Zürcher Nachrichten - En Afghanistan, la scolarité de milliers d'élèves brisée par la guerre avec le Pakistan

EUR -
AED 4.126854
AFN 73.041992
ALL 91.264799
AMD 406.843082
ANG 2.011211
AOA 1030.448522
ARS 1696.268254
AUD 1.613608
AWG 2.024095
AZN 1.914779
BAM 1.955046
BBD 2.266626
BDT 138.436605
BGN 1.964067
BHD 0.425636
BIF 3368.300856
BMD 1.123717
BND 1.439645
BOB 13.138932
BRL 5.691742
BSD 1.125366
BTN 106.809804
BWP 15.418053
BYN 3.388993
BYR 22024.845083
BZD 2.263427
CAD 1.590902
CDF 2599.722726
CHF 0.928113
CLF 0.027959
CLP 1100.405577
CNY 7.519017
CNH 7.51396
COP 3566.624364
CRC 511.402753
CUC 1.123717
CUP 27.009582
CVE 110.222488
CZK 24.323187
DJF 200.402705
DKK 7.474068
DOP 69.033374
DZD 150.380998
EGP 59.73696
ERN 16.855749
ETB 183.8243
FJD 2.548196
FKP 0.843011
GBP 0.845122
GEL 2.910865
GGP 0.843011
GHS 13.141931
GIP 0.843011
GMD 82.597496
GNF 9900.18153
GTQ 8.598684
GYD 235.449188
HKD 8.819546
HNL 30.211348
HRK 7.533176
HTG 147.373159
HUF 363.309245
IDR 20286.455525
ILS 3.47751
IMP 0.843011
INR 106.714312
IQD 1706.041985
IRR 2018057.337243
ISK 136.172409
JEP 0.843011
JMD 178.891002
JOD 0.79676
JPY 177.564121
KES 146.193614
KGS 98.269447
KHR 4574.235731
KMF 494.435691
KPW 1011.344884
KRW 1499.723823
KWD 0.349274
KYD 0.937838
KZT 509.263579
LAK 25322.23329
LBP 100778.729946
LKR 372.726241
LRD 191.875994
LSL 18.499065
LTL 3.318043
LVL 0.679725
LYD 7.227212
MAD 10.933383
MDL 20.189213
MGA 5065.046427
MKD 61.621233
MMK 2359.646377
MNT 4042.305032
MOP 9.097991
MRU 44.990647
MUR 53.07356
MVR 17.373083
MWK 1951.447333
MXN 20.780783
MYR 4.588364
MZN 71.80968
NAD 18.499065
NGN 1495.90318
NIO 41.414027
NOK 10.594067
NPR 170.896086
NZD 1.985892
OMR 0.429724
PAB 1.125366
PEN 3.871007
PGK 5.110029
PHP 70.778456
PKR 311.536341
PLN 4.369291
PYG 6427.520924
QAR 4.113613
RON 5.315858
RSD 117.384725
RUB 94.543535
RWF 1661.059334
SAR 4.217227
SBD 9.062378
SCR 15.625873
SDG 675.919657
SEK 11.138733
SGD 1.440721
SHP 0.84812
SLE 27.733742
SLL 23563.779889
SOS 643.151938
SRD 42.470311
STD 23258.664553
STN 24.490554
SVC 9.847202
SYP 14610.562695
SZL 18.491868
THB 37.582744
TJS 10.3705
TMT 3.944245
TND 3.357305
TOP 2.70564
TRY 55.639483
TTD 7.640053
TWD 36.468653
TZS 2973.852994
UAH 50.478331
UGX 4648.2072
USD 1.123717
UYU 45.302527
UZS 13566.767338
VES 987.646423
VND 29098.079133
VUV 134.573156
WST 3.132678
XAF 655.957
XAG 0.019723
XAU 0.00026976363
XCD 3.036901
XCG 2.028218
XDR 0.794526
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 265.36608
ZAR 18.534361
ZMK 10114.801761
ZMW 22.53031
ZWL 361.836282
SSP 6470.487369
MXV 2.346356
  • AEX

    10.3100

    1142.88

    +0.91%

  • BEL20

    -5.5900

    5586.04

    -0.1%

  • PX1

    23.0100

    7956.7

    +0.29%

  • ISEQ

    101.4200

    14187.83

    +0.72%

  • OSEBX

    20.1900

    2101.65

    +0.97%

  • PSI20

    94.6800

    9468.47

    +1.01%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -147.7800

    3923.28

    -3.63%

  • N150

    30.3200

    4241.87

    +0.72%

En Afghanistan, la scolarité de milliers d'élèves brisée par la guerre avec le Pakistan
En Afghanistan, la scolarité de milliers d'élèves brisée par la guerre avec le Pakistan / Photo: Wakil KOHSAR - AFP

En Afghanistan, la scolarité de milliers d'élèves brisée par la guerre avec le Pakistan

Une classe au plafond troué par un obus, le laboratoire de sciences jonché d'éclats de verre, une cour de récréation déserte: à Barikot, comme dans d'autres villages de l'est de l'Afghanistan, la guerre avec le Pakistan a brisé la scolarité de milliers d'élèves.

Taille du texte:

Niché sur un versant de l'Hindou Kouch, dans la province de Kunar, Barikot, 8.000 habitants en temps normal, est resté inaccessible plusieurs semaines en raison des risques de bombardements pakistanais. Avec la récente réouverture de la route, une équipe de l'AFP a pu se rendre dans cette localité frontalière désertée par ses résidents.

Les commerces de la rue principale ont leur rideau de fer baissé, certains ne sont plus qu'un tas de gravats.

Dans le complexe qui regroupe école primaire, collège et lycée, règne un silence inhabituel. La poussière recouvre cahiers, livres et plannings accrochés au mur, comme figés depuis un bombardement le 2 avril.

"C'est l'école où j'ai étudié, je me sens trop triste", lâche Ruhollah Khpalwak, commerçant de 23 ans, en montrant les dommages causés, selon lui, par des obus du Pakistan.

Il fait partie des rares personnes encore présentes dans ce village fantôme depuis que le conflit entre les deux pays voisins s'est intensifié le 26 février, faisant des centaines de morts civils en Afghanistan, selon l'ONU.

Islamabad accuse son voisin d'accueillir des combattants du mouvement des talibans pakistanais (TTP) qui ont revendiqué des attaques meurtrières au Pakistan. Les autorités talibanes afghanes démentent. Le 27 février, le gouvernement pakistanais a promis une "guerre ouverte".

- 22 écoles endommagées -

Depuis, "12.000 élèves déplacés ou affectés par le conflit ont besoin d'espaces sécurisés pour apprendre ou de leçons de rattrapage" en Afghanistan, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).

Vingt-deux écoles, dont celle de Barikot, ont été endommagées dans la province de Kunar et "doivent être réhabilitées de manière urgente", ajoute l'OCHA.

Interrogé pour savoir si des activistes du TTP se trouvaient à Barikot, Ruhollah Khpalwak, comme quelques hommes rencontrés dans le village, affirme ne pas savoir.

Faridoon Habibi, pharmacien au centre de santé de Barikot, regrette lui les destructions dans cet établissement désormais fermé qui accueillait des centaines de patients par jour.

L'armée pakistanaise n'a pas répondu aux questions de l'AFP au sujet des accusations selon lesquelles ses troupes ont visé l'école et le centre de santé.

"Les civils et les infrastructures civiles ne doivent pas être visées, ce conflit doit s'arrêter", rappelle Maisam Shafiey, porte-parole de l'ONG Norwegian Refugee Council (NRC), qui aide des milliers de déplacés dans le pays.

- "Besoin de paix" -

"Nous avons besoin de paix", plaide aussi Faridoon Habibi, parce qu'ici, "il y un frère d'un côté et un frère de l'autre", ajoute-t-il en faisant référence à la ligne Durand toute proche qui sépare Pakistan et Afghanistan.

Tracée à l'époque coloniale britannique, elle divise aussi des communautés pachtounes, partageant la même langue et la même culture.

L’Afghanistan ne l'a jamais reconnue. Les habitants de Barikot se considèrent ainsi comme "frères" avec leurs proches voisins pakistanais et blâment Islamabad pour les violences.

Malgré des discussions en Chine début avril, les deux pays ne sont convenus d'aucun cessez-le-feu.

Si les affrontements ont diminué, les habitants de Barikot comme ceux d'autres localités frontalières craignent toujours de rentrer chez eux.

En Afghanistan, 94.000 personnes sont déplacées dont 25.300 dans la seule province de Kunar, selon l'ONU. "La situation humanitaire est terrible", souligne M. Shafiey.

Des milliers de personnes vivent au bord de la rivière Kunar, dans des tentes sommaires assemblées avec des toiles du Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés, des sacs de jute ou des bouts de plastique attachés à des branches d'arbre. La seule source d'eau potable est un puits à une heure de marche aller-retour.

- "Ca me fait pleurer" -

"Les femmes ont beaucoup de problèmes. Cela fait un mois et demi qu'elles vivent dans ces tentes, c'est difficile car nous n'avons pas de toilette, pas d'endroit pour se laver", témoigne Asmatullah Malangzay, 26 ans.

Cet informaticien vit avec son épouse et ses trois enfants dans une petite tente, avec un tapis au sol, quelques coussins et un simple réchaud à gaz pour cuisiner.

"Nous sommes bouleversés parce que les enfants sont privés d'école", ajoute Mohammad Nabi Gujar, ouvrier de 40 ans et père de neuf enfants.

Celles de Marawara, où est le campement, et d'Asadabad, chef-lieu provincial, ont déjà atteint leur nombre maximal d'élèves, relève le directeur du département de l'Information de Kunar Najibullah Hanif.

Les autorités tentent de trouver des solutions, notamment en transférant des familles vers des camps plus organisés créés pour les victimes d'un tremblement de terre meurtrier l'été dernier.

"Ici, les enfants errent dans la saleté et le sable", se lamente Mohammad Amin Shakir, 40 ans, barbe grise soigneusement taillée.

L'homme déplacé lui aussi par le conflit dans une minuscule tente, était principal d'une école primaire qui comptait 200 élèves. D'une voix douce, il confie: "Ca me fait pleurer, ces élèves qui étudiaient, et qui aujourd'hui sont privés d'éducation".

W.Odermatt--NZN