Zürcher Nachrichten - 2024-2025, un long hiver irrespirable au Pakistan

EUR -
AED 4.306155
AFN 75.042013
ALL 95.503749
AMD 434.754686
ANG 2.098711
AOA 1076.391259
ARS 1633.24963
AUD 1.628528
AWG 2.110572
AZN 1.994428
BAM 1.957787
BBD 2.362129
BDT 143.900142
BGN 1.955916
BHD 0.44281
BIF 3489.478703
BMD 1.17254
BND 1.496039
BOB 8.103811
BRL 5.808641
BSD 1.172805
BTN 111.252708
BWP 15.93833
BYN 3.309527
BYR 22981.781782
BZD 2.358715
CAD 1.592954
CDF 2720.292089
CHF 0.916051
CLF 0.026783
CLP 1054.113217
CNY 8.006395
CNH 8.009626
COP 4288.447382
CRC 533.195652
CUC 1.17254
CUP 31.072307
CVE 110.747092
CZK 24.365532
DJF 208.384054
DKK 7.468375
DOP 69.761033
DZD 155.366159
EGP 62.89473
ERN 17.588098
ETB 184.088968
FJD 2.570321
FKP 0.863715
GBP 0.862003
GEL 3.142366
GGP 0.863715
GHS 13.150693
GIP 0.863715
GMD 85.595094
GNF 10289.036793
GTQ 8.959971
GYD 245.356773
HKD 9.184384
HNL 31.212658
HRK 7.537044
HTG 153.631627
HUF 364.824037
IDR 20325.216788
ILS 3.451758
IMP 0.863715
INR 111.286347
IQD 1536.027252
IRR 1540717.411483
ISK 143.847284
JEP 0.863715
JMD 183.766485
JOD 0.831335
JPY 183.590446
KES 151.43396
KGS 102.504022
KHR 4704.810187
KMF 492.466903
KPW 1055.285869
KRW 1728.00758
KWD 0.36031
KYD 0.977363
KZT 543.223804
LAK 25772.426433
LBP 105000.946469
LKR 374.827135
LRD 215.600817
LSL 19.534944
LTL 3.462205
LVL 0.709257
LYD 7.445535
MAD 10.84746
MDL 20.206971
MGA 4866.040121
MKD 61.633956
MMK 2461.73592
MNT 4195.172462
MOP 9.463389
MRU 46.866318
MUR 55.144752
MVR 18.121573
MWK 2041.973347
MXN 20.470229
MYR 4.655255
MZN 74.934025
NAD 19.534297
NGN 1613.391652
NIO 43.044434
NOK 10.870379
NPR 177.995773
NZD 1.986851
OMR 0.451129
PAB 1.172775
PEN 4.112686
PGK 5.087357
PHP 71.84734
PKR 326.874774
PLN 4.25386
PYG 7213.027176
QAR 4.272145
RON 5.203851
RSD 117.378966
RUB 87.908347
RWF 1713.667045
SAR 4.397001
SBD 9.429695
SCR 16.118112
SDG 704.106632
SEK 10.846464
SGD 1.493933
SHP 0.875419
SLE 28.813145
SLL 24587.570662
SOS 669.520533
SRD 43.921037
STD 24269.208309
STN 24.869571
SVC 10.262421
SYP 129.594949
SZL 19.534782
THB 38.122751
TJS 11.000561
TMT 4.109752
TND 3.378967
TOP 2.823195
TRY 52.931382
TTD 7.960825
TWD 37.086845
TZS 3054.466613
UAH 51.532349
UGX 4409.907663
USD 1.17254
UYU 46.772051
UZS 14011.851495
VES 573.304883
VND 30903.461258
VUV 137.950946
WST 3.183667
XAF 656.67099
XAG 0.01556
XAU 0.000254
XCD 3.168847
XCG 2.113679
XDR 0.815654
XOF 656.622607
XPF 119.331742
YER 279.763574
ZAR 19.594668
ZMK 10554.258273
ZMW 21.901814
ZWL 377.557365
  • AEX

    16.9500

    1014.09

    +1.7%

  • BEL20

    72.8600

    5352.67

    +1.38%

  • PX1

    42.7800

    8114.84

    +0.53%

  • ISEQ

    167.7500

    12593.36

    +1.35%

  • OSEBX

    21.5700

    2018.63

    +1.08%

  • PSI20

    135.3800

    9344.96

    +1.47%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    71.6400

    3902.45

    +1.87%

  • N150

    52.5100

    4154.58

    +1.28%

2024-2025, un long hiver irrespirable au Pakistan
2024-2025, un long hiver irrespirable au Pakistan / Photo: Arif ALI - AFP/Archives

2024-2025, un long hiver irrespirable au Pakistan

Pendant au moins 120 jours d'affilée, des dizaines de millions de Pakistanais ont dû survivre dans un air irrespirable, selon des données analysées par l'AFP qui révèlent les détails du pire hiver traversé par le pays, l'un des plus pollués au monde.

Taille du texte:

Pendant six mois sans discontinuer à Lahore et quatre mois à Islamabad et dans la capitale économique Karachi, la concentration moyenne de particules fines a été au moins 20 fois supérieure à celle tolérée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Depuis leur installation en 2018, les capteurs de l'ambassade américaine s'affolent chaque hiver quand le "smog", ce brouillard de pollution piégée dans de l'air froid, enveloppe Lahore (est) et ses 14 millions d'habitants.

Cette année, ils sont passés dans le rouge dès octobre, un mois plus tôt qu'auparavant et dans des villes où le smog était autrefois plus clément.

En novembre, 80% des 240 millions de Pakistanais assuraient à l'institut de sondage Ipsos avoir été touchés par cet épais nuage que la NASA voit désormais depuis l'espace et qui brûle la gorge, pique les yeux et peut provoquer angine ou asthme.

Un tiers en avaient subi des conséquences directes, sur leur santé, ou indirectes: écoles fermées, chômage technique, interdiction de circuler...

Au nom de ses concitoyens, Risha Rashid, militante du climat de 21 ans, a décidé de poursuivre les autorités pour faire valoir le "droit à respirer un air pur" qu'elles ont inscrit en 2023 dans la Constitution.

Asthmatique, l'étudiante a dû se confiner une grande partie de l'hiver ratant jusqu'à ses examens. Elle dit porter plainte à Islamabad parce que la capitale "est en train de devenir un deuxième Lahore" et que "rien n'est fait pour y remédier".

- "En guerre" -

Le Pendjab, la province de Lahore, a lancé en 2024 la "guerre contre le smog". Son gouvernement a multiplié par dix le nombre de capteurs d'air, passés de trois à une trentaine, fixes et mobiles.

Il a aussi répertorié, pour la première fois de son propre aveu, les usines pour envoyer régulièrement des fonctionnaires contrôler leurs émissions.

Les briqueteries ont par exemple été forcées de changer leur méthode de fabrication.

Le gouvernement a promis de louer à prix coûtant un millier de "super semoirs" pour en finir avec les brûlis agricoles et assure vouloir gérer les déchets pour éviter leur incinération.

Mais il contrôle dans le même temps étroitement les capteurs privés, accusés de donner "des résultats erronés qui sèment la panique". Une hérésie pour les chercheurs qui ont besoin de ces capteurs pour compléter des données gouvernementales, trop parcellaires.

Quant à ses machines anti-smog, elles ne sont que des pansements sur des jambes de bois, estiment les experts.

Les brumisateurs censés faire retomber la poussière en suspension sur les chantiers?

"Les particules fines PM2.5, premier polluant, sont trop petites pour être arrêtées", répond Ahmad Ali Gul, universitaire spécialisé dans la gestion de crise et des risques.

La "tour anti-pollution" censée purifier l'air, inaugurée en décembre et retirée deux mois plus tard, officiellement pour "raisons techniques"?

"C'est comme si vous mettiez un climatiseur en plein air pour lutter contre le changement climatique", rétorque un expert sous couvert d'anonymat. "C'est aussi inefficace que les pluies artificielles déclenchées chaque année par avion".

- "La baignoire déborde" -

"Quand une baignoire déborde, est-ce que vous prenez d'abord une serviette pour éponger ou est-ce que vous fermez le robinet?", lance M. Gul.

Pour lui, "il faut commencer par réduire les émissions avant de parler du meilleur moyen de se protéger du smog".

"Le gouvernement répète: 'l'Inde est responsable', 'les agriculteurs sont des ennemis de la nation', 'les briqueteries sont la principale source de pollution', mais il ne dit jamais un mot sur le transport", poursuit-t-il.

Et cela alors que la feuille de route gouvernementale estime le transport responsable de 83% des émissions à Lahore.

La directrice de la cellule anti-smog, Sabah Ashgar, renvoie la balle dans le camp des constructeurs automobiles.

Elle dit ne pas pouvoir "contraindre" les automobilistes, mais Islamabad promet que 30% des véhicules vendus au Pakistan en 2030 seront électriques, transport en commun inclus.

Pour le moment, les premières voitures électriques chinoises mises sur le marché peinent à s'écouler dans un pays où 40% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale.

Et les autorités évacuent deux questions: comment vont-elles financer une telle révolution? Et pourquoi ne pas d'abord se débarrasser des carburants de mauvaise qualité utilisés massivement car moins chers?

"Passer à un carburant plus propre aurait un effet immédiat", assure pourtant Frank Hammes, PDG mondial de IQAir, société de surveillance de la qualité de l'air.

D'ailleurs le Pakistan a déjà eu un avant-goût d'air pur: en 2020, lors du confinement anti-Covid quand usines et transports se sont arrêtés.

"La qualité de l'air s'est tellement améliorée que pour la première fois depuis des années, nous pouvions même voir les étoiles à Lahore la nuit", se souvient Umar Masood, directeur du centre Urban Unit, qui analyse les données sur la pollution pour le compte du gouvernement.

Abdul Sattar Babar, directeur d'Ipsos Pakistan, plaide de son côté pour une prise de conscience collective.

Aujourd'hui, 28% des Pakistanais rejettent le changement climatique ou ne se sentent pas personnellement responsables --bien au-dessus de la moyenne mondiale de 19%.

"Lorsque vous arrivez à peine à vivre, les enjeux climatiques ne sont évidemment pas votre préoccupation première", assure-t-il à l'AFP.

A.Wyss--NZN