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Les pays de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont décidé mercredi de débloquer massivement leurs réserves stratégiques de pétrole pour contrer la flambée des prix, juste avant une réunion des dirigeants du G7 visant à "atténuer" les "conséquences économiques" de la guerre au Moyen-Orient.
"Les pays de l’AIE vont mettre 400 millions de barils de pétrole (...) à la disposition du marché pour compenser la perte d’approvisionnement due à la fermeture effective du détroit" d'Ormuz, dans le Golfe, a annoncé le directeur exécutif de l'agence de l'énergie de l'OCDE, Fatih Birol. Cette décision prise "à l'unanimité" débouche sur "le plus important" déblocage de stocks de son histoire.
Auparavant, le Japon et l'Allemagne avaient pris les devant en annonçant leur décision nationale de puiser dans leurs réserves stratégiques.
Ces 400 millions de barils libérés par l'AIE représentent "environ 20 jours des volumes exportés via le détroit d'Ormuz", a dit Emmanuel Macron à l'ouverture d'une visioconférence avec ses homologues du G7.
Le président français a suggéré à ses partenaires d'appeler les autres pays à "s'abstenir de toute restriction aux exportations de pétrole et de gaz, qui pourraient déstabiliser les marchés".
Il a aussi exhorté Donald Trump et les autres dirigeants des pays membres du G7 à se "coordonner" afin de "rétablir clairement la liberté de navigation", "dès que possible", alors que le détroit d'Ormuz dans le Golfe est de facto impraticable pour l'acheminement d'hydrocarbures.
Emmanuel Macron doit de nouveau s'exprimer publiquement à l'issue de cette réunion.
- Japon et Allemagne en tête -
Il s'agit du premier G7, qui réunit Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon et Canada, au niveau des dirigeants sur ce conflit. Il vise à évoquer "les conséquences économiques" du conflit, et "les mesures pour les atténuer", notamment sur le front énergétique, selon l'Elysée.
La guerre déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, qui mène depuis des représailles contre des cibles dans plusieurs pays de la région, a provoqué la fermeture de facto du détroit d'Ormuz dans le Golfe, par lequel transite, en temps de paix, un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Cette situation a entraîné une forte hausse du cours du baril et donc des prix du carburant à la pompe.
La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a dégainé la première en annonçant que Tokyo avait "décidé de prendre l'initiative d'alléger l'offre et la demande sur le marché international de l'énergie en libérant ses réserves stratégiques dès le 16 de ce mois", c'est-à-dire lundi. Et ce, "sans attendre de décision officielle" de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Presque simultanément, la ministre allemande de l'Economie Katherina Reichedes a déclaré que Berlin libérerait aussi une partie de ses stocks.
Le président français envisageait depuis dimanche de puiser de manière coordonnée dans les stocks stratégiques.
- "Sans précédent" -
A son initiative, il y a eu deux premières réunions préparatoires du G7. Celles des ministres des Finances, lundi, puis de l'Energie, mardi, n'ont pas abouti à une décision définitive.
Les ministres du G7 Energie ont assuré être "prêts" à prendre "toutes les mesures nécessaires", en coordination avec l'Agence internationale de l'énergie (AIE), dans un communiqué publié mercredi, au lendemain de leur entretien. "Nous soutenons en principe la mise en œuvre de mesures proactives pour remédier à la situation, y compris le recours aux réserves stratégiques" de pétrole, ont-ils affirmé.
Selon des informations rapportées mardi par le Wall Street Journal, l'AIE propose un recours "sans précédent" aux réserves stratégiques afin d'enrayer la flambée des prix.
Ce déblocage discuté dépasserait les 182 millions de barils de pétrole mis sur le marché par les pays membres de l'AIE en deux phases en 2022, au moment de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, précise le journal américain des affaires qui cite des responsables proches du dossier. Contactée par l'AFP, l'AIE n'a pas répondu dans l'immédiat.
"Il faut donner un message très clair: si on ne peut pas rouvrir le détroit d'Ormuz, on va le remplacer par d'autre pétrole qui viendra d'ailleurs et qui va circuler dans le monde", a prévenu mercredi Roland Lescure.
Emmanuel Macron et d'autres dirigeants ont dit travailler à des solutions pour sécuriser une future réouverture d'Ormuz, tout en reconnaissant que cela ne serait pas possible tant que la guerre est dans sa phase actuelle de frappes incessantes.
Après plusieurs jours de flambée - jusqu'à près de 120 dollars le baril lundi -, les cours du brut ont chuté mardi à la suite des déclarations de Donald Trump affirmant que la guerre avec l'Iran était "quasiment" terminée. Mercredi, ils remontaient à nouveau.
F.E.Ackermann--NZN