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Les indices européens se reprennent mercredi, profitant d'une baisse des prix du gaz, après deux séances boursières dans le rouge en raison de la flambée des hydrocarbures provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
Vers 11H00 GMT, Francfort prenait 1,60%, Paris 1,10%, Milan 1,41% et Londres 0,50%. Le Stoxx Europe 600, qui rassemble les 600 plus grosses capitalisations du continent, prenait 1,32%
L'Europe profite notamment de la baisse des prix du gaz (-6,46% à 50,78 dollars), après sa flambée des deux derniers jours. Depuis le début de l'année, l'hydrocarbure, que le continent importe massivement, grimpe toutefois encore de plus de 80%.
"Les marchés européens pansent leurs plaies", résume Neil Wilson, analyste pour Saxo Markets.
Les indices du Vieux Continent ont connu un début de semaine chaotique, avec notamment mardi, pire séance de plusieurs indices depuis avril 2025 --quand Donald Trump avait instauré des droits de douane massifs aux Etats-Unis.
Sur lundi et mardi, le CAC 40 a perdu plus de 5%, le Dax près de 6% et le FTSE 100 de Londres près de 4%.
C'est la forte hausse du prix des hydrocarbures, en raison des perturbations de l'approvisionnement via le détroit d'Ormuz, où transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial, qui a inquiété les investisseurs.
Ces derniers redoutent un regain d'inflation, et le spectre de la vague inflationniste provoquée par la guerre en Ukraine en 2022 plane.
Toutefois, les déclarations mardi du président Trump sur sa volonté de rétablir le flux pétrolier dans le détroit d'Ormuz permettent de quelque peu "stimuler l'appétit pour les actifs risqués (comme les actions NDLR)", selon Kathleen Brooks, analyste pour XTB.
Le président américain a en effet assuré que la marine des Etats-Unis pourrait escorter des pétroliers "si nécessaire" à travers le détroit d'Ormuz, une annonce qui a déjà limité les pertes de Wall Street mardi.
- Pétrole toujours en hausse -
Reste qu'"il est difficile d'envisager une véritable reprise tant que les combats se poursuivent" et les "signes de stabilisation des marchés en Europe peuvent être prématurés", prévient Neil Wilson.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont eux assuré mercredi avoir le "contrôle total" du point de passage.
D'autant que le pétrole est toujours en hausse: le baril de Brent de la mer du Nord gagnait ainsi 1,51% à 82,40 dollars. Il avait dépassé mardi 85 dollars pour la première fois depuis juillet 2024. Le baril WTI nord américain prenait lui 0,84% à 75,19 dollars.
"Les investisseurs seront confrontés aujourd'hui à une multitude d'informations, ce qui devrait maintenir un climat de nervosité sur les marchés", estime Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets.
Mercredi, au cinquième jour de la guerre au Moyen-Orient, Israël a lancé de nouvelles frappes sur l'Iran et le Liban, avec de fortes explosions entendues à Beyrouth.
Téhéran continue en représailles de lancer des missiles contre des cibles américaines et israéliennes dans la région.
- L'Asie dévisse -
La flambée des hydrocarbures a en revanche continué de bousculer mercredi les Bourses asiatiques. L'indice Nikkei à Tokyo a perdu 3,61%, et le Kospi à Séoul a dévissé de 12,06%.
Ces deux places ont été plombées par le secteur de la tech, qui craint la hausse de sa facture énergétique et des taux d'intérêt pour financer ses investissements.
Ailleurs sur le continent, Hong Kong a perdu 1,96% et Shanghai 0,98%. Bombay a plongé de 4,50%. A Dubaï, vers 11H00 GMT, le principal indice perdait 4,72%, et celui d'Abu Dhabi perdait 2,53% après deux jours de fermeture en raison de la guerre.
Côté changes, le dollar, qui avait fortement grimpé ces deux derniers jours comme valeur refuge, restait stable (+0,19%) à 1,1635 dollar pour un euro. L'or, valeur refuge par excellence, prenait 1,89% à 5.185,10 dollars.
A New York, les contrats à terme sur les principaux indices permettaient d'anticiper une ouverture proche de l'équilibre.
H.Roth--NZN