments est rentable si la production s'opère à grande échelle.

Financés pour la plupart par des multinationales de l'agro-alimentaire comme Cargill ou Bunge, les agriculteurs investissent massivement dans l'irrigation, les engrais et les pesticides.

Pour transformer la savane en terres arables, ils utilisent le "correntao", une grosse chaîne reliant deux bulldozers qui rase toute la végétation sur son passage.

La technique du brûlis est également employée. Une surface de la taille de la Suisse a brûlé dans le Cerrado l'an dernier, selon le collectif de recherche MapBiomas, qui regroupe des ONG et des universités.

Des experts avertissent par ailleurs que la région s'assèche en raison de la dégradation des sols et des systèmes d'irrigation.

Le Cerrado est "un écosystème sacrifié", cingle Leticia Verdi, de l'ONG de défense de l'environnement ISPN.

Le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva a pour l'instant tenu sa promesse de freiner la déforestation en Amazonie: elle a baissé de moitié depuis son retour au pouvoir en janvier.

Mais dans la savane, la situation s'est aggravée, avec une hausse de 27% du déboisement.

"La déforestation s'est déversée de l'Amazonie vers le Cerrado", déplore Leticia Verdi.

- "Amazonie souterraine" -

Rodrigo Agostinho, président de l'agence environnementale publique Ibama, est catégorique: "Le Cerrado est aussi important que l'Amazonie dans la lutte contre la crise climatique".

Ces deux écosystèmes sont étroitement liés.

La savane se nourrit des précipitations favorisées par la forêt tropicale, qui dépend pour sa part des sources du Cerrado pour alimenter ses cours d'eau.

Les deux jouent un rôle majeur contre les gaz à effet de serre: la forêt amazonienne grâce à ses millions d'arbres, la savane par le biais d'un système de racines très profondes qui regorgent de biomasse absorbant le CO2. D'où le surnom d'"Amazonie souterraine".

Cet effet miroir est aussi valable à d'autres égards. En Amazonie, 95% de la déforestation est illégale. Dans le Cerrado, 95% se fait en toute légalité, selon l'Ibama.

Un paradoxe dû, selon les ONG de défense de l'environnement, à l'influence du puissant lobby de l'agronégoce.

Les agriculteurs en Amazonie n'ont le droit de déboiser que 20% de leurs terres. Dans la plupart des localités du Cerrado, c'est tout le contraire: ils doivent seulement préserver 20% de la surface occupée.

- Violence rurale -

Certains grands propriétaires terriens utilisent des méthodes musclées pour contourner ces règles.

Joao da Silva en a fait les frais. Chez ce quinquagénaire (dont le nom a été changé pour raisons de sécurité), il n'y a ni électricité ni eau courante.

Mais cet homme a fait installer cinq caméras de surveillance à énergie solaire autour de sa petite ferme après que sa mère a été menacée en 2018 par des hommes armés ayant fait irruption dans sa propriété.

Il a lui-même été menacé de mort par la suite et a échappé de peu à une sortie de route quand un pick-up a percuté son véhicule.

"Ils m'ont dit que je devais quitter mes terres, qu'elles ne m'appartenaient plus", confie ce père de cinq enfants, qui avait déjà survécu à une attaque au couteau dans un marché en 2016.

Selon plusieurs ONG, des propriétaires d'immenses ranchs s'accaparent des terres non déboisées de petits fermiers du Cerrado pour les incorporer aux leurs et respecter ainsi le quota de surfaces préservées.

Des leaders de communautés d'éleveurs traditionnels de la région ont dit à l'AFP avoir été victimes d'attaques d'hommes de main qui leur ont tiré dessus, ont tué leur bétail et brûlé leurs fermes.

Une violence courante au Brésil, où ont été recensés 377 meurtres de défenseurs de l'environnement ou de victimes de conflits fonciers en milieu rural depuis 2012, selon l'ONG Global Witness.

- Education durable -

Mario Alberto dos Santos, professeur à l'Université fédérale de l'Ouest de Bahia, tente de changer la donne par l'éducation, en donnant des cours d'agriculture durable à des jeunes de localités reculées du Cerrado.

Il leur apprend à faire pousser des espèces natives, en privilégiant la culture bio et en plantant des arbres au milieu des plantations.

"Nous avons un long chemin à parcourir", admet-il, préconisant de "transformer en profondeur" le système mondial de production, très largement fondé sur des "monocultures qui utilisent des pesticides et ne sont pas compatibles avec la préservation de l'environnement".

Le Parlement européen a adopté en avril un règlement qui interdit l'importation de plusieurs produits agricoles lorsqu'ils sont issus de la déforestation.

Mais la savane brésilienne n'est pas concernée: sa végétation native n'est pas considérée à proprement parler comme une "forêt".

Des mouvements écologistes font pression sur l'Union européenne pour étendre cette règle à d'"autres zones boisées", comme le Cerrado.

Pour Daniel Santos, de l'antenne brésilienne du Fonds mondial pour la nature (WWF), pas de doute: inclure ces trois mots dans le texte permettrait de "favoriser la transition vers une production plus durable".

B.Brunner--NZN