Zürcher Nachrichten - Au Salvador, les disparus, grands oubliés de la politique de Bukele

EUR -
AED 4.318859
AFN 75.263776
ALL 95.315279
AMD 438.471794
ANG 2.104906
AOA 1079.568547
ARS 1619.059094
AUD 1.644676
AWG 2.116802
AZN 1.997189
BAM 1.952075
BBD 2.366114
BDT 144.154917
BGN 1.961689
BHD 0.443534
BIF 3499.133541
BMD 1.176001
BND 1.493187
BOB 8.147453
BRL 5.830261
BSD 1.174823
BTN 109.490721
BWP 15.750476
BYN 3.332242
BYR 23049.617741
BZD 2.362721
CAD 1.6064
CDF 2717.737894
CHF 0.918004
CLF 0.026346
CLP 1036.903686
CNY 8.01768
CNH 8.018504
COP 4210.153801
CRC 535.267201
CUC 1.176001
CUP 31.164024
CVE 110.054988
CZK 24.297766
DJF 209.204561
DKK 7.473285
DOP 70.683616
DZD 155.572292
EGP 61.08735
ERN 17.640014
ETB 182.756817
FJD 2.584148
FKP 0.868524
GBP 0.871305
GEL 3.157553
GGP 0.868524
GHS 12.982227
GIP 0.868524
GMD 85.847888
GNF 10307.068679
GTQ 8.988956
GYD 245.790971
HKD 9.209393
HNL 31.214506
HRK 7.53193
HTG 153.834673
HUF 361.930794
IDR 20164.12312
ILS 3.51989
IMP 0.868524
INR 110.042521
IQD 1539.017378
IRR 1555849.19758
ISK 143.202052
JEP 0.868524
JMD 186.099339
JOD 0.833779
JPY 187.267598
KES 151.89651
KGS 102.841223
KHR 4704.722204
KMF 491.56873
KPW 1058.383639
KRW 1730.626562
KWD 0.362514
KYD 0.979003
KZT 547.948074
LAK 25919.767379
LBP 105202.018035
LKR 371.759528
LRD 216.677754
LSL 19.237717
LTL 3.472425
LVL 0.711351
LYD 7.44557
MAD 10.850295
MDL 20.124
MGA 4860.580175
MKD 61.625877
MMK 2469.52519
MNT 4206.71584
MOP 9.475437
MRU 46.885534
MUR 54.531284
MVR 18.168982
MWK 2037.052184
MXN 20.373334
MYR 4.649879
MZN 75.211107
NAD 19.237717
NGN 1584.143744
NIO 43.236392
NOK 10.988006
NPR 175.042766
NZD 1.993104
OMR 0.452194
PAB 1.174858
PEN 4.033603
PGK 5.165056
PHP 70.428928
PKR 327.559688
PLN 4.232104
PYG 7490.483411
QAR 4.283035
RON 5.098431
RSD 117.383732
RUB 87.676421
RWF 1721.064569
SAR 4.411022
SBD 9.453536
SCR 16.058691
SDG 706.777004
SEK 10.77188
SGD 1.496291
SHP 0.878003
SLE 28.988743
SLL 24660.146472
SOS 671.398826
SRD 44.040035
STD 24340.844401
STN 24.452922
SVC 10.279079
SYP 129.997474
SZL 19.232727
THB 37.750781
TJS 11.134358
TMT 4.121883
TND 3.395698
TOP 2.831528
TRY 52.79661
TTD 7.972549
TWD 36.975233
TZS 3071.03818
UAH 51.890636
UGX 4352.694005
USD 1.176001
UYU 46.737575
UZS 14212.456199
VES 565.222621
VND 30961.751831
VUV 138.839483
WST 3.193979
XAF 654.688211
XAG 0.014935
XAU 0.000246
XCD 3.178201
XCG 2.117297
XDR 0.814222
XOF 654.688211
XPF 119.331742
YER 280.652359
ZAR 19.258485
ZMK 10585.415597
ZMW 22.232913
ZWL 378.671812
  • AEX

    5.0100

    1026.96

    +0.49%

  • BEL20

    4.9600

    5516.28

    +0.09%

  • PX1

    19.1600

    8349.88

    +0.23%

  • ISEQ

    23.1200

    12868.28

    +0.18%

  • OSEBX

    8.1200

    1988.19

    +0.41%

  • PSI20

    21.1100

    9198.36

    +0.23%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -71.7100

    4097.23

    -1.72%

  • N150

    19.3600

    4139.44

    +0.47%

Au Salvador, les disparus, grands oubliés de la politique de Bukele
Au Salvador, les disparus, grands oubliés de la politique de Bukele / Photo: STRINGER - AFP

Au Salvador, les disparus, grands oubliés de la politique de Bukele

Il y a quatre ans, le quartier de Tomasa Lopez, perché sur une colline du nord de San Salvador, était encore sous la coupe d'un puissant groupe criminel. Depuis, le président Nayib Bukele est parvenu à en finir avec les gangs qui ont fait disparaître des milliers de personnes dans le pays, mais personne n'aide cette mère à chercher sa fille.

Taille du texte:

Au bord d'un ravin, dans le district de Mejicanos, Mme Lopez, 46 ans, montre du doigt ce qu'elle pense être la fosse clandestine où gisent les restes de Kathya. Cette dernière avait 16 ans quand, il y a dix ans, elle est sortie retrouver une amie au parc. Elle n'est jamais revenue.

Dans son quartier aux ruelles en terre, en partie déserté par les habitants ayant fui la violence du gang Mara Salvatrucha (MS-13), Mme Lopez habite une modeste maison. Des bougies brûlent devant le mur où des photos de Kathya sont accrochées.

"Une façon de la maintenir en vie", dit cette femme vêtue d'un tee-shirt à l'effigie de sa fille. Elle s'est fait tatouer le prénom de Kathya sur l'épaule.

Il y a près d'un an, le président salvadorien Nayib Bukele a assuré que 90% des disparitions dans ce pays d'Amérique centrale étaient des "homicides déguisés".

Cela implique que 200.000 personnes auraient été tuées par les gangs au cours des trois décennies durant lesquelles ils ont terrorisé le pays, et non 120.000 comme estimé jusque-là.

Le dirigeant a instauré en 2022 un régime d'exception qui a conduit à l'arrestation de dizaines de milliers de personnes accusées d'être des membres de gangs.

Cette stratégie a suscité un espoir au sein des familles de disparus. De courte durée.

"Ce sont dix ans de recherche, d'attente d'une réponse de la police, du parquet ou de la médecine légale. Mais pour eux, ceux qui disparaissent cessent d'exister", affirme avec amertume Mme Lopez auprès de l'AFP.

- "Aucune volonté de nous aider" -

Un autre gang, le Barrio 18, a assassiné en 2006 le mari de Carmen Armero. Quinze ans plus tard, il a fait disparaître son fils Herber, un universitaire polyglotte qui prévoyait de se marier.

"Ce que je veux, c'est le retrouver", vivant ou mort, "peu m'importent les coupables", dit d'une voix brisée la sexagénaire dans le salon de sa maison, également à Mejicanos.

Présidente d'un groupe de recherche de personnes disparues, elle affirme que les autorités cachent l'existence de cimetières clandestins afin de ne pas nuire à l'image de "pays sûr" que veut se donner le Salvador de Bukele.

Fernando, vendeur ambulant, la trentaine, a lui disparu en 2022 sur le marché de San Ana, ancien territoire de la MS-13 situé à 65 km de la capitale. Sa mère, Sandra Gallegos, 53 ans, aimerait chaque matin "prendre une pioche et une pelle" pour aller creuser.

Mais "nous ne pouvons pas prendre ce risque", explique Esmeralda Rosales, la sœur de Fernando. "Si la police arrive, elle dira que nous collaborons avec les gangs parce que nous connaissons l'existence de la fosse. Il n'y a aucune volonté de nous aider. Ils se sont concentrés sur les arrestations et non sur la réparation des dommages".

Toute information sur les disparus, qu'ils soient victimes des gangs ou de la guerre civile des années 1980, est confidentielle.

L'AFP n'a pas reçu de réponse à ses demandes auprès du gouvernement, du parquet et de députés de la majorité.

- Effacer les disparus -

Les familles "ont le droit de savoir ce qui est arrivé à leurs proches" et les Etats ont "l'obligation" de répondre, de les tenir informées et de "garantir leur participation" aux recherches, souligne le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans une réponse à l'AFP.

Au Mexique, qui recense plus de 130.000 disparus, principalement à cause du narcotrafic, les familles organisées en collectifs disposent d'un cadre légal pour obliger l'Etat à rechercher les fosses clandestines.

Au Salvador, il y a deux mois, la députée d'opposition Claudia Ortiz a proposé une loi pour obliger l'Etat à enquêter, créer des registres et soutenir les familles de disparus. Le Parlement, contrôlé par Bukele, a refusé d'en débattre.

"Nous avons un gouvernement qui parle de sécurité mais qui oublie des milliers de familles (...), abandonnées par un Etat qui fait disparaître ses disparus", dénonce-t-elle.

Devant une fresque à la mémoire des disparus à l'Université du Salvador, Sandra Gallegos dit trouver sa force auprès son petit-fils de 12 ans, convaincu que son père Fernando va revenir.

"Ma plus grande espérance (...) est de le retrouver vivant. Et s'il n'est plus avec nous, alors de retrouver ses restes, pour avoir un endroit où aller pleurer", dit-elle en écrasant quelques larmes.

Tomasa Lopez, pour sa part, affirme qu'elle continuera "jusqu'à (son) dernier souffle" à chercher sa fille, pour "un jour retrouver et enterrer le peu qu'il restera d'elle". Alors, dit-elle, "nous serons en paix, elle et moi".

T.Furrer--NZN