Zürcher Nachrichten - Trump ou la science comme ennemie

EUR -
AED 4.208779
AFN 72.792335
ALL 94.558683
AMD 421.050539
ANG 2.051849
AOA 1052.052918
ARS 1677.268571
AUD 1.636818
AWG 2.065713
AZN 1.963133
BAM 1.953714
BBD 2.30818
BDT 140.549966
BGN 1.937794
BHD 0.432206
BIF 3417.344517
BMD 1.146027
BND 1.479573
BOB 7.912554
BRL 5.906162
BSD 1.146042
BTN 108.035645
BWP 15.574489
BYN 3.184282
BYR 22462.122231
BZD 2.30478
CAD 1.62431
CDF 2612.940575
CHF 0.924956
CLF 0.026257
CLP 1033.38371
CNY 7.758141
CNH 7.764978
COP 3958.673997
CRC 519.887335
CUC 1.146027
CUP 30.369706
CVE 110.14742
CZK 24.191013
DJF 204.073994
DKK 7.474821
DOP 66.985484
DZD 152.922387
EGP 57.071553
ERN 17.1904
ETB 181.39259
FJD 2.575982
FKP 0.866046
GBP 0.866792
GEL 3.036539
GGP 0.866046
GHS 12.82431
GIP 0.866046
GMD 84.234192
GNF 10039.824269
GTQ 8.734676
GYD 239.524314
HKD 8.984395
HNL 30.656356
HRK 7.542577
HTG 149.698865
HUF 351.912121
IDR 20451.074675
ILS 3.397768
IMP 0.866046
INR 108.452173
IQD 1499.998788
IRR 1575786.636242
ISK 143.99815
JEP 0.866046
JMD 181.080758
JOD 0.812564
JPY 185.351484
KES 148.353021
KGS 100.220155
KHR 4595.983952
KMF 492.221601
KPW 1031.424381
KRW 1761.912518
KWD 0.35395
KYD 0.954976
KZT 559.27392
LAK 25309.294376
LBP 102623.564963
LKR 382.473777
LRD 208.57298
LSL 18.89784
LTL 3.383919
LVL 0.69322
LYD 7.309352
MAD 10.668312
MDL 20.238438
MGA 4824.912291
MKD 61.687031
MMK 2406.561949
MNT 4101.894858
MOP 9.244432
MRU 45.737088
MUR 54.791554
MVR 17.706547
MWK 1987.16936
MXN 19.876744
MYR 4.754832
MZN 73.242703
NAD 18.89784
NGN 1563.649855
NIO 42.170861
NOK 11.100586
NPR 172.85854
NZD 2.000516
OMR 0.440641
PAB 1.145078
PEN 3.874964
PGK 5.022911
PHP 69.988417
PKR 318.786234
PLN 4.26838
PYG 7037.413514
QAR 4.174144
RON 5.237684
RSD 117.357726
RUB 84.834631
RWF 1678.836179
SAR 4.30183
SBD 9.238607
SCR 15.670578
SDG 688.194342
SEK 10.985593
SGD 1.481085
SHP 0.855625
SLE 28.363889
SLL 24031.60992
SOS 654.958064
SRD 42.864261
STD 23720.437721
STN 24.494692
SVC 10.027696
SYP 126.672729
SZL 18.892741
THB 37.727278
TJS 10.620163
TMT 4.011093
TND 3.383588
TOP 2.759358
TRY 53.246971
TTD 7.771248
TWD 36.240844
TZS 3008.880375
UAH 51.482794
UGX 4167.55124
USD 1.146027
UYU 45.78113
UZS 13797.271748
VES 695.217191
VND 30163.994295
VUV 135.634893
WST 3.153632
XAF 655.814878
XAG 0.017274
XAU 0.000272
XCD 3.097194
XCG 2.065352
XDR 0.815616
XOF 655.809157
XPF 119.331742
YER 273.439586
ZAR 18.849703
ZMK 10315.617203
ZMW 20.542369
ZWL 369.020112
  • AEX

    6.1400

    1084.16

    +0.57%

  • BEL20

    28.8000

    5676.51

    +0.51%

  • PX1

    -37.0500

    8384.12

    -0.44%

  • ISEQ

    60.6600

    13846.72

    +0.44%

  • OSEBX

    2.9300

    1953.29

    +0.15%

  • PSI20

    10.9200

    9113.24

    +0.12%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    42.0100

    4242.69

    +1%

  • N150

    -19.4900

    4216.47

    -0.46%

Trump ou la science comme ennemie
Trump ou la science comme ennemie / Photo: Robyn Beck - AFP

Trump ou la science comme ennemie

"Une attaque sans précédent contre la science": dans la bouche des scientifiques américains, les mêmes mots reviennent en boucle pour qualifier la politique menée par Donald Trump depuis son retour au pouvoir.

Taille du texte:

En l'espace de moins de 100 jours, le républicain a amorcé une profonde refonte du paysage scientifique aux Etats-Unis, pays phare de la recherche mondiale, plongeant nombre d'acteurs dans la sidération et en poussant certains au départ.

Coupes de milliards de dollars de financement affectant tant la recherche sur le climat que sur les traitements anti-cancéreux, licenciements massifs de scientifiques dans les organes fédéraux, menaces ouvertes à l'encontre des universités, cas dénoncés de censure, suppressions de bases de données ou encore mise au ban de certains termes liés au genre et au climat...: la liste n'a cessé de s'allonger au fil des semaines.

"C'est tout simplement colossal", lâche Paul Edwards, directeur d'un programme scientifique à l'université Stanford. "Je n'ai rien vu de tel en 40 ans de recherche aux Etats-Unis", assure-t-il auprès de l'AFP.

Un constat largement partagé à travers la communauté scientifique et universitaire. Fin mars, plus de 1.900 membres de sociétés savantes ont lancé un "appel à l'aide".

"L'entreprise scientifique de la nation est en train d'être décimée", ont ils dénoncé dans une lettre, enjoignant leurs compatriotes à se dresser contre cette "attaque en règle contre la science".

- "Rage contre la science" -

Déjà sous le premier mandat du milliardaire, la communauté scientifique s'était publiquement émue d'une telle offensive. Mais de l'avis de tous, ce qui se passe aujourd'hui est bien différent.

"C'est beaucoup plus large et coordonné", relève Jennifer Jones, directrice du Centre pour la science et la démocratie de l'association Union of Concerned Scientists, pour qui "cela sort tout droit du Project 2025".

Etabli par un groupe de réflexion ultra conservateur, ce document suivi par Donald Trump depuis son retour au pouvoir préconise la restructuration voire le démantèlement, d'institutions scientifiques et universitaires qu'il accuse d'alimenter un "alarmisme climatique" et un endoctrinement politique.

Un projet soutenu par l'entourage du président américain, comme son ministre de la Santé, le vaccinosceptique Robert Kennedy Jr, qui surfe sur la défiance croissante des Américains à l'égard des scientifiques, notamment depuis la crise du Covid-19.

Avec pour conséquence, un renversement du rôle jusque-là central de l'Etat dans la production de savoir, analyse Sheila Jasanoff, professeure en sociologie de la science à l'université Harvard, accusée par Donald Trump d'être un nid de "gauchistes radicaux".

Une bascule qu'elle impute à "une rage contre la science" du président, qui a remis en cause à plusieurs reprises le consensus scientifique, notamment sur le climat. Autant de faits rationnels s'opposant à la "gouvernance charismatique" qu'il défend, note-t-elle.

Une accusation niée en bloc par la Maison Blanche. "Nous avons enfin un président qui suit la science", a-t-elle au contraire clamé mardi dans un communiqué.

- "Génération entière" -

Face à cette situation, un nombre grandissant de chercheurs envisage de quitter les Etats-Unis. Une fuite des cerveaux dont d'autres pays espèrent bénéficier en ouvrant les portes de leurs universités. En France, une proposition de loi visant à créer un statut de "réfugié scientifique" a ainsi été présentée.

Certains partiront mais un grand nombre renonceront à leur carrière, craint Daniel Sandweiss, professeur en sciences du climat à l'université du Maine, qui alerte sur la possible perte d'une "génération entière" de jeunes chercheurs.

"Ce sont les étudiants les plus prometteurs, les superstars qui commencent à peine à émerger (...) et qui feront les vraies percées. Et il va nous en manquer un paquet", regrette-t-il.

Des talents sur lesquels comptent également de nombreux secteurs économiques, comme celui de l'industrie pharmaceutique, pour produire les innovations de demain.

Face à ce risque, s'ajoute celui de voir le vide comblé par "des pseudo-sciences et des chercheurs totalement discrédités", abonde Jennifer Jones.

Une inquiétude accentuée par la nomination de David Geier par le ministre de la Santé pour étudier un lien entre vaccins et autisme - une hypothèse écartée par plusieurs études. Ce chercheur antivaccins a été reconnu coupable d'avoir pratiqué la médecine sans diplôme adéquat.

Face au "niveau de désinformation et de confusion que cette administration est en train de créer", il faudra "des années, voire des générations, pour réparer" les dommages, prévient Mme Jones.

P.E.Steiner--NZN