Zürcher Nachrichten - Dix ans après le carnage d'Utøya, Breivik demande sa libération et fait son show

EUR -
AED 4.26807
AFN 76.126374
ALL 92.206872
AMD 421.806782
ANG 2.08003
AOA 1066.870586
ARS 1753.415385
AUD 1.609841
AWG 2.091904
AZN 1.970654
BAM 1.956404
BBD 2.341272
BDT 142.864093
BGN 1.971463
BHD 0.438233
BIF 3476.238288
BMD 1.162169
BND 1.472998
BOB 14.381231
BRL 5.955953
BSD 1.162454
BTN 109.745765
BWP 15.564536
BYN 3.58099
BYR 22778.506256
BZD 2.337971
CAD 1.606751
CDF 2649.744425
CHF 0.940398
CLF 0.027404
CLP 1082.049236
CNY 7.799665
CNH 7.7972
COP 3638.866374
CRC 527.260463
CUC 1.162169
CUP 30.79747
CVE 110.266773
CZK 24.202179
DJF 207.002998
DKK 7.474633
DOP 68.810941
DZD 154.819155
EGP 59.217024
ERN 17.43253
ETB 188.729389
FJD 2.575832
FKP 0.859697
GBP 0.858697
GEL 3.027427
GGP 0.859697
GHS 13.213212
GIP 0.859697
GMD 86.000106
GNF 10217.845869
GTQ 8.872143
GYD 243.133909
HKD 9.111926
HNL 31.20596
HRK 7.533761
HTG 152.021033
HUF 362.121881
IDR 20497.169125
ILS 3.495397
IMP 0.859697
INR 109.814191
IQD 1522.856904
IRR 1597517.076516
ISK 140.808644
JEP 0.859697
JMD 184.263699
JOD 0.823945
JPY 179.466158
KES 150.396107
KGS 101.630602
KHR 4704.269752
KMF 492.759271
KPW 1045.952159
KRW 1561.82646
KWD 0.358995
KYD 0.96882
KZT 529.454798
LAK 26067.1574
LBP 104099.580962
LKR 381.459373
LRD 203.37327
LSL 18.572512
LTL 3.431582
LVL 0.702985
LYD 7.376245
MAD 10.894875
MDL 20.024094
MGA 4987.453475
MKD 61.588789
MMK 2440.252121
MNT 4180.357205
MOP 9.387417
MRU 46.766233
MUR 54.494406
MVR 17.96749
MWK 2015.687424
MXN 19.655922
MYR 4.702153
MZN 74.301895
NAD 18.572832
NGN 1536.305885
NIO 42.781916
NOK 10.778644
NPR 175.643454
NZD 1.975414
OMR 0.446859
PAB 1.162119
PEN 3.898753
PGK 5.240505
PHP 72.752962
PKR 322.366446
PLN 4.308903
PYG 6955.116673
QAR 4.247668
RON 5.251023
RSD 117.3384
RUB 100.35455
RWF 1711.098659
SAR 4.364928
SBD 9.297945
SCR 15.933325
SDG 699.043175
SEK 11.159521
SGD 1.471009
SHP 0.861011
SLE 28.64689
SLL 24370.095374
SOS 664.393622
SRD 43.849205
STD 24054.545402
STN 24.507037
SVC 10.172358
SYP 15110.517153
SZL 18.575413
THB 38.192309
TJS 10.714872
TMT 4.06759
TND 3.391855
TOP 2.798223
TRY 56.287202
TTD 7.869463
TWD 36.646431
TZS 3073.974524
UAH 51.78069
UGX 4387.07054
USD 1.162169
UYU 46.780752
UZS 13711.054751
VES 937.146216
VND 30236.142718
VUV 137.097747
WST 3.158909
XAF 656.148219
XAG 0.017634
XAU 0.000263
XCD 3.14082
XCG 2.095092
XDR 0.821714
XOF 656.15669
XPF 119.331742
YER 275.433763
ZAR 18.564274
ZMK 10460.940695
ZMW 22.232383
ZWL 374.217843
  • AEX

    0.5600

    1114.04

    +0.05%

  • BEL20

    -47.9900

    5804.76

    -0.82%

  • PX1

    1.6600

    8280.11

    +0.02%

  • ISEQ

    -92.8900

    14420.98

    -0.64%

  • OSEBX

    2.7300

    2106.26

    +0.13%

  • PSI20

    41.3100

    9429.94

    +0.44%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -94.5600

    4830.64

    -1.92%

  • N150

    -10.3400

    4299.77

    -0.24%

Dix ans après le carnage d'Utøya, Breivik demande sa libération et fait son show
Dix ans après le carnage d'Utøya, Breivik demande sa libération et fait son show

Dix ans après le carnage d'Utøya, Breivik demande sa libération et fait son show

Salut hitlérien, longue tirade décousue... Plaidant pour sa libération dix ans seulement après avoir tué 77 personnes en Norvège, l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik a transformé mardi une procédure judiciaire a priori vouée à l'échec en tribune idéologique comme le redoutaient les familles de ses victimes.

Taille du texte:

Devant trois magistrats siégeant, pour des raisons de sécurité, dans le gymnase de la prison de Skien (sud) où il est incarcéré, l'extrémiste de 42 ans a une nouvelle fois dit se démarquer de la violence et assuré qu'il ne pouvait être tenu pour responsable de ses attaques, invoquant un "lavage de cerveau" par sa mouvance.

Ses propos n'ont convaincu ni experts ni rescapés de la tuerie ni proches des victimes qui redoutaient que cette procédure de trois jours, retransmise avec un léger différé par certains médias, ne lui serve de plateforme.

Le 22 juillet 2011, Breivik avait fait exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, faisant huit victimes, puis tué 69 autres personnes, des adolescents pour la plupart, en ouvrant le feu sur un camp d'été de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utøya.

En 2012, il avait été condamné à 21 ans de prison avec possibilité d'extension, assortis d'une peine minimale de dix ans -- le maximum à l'époque.

D'emblée, il a conforté les craintes mardi: crâne rasé et bouc soigné, il est entré dans le prétoire avec un écriteau "Cessez votre génocide contre nos nations blanches" en anglais sur sa mallette et son costume sombre, et fait un salut nazi à l'arrivée des trois juges.

Lors d'une longue intervention, il a ensuite affirmé n'avoir été qu'un simple "fantassin" du mouvement néonazi Blood & Honour à qui il a imputé la responsabilité des attaques, n'endossant, lui, que celle de s'être laissé radicaliser.

Donnant sa "parole d'honneur" que la violence, en ce qui le concerne, relevait du passé, il a dit vouloir continuer son combat pour le national-socialisme de façon pacifique, tout en se déclarant prêt à renoncer à tout engagement politique si la Cour le lui demandait.

- "Maintenir l'illusion" -

"Il ne fait aucun doute qu'il assume ce qu'il a fait même s'il essaie de prendre ses distances", a commenté Tore Bjørgo, directeur du Centre de recherche sur l'extrémisme de droite (C-REX) de l'université d'Oslo.

"Il dit ce qu'il doit dire pour maintenir l'illusion d'une libération conditionnelle mais a vendu la mèche plus tôt quand il a justifié les crimes", a-t-il expliqué à l'AFP.

Dans la matinée, alors que la procureure Hulda Karlsdottir égrenait la longue liste des victimes et les circonstances dans lesquelles elles étaient mortes, Breivik l'avait interrompue, affirmant que "72% d'entre eux étaient des cadres du parti travailliste".

Dans sa tentative de se disculper, parfois déconcertante au point de soulever des rires dans l'assistance, l'extrémiste a disséqué son processus de radicalisation, l'occasion pour lui de tenir un laïus idéologique, rarement interrompu par le juge, où il a longuement parlé de "guerre culturelle" et de "white power".

La publicité qui lui a été accordée a scandalisé rescapés et familles.

"Ce n'est pas parce que c'est +scandaleux+ ou +douloureux+ que j'estime que Breivik ne devrait pas être diffusé à la télé", a tweeté Elin L'Estrange, qui avait survécu aux attaques. "C'est parce qu'il est un symbole de l'extrême droite qui a déjà inspiré plusieurs autres tueries de masse".

- "Je ne veux pas qu'il sorte" -

Dans un pays qui n'avait pas connu de crime aussi violent depuis la Seconde Guerre mondiale, la demande de libération conditionnelle n'a, de l'avis général, aucune chance d'aboutir.

Mais elle est considérée comme un test que l'Etat de droit - que Breivik avait tenté de détruire - doit surmonter en traitant l'extrémiste comme tout autre justiciable.

En 2016, Breivik, qui dispose en prison de trois cellules, d'une télévision avec lecteur DVD et console de jeux et d'une machine à écrire, avait réussi à faire condamner l'Etat pour traitement "inhumain" et "dégradant" en raison de son maintien à l'écart des autres détenus. Le jugement avait été cassé en appel.

Ce n'est pas la première fois que Breivik dit renoncer à la violence. Il a tenu dans le passé de tels propos dans les prétoires ou des courriers, notamment à l'AFP, se comparant même à Nelson Mandela.

Ses attaques ont inspiré d'autres attentats, dont celui de Christchurch en Nouvelle-Zélande en 2019, et projets d'attentats à travers le monde.

En amont de l'audience, le groupe de soutien aux familles des victimes avait dit "encourager à accorder aussi peu d'attention que possible au terroriste et à son message".

Le père de l'extrémiste, Jens Breivik, qui n'a plus de contacts avec son fils depuis l'adolescence de celui-ci, a qualifié la procédure d'"absurde".

"Car Anders ne sortira pas", a-t-il dit au journal allemand Bild. "Probablement pas pendant les vingt prochaines années. Je ne veux pas qu'il sorte".

E.Schneyder--NZN