Zürcher Nachrichten - Guerre au Moyen-Orient: l'exécutif au défi de la flambée des prix à la pompe

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Guerre au Moyen-Orient: l'exécutif au défi de la flambée des prix à la pompe
Guerre au Moyen-Orient: l'exécutif au défi de la flambée des prix à la pompe / Photo: Sameer Al-DOUMY - AFP

Guerre au Moyen-Orient: l'exécutif au défi de la flambée des prix à la pompe

Le gouvernement, pressé par les oppositions, cherche la parade face à la flambée des prix à la pompe provoquée par la guerre au Moyen-Orient, mais refuse à ce stade d'envisager des aides publiques pour adoucir la facture en raison du coût pour les finances de l'Etat.

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Le prix du brut s'envolait encore lundi: vers 11H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, grimpait de 14,74% à 106,35 dollars. Il a même flambé de plus de 28% en début de matinée, puis est redescendu après l'annonce d'un recours envisagé aux réserves stratégiques de pétrole par les pays du G7.

Et depuis le début de la guerre, l'essence à la pompe la plus consommée par les Français, le SP95-E10, a pris 10 centimes: vendredi, il se vendait en moyenne 1,82 euro le litre, contre 1,72 le 27 février, la veille des premières frappes israélo-américaines sur l'Iran, selon les chiffres du gouvernement vendredi. Soit presque 6% d'augmentation et une hausse d'environ 5 euros pour le plein de 50 litres d'une petite voiture.

La facture est encore plus lourde pour le gazole, carburant routier le plus consommé: il se vendait vendredi à 1,98 euro le litre en moyenne, contre autour de 1,72 euro le 27 février (+15%).

Devant cette situation qui touche les automobilistes directement au portefeuille, le gouvernement a pour l'instant écarté l'idée de nouvelles aides à l'achat de carburant.

- Tous les scénarios étudiés -

"Aujourd'hui il est trop tôt pour en parler. Je le redis, nous étudions tous les scénarios", a déclaré lundi matin sur RTL la ministre déléguée à l'Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.

Mercredi, elle avait tenu la même ligne, tout en jugeant "précipité" la proposition de la cheffe des députés Rassemblement national (RN) Marine Le Pen de baisser des taxes sur les carburants pour compenser les hausses.

Certains pays d'Asie, très dépendants des hydrocarbures du Golfe, ont, quant à eux, annoncé des mesures pour en limiter l'impact: plafonnement des prix en Corée du sud, fin des taxes douanières au Vietnam, mécanismes d'ajustement à Taïwan...

La ministre a en revanche mis en avant les contrôles prévus entre lundi et mercredi dans les stations-service, "un plan exceptionnel" pour éviter les "hausses abusives des prix à la pompe", qu'avait annoncés dimanche sur X le Premier ministre Sébastien Lecornu.

"Nous recevrons de nouveau les distributeurs en fin de semaine avec Roland Lescure (ministre de l'Economie, ndlr), pour faire un point (...) en fonction des résultats des trois jours à venir", a souligné Mme Bregeon.

"Il y a évidemment des distributeurs qui jouent le jeu. Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier, mais il y a, de toute évidence, (...) des prix qui ont été rehaussés trop tôt" et "dans certains cas des abus", a notamment relevé la ministre.

- Mal au portefeuille -

Au même moment, Jordan Bardella réitérait sur BFM son appel à une baisse "des taxes sur le carburant pour que l'État ne s'enrichisse pas durant la crise et redonne ces gains (...) anormaux liés à un contexte de crise, directement à nos compatriotes".

Mais baisser la TVA et l'accise sur les produits pétroliers (l'ancienne taxe TICPE), est "inconcevable", a déjà averti Mme Bregeon. Car cela entraînerait un trou de près de 20 milliards d'euros dans le budget de l'Etat. Et l'accise "ne dépend pas du prix du carburant", a martelé jeudi le ministère de l'Économie.

Ce jour-là, LFI a réclamé de son côté un "blocage de prix" de l'essence, car "la question du carburant rentre dans le pouvoir d'achat des Français de manière importante, y compris souvent les Français les plus défavorisés".

"Ca fait très mal au portefeuille. Surtout qu'avec ça je fais quoi? Je fais même pas 100km...", témoigne ainsi lundi auprès de l'AFP Yann Grabit, réparateur automobile, interrogé dans une station de Marseille où le prix du gasole s'affiche à 2,16 euros le litre.

A.Ferraro--NZN