Zürcher Nachrichten - Au Kenya, des adieux sans honneurs à un des "généraux oubliés" de la lutte pour l'indépendance

EUR -
AED 4.250766
AFN 72.908308
ALL 96.082221
AMD 436.873271
ANG 2.071606
AOA 1061.215153
ARS 1597.838385
AUD 1.645756
AWG 2.085976
AZN 1.97195
BAM 1.955467
BBD 2.330193
BDT 141.96215
BGN 1.978129
BHD 0.433607
BIF 3437.085868
BMD 1.157268
BND 1.479667
BOB 7.994742
BRL 6.149843
BSD 1.156998
BTN 108.163052
BWP 15.776518
BYN 3.510218
BYR 22682.452195
BZD 2.326894
CAD 1.587483
CDF 2632.785049
CHF 0.912279
CLF 0.0272
CLP 1074.002997
CNY 7.969415
CNH 7.992203
COP 4296.46149
CRC 540.405658
CUC 1.157268
CUP 30.667601
CVE 110.924591
CZK 24.475107
DJF 205.670119
DKK 7.473526
DOP 68.279225
DZD 152.783891
EGP 59.986564
ERN 17.35902
ETB 181.865115
FJD 2.562713
FKP 0.866861
GBP 0.867431
GEL 3.142029
GGP 0.866861
GHS 12.620054
GIP 0.866861
GMD 85.063652
GNF 10157.924053
GTQ 8.862453
GYD 242.061925
HKD 9.063434
HNL 30.737487
HRK 7.53787
HTG 151.782191
HUF 393.182241
IDR 19627.264756
ILS 3.598091
IMP 0.866861
INR 108.614171
IQD 1516.02104
IRR 1522530.672291
ISK 143.814137
JEP 0.866861
JMD 181.768268
JOD 0.820549
JPY 184.278148
KES 149.986328
KGS 101.200658
KHR 4640.644962
KMF 494.153828
KPW 1041.484287
KRW 1742.741851
KWD 0.354823
KYD 0.964148
KZT 556.232895
LAK 24863.90272
LBP 103633.347039
LKR 360.916993
LRD 212.214059
LSL 19.685569
LTL 3.417112
LVL 0.70002
LYD 7.38381
MAD 10.832611
MDL 20.148831
MGA 4825.807832
MKD 61.713417
MMK 2430.000094
MNT 4131.070323
MOP 9.33887
MRU 46.441602
MUR 53.81729
MVR 17.8918
MWK 2010.174862
MXN 20.713597
MYR 4.558523
MZN 73.953739
NAD 19.477256
NGN 1569.545119
NIO 42.495316
NOK 11.075049
NPR 173.060536
NZD 1.982642
OMR 0.441597
PAB 1.157018
PEN 4.02618
PGK 4.989851
PHP 69.404876
PKR 323.1135
PLN 4.275585
PYG 7556.680787
QAR 4.217668
RON 5.093719
RSD 117.69304
RUB 95.988502
RWF 1688.453967
SAR 4.345607
SBD 9.317929
SCR 16.627341
SDG 695.518442
SEK 10.812706
SGD 1.484085
SHP 0.868251
SLE 28.439904
SLL 24267.343207
SOS 661.382882
SRD 43.383087
STD 23953.110446
STN 24.89862
SVC 10.123276
SYP 128.185157
SZL 19.477247
THB 37.962609
TJS 11.112752
TMT 4.062011
TND 3.366536
TOP 2.786423
TRY 51.244872
TTD 7.84963
TWD 37.032963
TZS 2993.463438
UAH 50.684352
UGX 4373.236539
USD 1.157268
UYU 46.622062
UZS 14112.88327
VES 526.198902
VND 30450.034804
VUV 137.756939
WST 3.175735
XAF 655.853838
XAG 0.017004
XAU 0.000257
XCD 3.127575
XCG 2.085136
XDR 0.816864
XOF 660.225535
XPF 119.331742
YER 276.128291
ZAR 19.821112
ZMK 10416.804592
ZMW 22.590447
ZWL 372.639814
  • AEX

    -16.0300

    961.62

    -1.64%

  • BEL20

    -88.0900

    4916.79

    -1.76%

  • PX1

    -142.1000

    7665.62

    -1.82%

  • ISEQ

    -203.0200

    11881.24

    -1.68%

  • OSEBX

    -31.9800

    1966.5

    -1.6%

  • PSI20

    -190.5700

    8756.26

    -2.13%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -27.8400

    3634.93

    -0.76%

  • N150

    -58.3500

    3755.58

    -1.53%

Au Kenya, des adieux sans honneurs à un des "généraux oubliés" de la lutte pour l'indépendance
Au Kenya, des adieux sans honneurs à un des "généraux oubliés" de la lutte pour l'indépendance / Photo: SIMON MAINA - AFP

Au Kenya, des adieux sans honneurs à un des "généraux oubliés" de la lutte pour l'indépendance

Emily Kiambati, qui a enterré samedi lors d'une cérémonie modeste son père Christopher Njora Muronyo, un des "généraux oubliés" de l'insurrection Mau Mau dans les années 1950 au Kenya, est amère : ce "héros" est mort à 106 ans sans reconnaissance ni récompense.

Taille du texte:

"Le gouvernement national n’a rien fait pour lui", se désole auprès de l'AFP la quadragénaire pendant les funérailles organisées près de la chaîne montagneuse de l'Aberdare - un des épicentres de l'insurrection, dans le centre du pays - sans haut dignitaire mais avec des centaines de personnes. La famille a dû compter sur des dons pour la cérémonie.

Appelé "général Kiambati", M. Muronyo était l'un des derniers généraux survivants de la lutte menée contre l'autorité coloniale britannique entre 1952 et 1960, étape majeure vers l'indépendance du Kenya en 1963.

Essentiellement issus de la communauté kikuyu vivant dans le centre du pays, les Mau Mau avaient pris les armes aux cris de "La terre et la liberté", lançant depuis les forêts du centre du pays des attaques contre les fermes, habitations et autres installations britanniques.

L'implantation massive de colons dans cette région fertile, un temps surnommée "les hauts plateaux blancs", avait suscité un vif ressentiment dans cette communauté chassée de ses terres.

Selon Wilson Maina Kiambati, 61 ans, son père était un des combattants "les plus agressifs" de la rébellion, durant laquelle il a été emprisonné et blessé, mais il n'a - comme bien d'autres - reçu ni reconnaissance, ni récompense pour son rôle dans l'indépendance.

Le "général" était un proche de l'emblématique leader du mouvement Dedan Kimathi, exécuté par les Britanniques en 1957, relate à l'AFP l'historien kényan Macharia Munene. Mais il fait partie des "généraux oubliés" de la mémoire kényane.

De nombreux vétérans et leurs descendants ont fini leur vie dans la misère, n’ayant jamais récupéré les terres pour lesquelles ils se sont battus.

Être le fils d'un ancien guérillero a été "très difficile, premièrement, à cause de l'extrême pauvreté", souligne M. Kiambati auprès de l'AFP, et aussi de violences liées à un "stress post-traumatique" de son père.

- Milliers de morts -

Les estimations du nombre de Kényans tués durant l'insurrection varient grandement selon les sources. Les plus basses évoquent 10.000 morts. La Commission kényane des droits humains (KHRC), une ONG locale, avance 90.000 morts et estime que 160.000 autres ont été emprisonnés dans des camps où exécutions, tortures et mauvais traitements étaient communs.

En 2013, le Royaume-Uni avait accepté d'indemniser plus de 5.000 Kényans victimes de tortures et de mauvais traitements pendant la révolte, reconnaissant ainsi les abus de l'époque coloniale, et versé près de 20 millions de livres (environ 32 millions de dollars à l'époque, 27 millions d'euros).

Au Kenya, la révolte Mau Mau a longtemps été un tabou.

Le mouvement avait créé des divisions profondes dans le pays, certains Kényans rejoignant le maquis et d'autres servant l'administration coloniale.

Le premier président kényan, Jomo Kenyatta (1894-1978), disait désapprouver leur usage de la violence.

"Au moment de l'indépendance, on craignait fortement qu'avec Kenyatta à sa tête, le mouvement Mau Mau ne se réveille", explique M. Munene. Le président s'est alors efforcé de le "minimiser", et le mouvement a été catégorisé "terroriste" jusqu'au début des années 2000.

- "Trahison" -

La "répression systématique" par le régime des ex-Mau Mau, souvent sanglante, a "dissuadé nombre d'entre eux de révéler leur appartenance au mouvement", explique à l'AFP l'avocat de vétérans Kelvin Kubai, lui-même descendant d'un combattant emprisonné sous Jomo Kenyatta, au pouvoir de 1964 à 1978.

Les Mau Mau "étaient choqués, déçus et désemparés de voir que le gouvernement pour lequel ils avaient combattu et versé leur sang les traquait activement", souligne-t-il, évoquant une "trahison" plus douloureuse "que les balles des forces coloniales".

Wilson Kiambati a enterré son père dans son village de Ngorika, dans le comté de Nyandarua. Le défunt a été mis en terre avec dans le corps trois balles tirées par un bataillon colonial à l'époque de la lutte.

Sur place, Njoroge Kinuthia, un frère d'armes du général âgé de 99 ans, a regretté que "le gouvernement ignore toujours notre souffrance" et lancé un appel aux autorités : "Souvenez-vous des Mau Mau, ils ont presque tous disparu".

L.Zimmermann--NZN