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Le climat est devenu électrique à la reprise de la campagne du second tour des élections municipales, qui sera marquée mercredi soir par un débat télévisé sur le scrutin à Paris devenu un match à trois, après la conclusion d'accords parfois controversés.
Alors que son camp était peu présent dans cette campagne, Emmanuel Macron a mis en garde en conseil des ministres contre les "arrangements des partis" avec les "extrêmes" des deux bords, qui "demeurent dangereux pour la République", selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.
L'Insoumise s'en est pris aussitôt sur X au socialiste, accusé d'avoir cherché à empêcher jusqu'au dernier moment sa participation. "Son oukase contre ma présence au débat est levé grâce à la pression publique sur les réseaux sociaux", a-t-elle affirmé.
Rachida Dati aborde la dernière ligne droite en position de force, désormais seule à représenter la droite, après le ralliement de la liste Horizons-Renaissance de Pierre-Yves Bournazel, même s'il s'est personnellement retiré de la liste. Elle est confortée également par le retrait, "pour chasser la gauche", de la représentante du parti d'extrême droite Reconquête, Sarah Knafo, créditée de plus de 10% au premier tour.
"Les plus de 80.000 électeurs de Mme Knafo, moi, je les entends", a déclaré sur Cnews-Europe 1 Rachida Dati.
- "Probité" -
Un soutien dénoncé à gauche, voire considéré comme un baiser de la mort, à l'instar de l'appui exprimé à son tour par le président du Rassemblement national, Jordan Bardella. "A titre personnel", il a confié qu'il voterait Dati s'il était parisien.
La patronne des Ecologistes Marine Tondelier a ainsi ironisé sur les "arrangements de partis" dénoncés par Emmanuel Macron alors que le président soutient à Marseille "Martine Vassal (qui reprend la devise de Pétain), Rachida Dati (la copine de Sarah Knafo) et Jean-Michel Aulas (qui voulait afficher le portrait d'un fan d'Hitler sur la mairie de Lyon)".
Dans l'équipe d'Emmanuel Grégoire, le communiste Ian Brossat a souligné la "probité" de M. Bournazel alors que Rachida Dati est renvoyée en correctionnelle en septembre pour corruption.
Jeudi soir, ce sont les candidats à Marseille qui débattront. Cette fois c'est le maire sortant, Benoît Payan, à la tête d'une liste de gauche hors LFI, qui a bénéficié du retrait surprise de l'Insoumis Sébastien Delogu tandis que, pour le RN, Franck Allisio doit composer avec le maintien de la LR Martine Vassal, soutenue par Renaissance.
- Zizanie -
Le patron de la droite Bruno Retailleau a lui semé la zizanie à Nice, en retirant son soutien au maire sortant Horizons Christian Estrosi, en très mauvaise posture face à Eric Ciotti allié du RN.
Mais Edouard Philippe (Horizons), Gabriel Attal (Renaissance) et Gérard Larcher (LR) ont renouvelé leur concours au numéro deux d'Horizons, le président LR du Sénat appelant à "respecter" les accords de la droite et du centre.
Le président de LR, qui se voit candidat à la présidentielle pour faire l'union des droites "dans les urnes", a aussi reproché aux responsables RN de "faire gagner la gauche contre la droite" en maintenant ses candidats au second tour, par exemple à Gap, Brest, Fougères, Alençon ou encore Limoges.
Depuis mardi à 18H00, les jeux sont faits: les électeurs appelés aux urnes dimanche connaissent désormais les listes en présence.
Dans certaines villes, le suspense aura toutefois duré jusqu’au bout. À Bordeaux, par exemple, l’économiste Philippe Dessertine a finalement renoncé à se présenter, créant la surprise et laissant le champ libre au candidat macroniste Thomas Cazenave, face au maire écologiste sortant Pierre Hurmic, donnant l'occasion au parti macroniste Renaissance, souvent taxé de parisianisme, de s'implanter localement.
- "Valeurs" -
Parallèlement, Marine Le Pen s'est lancée mercredi dans une tournée de communes du bassin minier du Pas-de-Calais, que le RN espère emporter pour rattraper son échec à Lens.
La formation d'extrême droite est en position de se maintenir dans plus de 260 localités, avec des espoirs de victoire dans le Sud également, renforcés par l'absence de "front républicain".
A gauche également, les positionnements locaux continuent de faire débat. Au Parti socialiste, les tenants d'une rupture totale avec La France insoumise ne décolèrent pas des accords noués à Nantes, Toulouse ou Limoges.
"La politique, ça commence par des valeurs", a répété le député socialiste Jérôme Guedj sur France 2.
Mais à la direction du PS, on minimisait surtout la "percée" Insoumise au regard des chiffres sur l'ensemble du territoire.
O.Pereira--NZN