Zürcher Nachrichten - En France, début de fouilles historiques sur les traces de tombes d'enfants harkis

EUR -
AED 3.926625
AFN 75.528122
ALL 100.108221
AMD 414.096262
ANG 1.922661
AOA 913.501634
ARS 967.465122
AUD 1.609315
AWG 1.924289
AZN 1.811959
BAM 1.953424
BBD 2.15398
BDT 125.347518
BGN 1.955751
BHD 0.40251
BIF 3067.568382
BMD 1.06905
BND 1.445342
BOB 7.371033
BRL 5.807188
BSD 1.066802
BTN 89.083133
BWP 14.37751
BYN 3.491153
BYR 20953.37076
BZD 2.150284
CAD 1.463848
CDF 3046.790887
CHF 0.955267
CLF 0.036032
CLP 994.223552
CNY 7.762687
CNH 7.793205
COP 4450.785733
CRC 557.621668
CUC 1.06905
CUP 28.329813
CVE 110.131028
CZK 24.924866
DJF 189.938944
DKK 7.460415
DOP 62.963407
DZD 143.622287
EGP 51.015364
ERN 16.035743
ETB 61.55482
FJD 2.39761
FKP 0.838778
GBP 0.845458
GEL 2.998724
GGP 0.838778
GHS 16.162339
GIP 0.838778
GMD 72.428273
GNF 9183.828108
GTQ 8.27793
GYD 223.058655
HKD 8.344306
HNL 26.3879
HRK 7.503058
HTG 141.397993
HUF 396.387507
IDR 17615.31706
ILS 4.019509
IMP 0.838778
INR 89.332932
IQD 1397.499977
IRR 44993.621235
ISK 149.027011
JEP 0.838778
JMD 166.137897
JOD 0.757636
JPY 170.773212
KES 138.151942
KGS 92.749347
KHR 4397.650371
KMF 492.350363
KPW 962.144716
KRW 1485.326897
KWD 0.327931
KYD 0.889019
KZT 496.525989
LAK 23450.473099
LBP 95530.988995
LKR 325.753729
LRD 207.068107
LSL 19.09617
LTL 3.156626
LVL 0.646658
LYD 5.171709
MAD 10.624376
MDL 19.09577
MGA 4830.124277
MKD 61.460235
MMK 3472.231168
MNT 3688.220978
MOP 8.57417
MRU 42.009896
MUR 50.073912
MVR 16.467751
MWK 1849.649948
MXN 19.382401
MYR 5.038439
MZN 68.093152
NAD 19.09617
NGN 1590.745064
NIO 39.272226
NOK 11.300441
NPR 142.532613
NZD 1.748243
OMR 0.4111
PAB 1.066802
PEN 4.059761
PGK 4.160938
PHP 62.934831
PKR 297.100984
PLN 4.32624
PYG 8030.231429
QAR 3.890867
RON 4.981242
RSD 116.913278
RUB 94.348193
RWF 1400.696089
SAR 4.012445
SBD 9.03822
SCR 15.69348
SDG 642.498583
SEK 11.253724
SGD 1.448349
SHP 1.35069
SLE 24.424898
SLL 22417.436139
SOS 609.658366
SRD 32.923501
STD 22127.166839
SVC 9.334645
SYP 2686.019468
SZL 19.08778
THB 39.266255
TJS 11.340005
TMT 3.752364
TND 3.345131
TOP 2.52269
TRY 35.102235
TTD 7.239194
TWD 34.610105
TZS 2800.293515
UAH 43.14911
UGX 4000.133939
USD 1.06905
UYU 42.018885
UZS 13483.597548
VEF 3872688.07922
VES 38.836384
VND 27212.65575
VUV 126.919672
WST 2.993996
XAF 655.160015
XAG 0.036189
XAU 0.000461
XCD 2.88916
XDR 0.809615
XOF 655.160015
XPF 119.331742
YER 267.636742
ZAR 19.233345
ZMK 9622.72708
ZMW 27.17694
ZWL 344.233512
  • AEX

    -8.5900

    925.23

    -0.92%

  • BEL20

    4.6700

    3894.05

    +0.12%

  • PX1

    -42.9600

    7628.57

    -0.56%

  • ISEQ

    -130.7700

    9414.82

    -1.37%

  • OSEBX

    -2.4000

    1406.98

    -0.17%

  • PSI20

    -80.4800

    6570.47

    -1.21%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    52.9900

    2147.48

    +2.53%

  • N150

    -36.1500

    3342.52

    -1.07%

En France, début de fouilles historiques sur les traces de tombes d'enfants harkis
En France, début de fouilles historiques sur les traces de tombes d'enfants harkis

En France, début de fouilles historiques sur les traces de tombes d'enfants harkis

Plongés dans la solennité du moment, deux archéologues fouillent le sol d'un terrain militaire en France à la recherche de sépultures d'enfants harkis, enterrés indignement il y a 59 ans: des fouilles historiques ont débuté lundi pour sauver de l'oubli ce pan tragique de l'histoire franco-algérienne.

Taille du texte:

Pendant près de 60 ans, une végétation de ronces touffues a enseveli ce champ et bois de chênes de Laudun-L'Ardoise (sud), et enfoui dans le passé les fantômes de ces bébés, morts dans le camp de Harkis voisin de Saint-Maurice-L'Ardoise, enterrés sans sépulture décente dans ce cimetière de fortune présumé.

Délicatement, accroupis des heures au sol, deux archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont entamé lundi ces fouilles à l'aide de truelles et balayettes, a constaté en exclusivité une équipe de l'AFP.

Des peluches, déposées par des anonymes sur les monticules de terre de ce champ récemment débroussaillé, imprègnent le lieu d'émotion.

Les Harkis - Français musulmans recrutés comme auxiliaires de l'armée française pendant la guerre d'indépendance algérienne (1954-1962) - ont été, à l'issue de ce conflit, abandonnés par la France.

Environ 90.000 d'entre eux et leurs familles ont fui l'Algérie et ont été accueillis en France. Plusieurs dizaines de milliers de personnes furent parquées dans des "camps de transit et de reclassement" gérés par l'armée, aux conditions de vie déplorables.

Parmi les personnes décédées dans ces camps, une grande majorité étaient des bébés morts-nés ou des nourrissons, selon le récit de l'historien Abderahmen Moumen et les témoignages de familles révélés en septembre 2020 dans une enquête de l'AFP.

Un double drame car ces dizaines de bébés ont été enterrés à la va-vite par leurs proches ou par des militaires, dans les camps ou à proximité, dans des champs. Avec le temps, les familles de Harkis, relocalisées loin de ces lieux, ont enfoui au plus profond d'elles-mêmes ce passé traumatique.

Entre fin 1962 et 1964, 70 personnes - dont 60 jeunes enfants - décèdent ainsi aux camps de Harkis de Saint-Maurice-l'Ardoise et de Lascours.

Trente-et-une personnes, en grande majorité de très jeunes enfants, sont enterrées à proximité du camp de St-Maurice, selon un registre d'inhumation découvert aux archives par Nadia Ghouafria, fille de Harkis et membre de l'association Aracan.

- "Charge mémorielle" -

L'AFP avait aussi révélé l'existence d'un procès verbal de gendarmerie compromettant, découvert par Mme Ghouafria.

Il atteste que les autorités ont eu connaissance de l'existence de ce cimetière en 1979, mais n'en ont délibérément pas informé les familles alors que les corps ou ossements des enfants auraient encore pu être retrouvés.

C'est la première fois en France que l'Etat demande que de telles fouilles - réclamées par l'Aracan et la "Coordination Harka", créée par le fils de Harkis Hacène Arfi - soient menées.

"Il y a forcément une charge mémorielle importante; on connaît l'histoire de ces familles harkies et la vie qu'elles ont eu dans les camps", déclare à l'AFP Patrice Georges-Zimmermann, responsable des recherches archéologiques à l'Inrap et expert judiciaire.

"Notre mission est de déterminer la présence de sépultures d'enfants ou peut-être d'adultes pour identifier le cimetière", explique M. Georges-Zimmermann.

A terme, "on espère retrouver des squelettes, à condition que l'acidité du sol n'ait pas fait disparaître tout ou partie des squelettes" surtout s'il s'agit de bébé, ajoute M. Georges-Zimmermann.

Pour Pascal Coget, directeur du service départemental à l'Office national des Anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG), il s'agit d'"être sûr que ce cimetière est là" afin de "rendre hommage et justice aux gens qui ont été enterrés ici et à leurs proches".

"Par respect pour la douleur des familles, nous avons choisi de recourir à des archéologues qui sont capables" de faire leurs recherches "et de tout remettre en place de façon à ce que le lieu soit sanctuarisé" éventuellement, a-t-il ajouté.

- "Juste retour" -

L'AFP a pu retrouver des proches de bébés figurant sur le registre d'inhumation, qui déplorent que leurs frère ou soeur aient été "enterrés comme des moins que rien", "cachés" puis "abandonnés".

Malika Tabti, 58 ans, a dû "d'abord porter (sa) soeur avant de porter (sa) vie", car elle a été prénommée comme sa soeur décédée à un an et deux mois en février 1963, vraisemblablement de la rougeole, au camp de St-Maurice, et enterrée ensuite dans le cimetière sauvage.

En 1996, elle s'était rendue, sans succès, dans le secteur pour tenter de retrouver le lieu d'inhumation de sa soeur.

Mais 25 ans plus tard, en lisant un récent reportage de l'AFP annonçant la décision des fouilles, Mme Tabti, 58 ans, a eu un déclic: "ça a été comme une bombe... et comme une forme de libération", explique cette directrice des relations publiques d'une grande association humanitaire française.

"Ce drame, cela fait près de 60 ans et j'en ai encore les larmes aux yeux", dit-elle.

Elle souhaite, si des restes de sa soeur étaient retrouvés, pouvoir "la ramener à côté de là où sont inhumés" ses parents. "Parce que ce serait un juste retour".

L.Muratori--NZN