Zürcher Nachrichten - BNP Paribas accusé à New York d'être complice des violences au Soudan sous Béchir

EUR -
AED 4.244047
AFN 75.115657
ALL 95.983549
AMD 435.352169
ANG 2.068672
AOA 1059.712055
ARS 1610.093984
AUD 1.66648
AWG 2.080132
AZN 1.96655
BAM 1.956526
BBD 2.328024
BDT 142.63294
BGN 1.975327
BHD 0.436326
BIF 3435.00064
BMD 1.155629
BND 1.484619
BOB 7.986722
BRL 5.948663
BSD 1.155809
BTN 107.440554
BWP 15.772513
BYN 3.398076
BYR 22650.326994
BZD 2.324613
CAD 1.607712
CDF 2657.946861
CHF 0.924047
CLF 0.026841
CLP 1059.839127
CNY 7.953732
CNH 7.93515
COP 4255.557303
CRC 536.189735
CUC 1.155629
CUP 30.624167
CVE 110.305942
CZK 24.52499
DJF 205.821941
DKK 7.472591
DOP 70.214846
DZD 153.62581
EGP 63.204003
ERN 17.334434
ETB 180.473719
FJD 2.585948
FKP 0.873259
GBP 0.872633
GEL 3.09726
GGP 0.873259
GHS 12.725448
GIP 0.873259
GMD 84.941528
GNF 10139.763519
GTQ 8.842129
GYD 241.824525
HKD 9.055907
HNL 30.692392
HRK 7.532855
HTG 151.536901
HUF 381.911066
IDR 19720.80766
ILS 3.636371
IMP 0.873259
INR 107.414958
IQD 1514.162003
IRR 1520576.543857
ISK 143.795147
JEP 0.873259
JMD 181.947532
JOD 0.81931
JPY 184.733102
KES 150.555002
KGS 101.059833
KHR 4631.618895
KMF 493.45411
KPW 1040.068784
KRW 1731.58258
KWD 0.357944
KYD 0.963237
KZT 537.107736
LAK 25499.913013
LBP 103504.682448
LKR 364.726952
LRD 212.674336
LSL 19.53185
LTL 3.412272
LVL 0.699028
LYD 7.387742
MAD 10.838723
MDL 20.193058
MGA 4827.687427
MKD 61.641344
MMK 2426.950827
MNT 4129.422177
MOP 9.328261
MRU 45.934049
MUR 54.337876
MVR 17.854673
MWK 2004.20053
MXN 20.517151
MYR 4.658305
MZN 73.91367
NAD 19.53185
NGN 1597.830159
NIO 42.535788
NOK 11.182617
NPR 171.905086
NZD 2.025945
OMR 0.444343
PAB 1.155794
PEN 3.958869
PGK 5.073883
PHP 69.626064
PKR 324.966292
PLN 4.274747
PYG 7494.781796
QAR 4.22575
RON 5.095214
RSD 117.37951
RUB 90.932886
RWF 1688.29011
SAR 4.339472
SBD 9.297312
SCR 15.879664
SDG 694.533323
SEK 10.989742
SGD 1.48464
SHP 0.867021
SLE 28.426387
SLL 24232.973321
SOS 660.530876
SRD 43.163869
STD 23919.185609
STN 24.508673
SVC 10.113754
SYP 127.933396
SZL 19.527332
THB 37.684487
TJS 10.997844
TMT 4.044701
TND 3.401663
TOP 2.782477
TRY 51.551543
TTD 7.842945
TWD 36.946566
TZS 3004.635138
UAH 50.231344
UGX 4340.61108
USD 1.155629
UYU 46.876588
UZS 14101.233875
VES 547.152392
VND 30432.332196
VUV 137.80291
WST 3.196805
XAF 656.186358
XAG 0.016034
XAU 0.000248
XCD 3.123145
XCG 2.083182
XDR 0.816166
XOF 656.197718
XPF 119.331742
YER 275.737398
ZAR 19.527833
ZMK 10402.021828
ZMW 22.394634
ZWL 372.112043
  • AEX

    -5.9500

    969.92

    -0.61%

  • BEL20

    -3.6500

    5212.99

    -0.07%

  • PX1

    -60.5100

    7901.78

    -0.76%

  • ISEQ

    -44.9500

    12103.23

    -0.37%

  • OSEBX

    27.5100

    2080.56

    +1.34%

  • PSI20

    -13.1200

    9356.45

    -0.14%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -5.3900

    3848.16

    -0.14%

  • N150

    -2.3700

    3940.85

    -0.06%

BNP Paribas accusé à New York d'être complice des violences au Soudan sous Béchir
BNP Paribas accusé à New York d'être complice des violences au Soudan sous Béchir / Photo: Angela Weiss - AFP/Archives

BNP Paribas accusé à New York d'être complice des violences au Soudan sous Béchir

Le jury d'un tribunal civil fédéral de New York va décider si le groupe bancaire français BNP Paribas a contribué à des exactions au Soudan, en facilitant des échanges commerciaux dont les recettes auraient financé l'armée et les milices du régime d'Omar el-Béchir.

Taille du texte:

Le procès, commencé le 9 septembre devant huit jurés, a été intenté par trois Soudanais - deux hommes et une femme sans relation familiale, désormais citoyens américains.

Ils ont raconté avoir été emprisonnés, torturés, battus, brûlés avec des cigarettes, lacérés au couteau, par des soldats soudanais et des miliciens Janjawid - déployée et équipée par Khartoum - tandis que leurs biens étaient volés ou détruits.

"Je n'ai plus aucune famille", a raconté Entesar Osman Kasher, 41 ans, narrant la mort sous ses yeux d'une partie de ses proches et comment, incarcérée, elle a été violée plusieurs fois par jour par des hommes différents.

Abulgasim Suleman Adballa, né en 1976, était agriculteur et éleveur et Turjuman Ramadan Turjuman, né en 1959, était juge puis avocat des droits humains avant sa fuite.

"Il n'y a tout simplement aucun rapport entre le comportement de la banque et ce qui est arrivé aux trois plaignants", avait affirmé Dani James, une avocate de BNP Paribas, en ouverture du procès.

Les plaidoiries finales se sont déroulées jeudi matin en présence des plaignants, suivies par les instructions du juge Alvin Hellerstein avant le début des délibérations du jury.

"Cette affaire très importante a révélé le secret qu'une banque internationale, BNP Paribas, a secouru, protégé, alimenté et soutenu illégalement l'économie d'un dictateur", a lancé jeudi David DiCello, un avocat des plaignants.

Elle a "soutenu un nettoyage ethnique et anéanti l'existence" des plaignants, a-t-il poursuivi. BNP Paribas n'est pas l'unique cause de cette situation, mais "c'est l'une des raisons".

La banque française, active au Soudan de la fin des années 1990 à 2009, a fourni des lettres de crédit dans le cadre de contrats commerciaux (import-export). En cas de défaut de l'acheteur - ce qui n'est jamais arrivé, d'après elle -, le vendeur était sûr d'avoir son argent.

- Pétrodollars -

Les plaignants considèrent qu'en permettant au régime soudanais de commercer et, donc, d'engranger des milliards de dollars de devises étrangères, la banque a contribué à la violence du régime contre une partie de sa population.

Mais, pour la défense, les plaignants n'ont pas prouvé sa responsabilité.

Barry Berke, un avocat du groupe français, a affirmé jeudi que les plaignants auraient subi les mêmes souffrances si BNP Paribas n'avait pas été au Soudan, qui aurait vendu son pétrole sans la banque. Même sans pétrole ni BNP Paribas, le régime aurait violé les droits humains, a soutenu l'avocat.

Détaillant, chronologies à l'appui, les conflits internes depuis l'indépendance du Soudan en 1956 jusqu'à aujourd'hui, M. Berke a souligné que les opérations incriminées étaient autorisées en Europe et que des instances internationales comme le Fonds monétaire international (FMI) collaboraient avec le pays.

Philippe Maillard, actuel directeur des opérations du groupe mais responsable mondial des activités dites Energy, Commodities, Export & Project (ECEP) entre 2006 et 2010, a affirmé au procès que la banque n'avait jamais prêté au Soudan.

Selon lui, les transactions portaient sur des produits agricoles, des matières premières, du pétrole, mais pas d'armes, car BNP Paribas avait dans son code éthique une "interdiction couvrant la totalité des pays".

Le volume total de marchandises garanties par l'ECEP pour le Soudan représente six milliards de dollars, sur toute sa période d'activité.

Selon les Nations unies, entre 2002 à 2008, la guerre a fait 300.000 morts au Darfour (ouest du Soudan) et près de 2,5 millions de déplacés.

Omar el-Béchir, qui a dirigé le Soudan d'une main de fer pendant trois décennies, a été destitué en 2019 et est recherché par la Cour pénale internationale pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Elément atypique du procès: il est jugé en vertu des lois suisses car le Soudan était rattaché à l'ECEP de Genève.

Mais, a écrit l'ambassadeur de Suisse aux Etats-Unis au juge Hellerstein le 2 septembre, les transactions incriminées "étaient légales en Suisse" à l'époque.

Par conséquent, ce procès "remet en question la souveraineté de la Suisse", a-t-il reproché, citant d'autres éléments du dossier "contraires" à la législation suisse sur la responsabilité et l'indemnisation des victimes.

BNP Paribas a reconnu en 2014 devant la justice américaine avoir réalisé des opérations en dollars avec le Soudan, l'Iran et Cuba - trois pays sous embargo américain - entre 2002 et 2012. Elle a dû payer 6,6 milliards d'euros (8,9 milliards de dollars à l'éqoque).

D.Smith--NZN