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Des leaders d'extrême droite de toute l'Europe se rassemblent à Milan samedi pour un grand meeting sur l'immigration, la sécurité et contre les règles communautaires, le premier après la défaite majeure de Viktor Orban en Hongrie.
Les "Patriotes pour l'Europe", un groupe politique du Parlement européen, a donné rendez-vous à ses partisans à 15H00 (13H00 GMT) devant le Dôme de Milan, "symbole de la chrétienté", pour cette manifestation baptisée "Sans peur: en Europe, patrons chez nous".
Le Français Jordan Bardella, le Néerlandais Geert Wilders, la Grecque Afroditi Latinopoulou ou le Tchèque Andrej Babis ont été invités par Matteo Salvini, secrétaire de la Ligue (Lega) et vice-président du gouvernement de coalition ultraconservateur de Giorgia Meloni. Les trois premiers ont confirmé leur présence.
Aucun participant n'a encore été annoncé pour représenter l'Espagne, où le parti Vox a fortement progressé, ni pour la Hongrie, où un des représentants clé des Patriotes, Viktor Orban, a été battu début avril.
La présidente du Rassemblement national français Marine Le Pen, venue soutenir en personne Viktor Orban à Budapest avant les élections, y avait souligné que l'année 2027 s'annonçait "absolument fondamentale" avec des "élections majeures" en France, en Italie, en Espagne et en Pologne, qui pourraient donner au camp nationaliste "les moyens de changer radicalement l'avancée de l'Union européenne de l'intérieur".
Un rassemblement des progressistes (avec notamment le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, les chefs d'Etats brésilien Lula et mexicain Claudia Sheinbaum ainsi que le socialiste français Olivier Faure) est prévu en parallèle samedi à Barcelone.
- "Paix" et "sécurité" -
"Paix, travail et sécurité" seront les maîtres mots de la manifestation milanaise, a expliqué Matteo Salvini lors d'une conférence de presse mercredi à Milan. "Nous serons nombreux, colorés, pacifiques, a visage découvert mais déterminés".
Matteo Salvini a répété l'opposition de la Ligue à toute intervention en Iran, au Liban et en Ukraine. Des mesures anti-immigrés comme la fin de l'aide juridictionnelle ou des limites sévères au rassemblement familial seront aussi défendues sur scène.
La Ligue demande également, comme le gouvernement italien, que la Commission européenne autorise les pays de l'Union à déroger aux règles sur les déficits pour aider leurs citoyens et entreprises à traverser la crise de l'énergie ouverte par la guerre au Moyen-Orient.
"Ces règles sont insupportables avec les guerres en cours (...). Certains à Bruxelles vivent sur la planète Mars et on va les faire revenir sur terre samedi, avec les bonnes manières bien sûr", a-t-il lancé.
Si la Commission ne bouge pas sur ce sujet, "on s'organisera tout seuls", a ajouté M. Salvini, qui propose aussi un blocage des prix des carburants en Italie.
Des tracteurs agricoles (contre les traités de libre-échange) et des motards (contre les restrictions de circulation) doivent ouvrir la voie pour une courte manifestation depuis l'est de Milan jusqu'à la place du "Duomo", en plein centre de la capitale économique italienne.
Cette manifestation doit aussi permettre à la Ligue, en perte constante de popularité, de se réaffirmer dans son fief lombard et en Italie. Le parti peut compter sur environ 6-8% des intentions de vote dans les derniers sondages. Il avait obtenu 17,35% des voix aux élections législatives de 2018, et 8,8% à celles de 2022.
La Ligue se fait notamment défier sur sa droite par le parti "Futur national" fondé par un de ses anciens membres, le général Roberto Vannacci.
Plusieurs contre-événements sont organisés samedi à Milan, ville de centre-gauche dans une région de Lombardie très à droite.
Le bureau milanais de Forza Italia, pourtant allié de la Lega au sein du gouvernement italien, prévoit également un événement consacré à "l'engagement social et civique des secondes générations", soit les fils d'immigrés en Italie.
R.Schmid--NZN