Zürcher Nachrichten - Aux portes de pays baltes en alerte, la résignation de Russes de Pskov

EUR -
AED 4.112979
AFN 72.796233
ALL 91.501696
AMD 406.322997
ANG 2.005101
AOA 1028.104804
ARS 1698.643109
AUD 1.605188
AWG 2.015891
AZN 1.899275
BAM 1.953105
BBD 2.254239
BDT 138.009564
BGN 1.885352
BHD 0.422792
BIF 3348.774443
BMD 1.11994
BND 1.433178
BOB 13.25747
BRL 5.589284
BSD 1.119231
BTN 108.200349
BWP 15.397204
BYN 3.404811
BYR 21950.816535
BZD 2.251044
CAD 1.596295
CDF 2587.059902
CHF 0.930283
CLF 0.02779
CLP 1093.743926
CNY 7.494804
CNH 7.496848
COP 3588.857709
CRC 510.672535
CUC 1.11994
CUP 26.862334
CVE 110.108639
CZK 24.385845
DJF 199.310527
DKK 7.475127
DOP 67.83337
DZD 150.784329
EGP 58.832666
ERN 16.799094
ETB 181.838831
FJD 2.516785
FKP 0.845981
GBP 0.845683
GEL 2.900213
GGP 0.845981
GHS 13.156317
GIP 0.845981
GMD 82.309792
GNF 9845.974174
GTQ 8.556849
GYD 234.097568
HKD 8.788922
HNL 30.041802
HRK 7.533807
HTG 146.56318
HUF 365.13
IDR 20054.142793
ILS 3.434412
IMP 0.845981
INR 107.275204
IQD 1695.622396
IRR 1992898.9538
ISK 136.811956
JEP 0.845981
JMD 177.64012
JOD 0.794066
JPY 177.328437
KES 145.4015
KGS 97.938946
KHR 4544.627517
KMF 492.77362
KPW 1007.946013
KRW 1495.555983
KWD 0.34838
KYD 0.932705
KZT 508.603647
LAK 25098.806419
LBP 100228.312252
LKR 370.320736
LRD 191.388217
LSL 18.517635
LTL 3.30689
LVL 0.67744
LYD 7.196908
MAD 10.990393
MDL 20.067771
MGA 4990.934858
MKD 61.536791
MMK 2351.901533
MNT 4027.474702
MOP 9.046815
MRU 44.726085
MUR 53.230594
MVR 17.303033
MWK 1940.726724
MXN 20.62655
MYR 4.574284
MZN 71.57557
NAD 18.517882
NGN 1490.930445
NIO 41.191322
NOK 10.711696
NPR 173.119387
NZD 1.998264
OMR 0.430615
PAB 1.119236
PEN 3.838452
PGK 5.074793
PHP 70.347872
PKR 309.936007
PLN 4.387419
PYG 6366.073483
QAR 4.090891
RON 5.33886
RSD 117.423425
RUB 95.304793
RWF 1649.779312
SAR 4.207244
SBD 9.046952
SCR 15.933865
SDG 673.648227
SEK 11.20097
SGD 1.433668
SHP 0.846195
SLE 27.629173
SLL 23484.564751
SOS 639.600296
SRD 42.213327
STD 23180.488967
STN 24.465258
SVC 9.793268
SYP 14561.455213
SZL 18.51404
THB 37.583492
TJS 10.296878
TMT 3.930988
TND 3.340257
TOP 2.696546
TRY 55.256255
TTD 7.603339
TWD 35.74791
TZS 2956.676423
UAH 50.269039
UGX 4576.501096
USD 1.11994
UYU 44.95616
UZS 13319.44239
VES 980.732914
VND 29011.475864
VUV 134.117985
WST 3.119599
XAF 655.957
XAG 0.018407
XAU 0.000267531002
XCD 3.026693
XCG 2.017172
XDR 0.791855
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 264.524434
ZAR 18.487295
ZMK 10080.802307
ZMW 22.244808
ZWL 360.6201
SSP 6448.088034
MXV 2.329494
  • AEX

    2.6000

    1133.54

    +0.23%

  • BEL20

    41.4600

    5496.2

    +0.76%

  • PX1

    20.2900

    7823.63

    +0.26%

  • ISEQ

    98.7000

    14000.78

    +0.71%

  • OSEBX

    -2.2800

    2066.11

    -0.11%

  • PSI20

    34.2900

    9302.14

    +0.37%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    119.7800

    3946.77

    +3.13%

  • N150

    4.1800

    4187.84

    +0.1%

Aux portes de pays baltes en alerte, la résignation de Russes de Pskov
Aux portes de pays baltes en alerte, la résignation de Russes de Pskov / Photo: Olga MALTSEVA - AFP

Aux portes de pays baltes en alerte, la résignation de Russes de Pskov

L'Europe à un jet de pierre mais l'Europe fermée, l'Europe sur le qui-vive: à Pskov, ville russe proche de l'Estonie et de la Lettonie, des habitants disent ignorer les craintes baltes d'une extension du conflit et vivre au présent, en collectant de l'aide pour l'armée en Ukraine.

Taille du texte:

Face aux tours grises et ventrues du Kremlin de Pskov, vieilles de neuf siècles, des pêcheurs jettent leurs lignes dans les eaux sombres de la rivière Velikaïa. Pskov, cité médiévale touristique, a toujours été un avant-poste des terres russes aux frontières occidentales, repoussant les attaques des ordres de chevaliers allemands, livoniens et teutoniques.

"La Russie commence ici", clame - en russe - une inscription en lettres gigantesques posée sur le rivage de cette ville située à une trentaine de kilomètres à vol d'oiseau de la frontière estonienne et à environ 60 km de la Lettonie.

Ioulia Andreïeva, comptable de 52 ans, raconte qu'avant l'offensive russe en Ukraine lancée en 2022, elle se rendait "régulièrement" dans ces deux ex-républiques soviétiques.

Mais, en septembre 2022, l'Estonie a fermé ses frontières aux touristes russes, "en raison de l'agression de la Fédération de Russie contre l'Ukraine", selon un décret gouvernemental.

La Lituanie et la Lettonie ont fait de même.

"Maintenant, nous passons nos vacances dans notre région et je n'éprouve pas de grand regret", affirme Ioulia. "Tout est calme ici, pas de sirènes, pas d'alertes aux drones", contrairement aux zones frontalières de l'Ukraine où les attaques de missiles et de drones sont fréquentes.

"J'aimerais bien qu'on se rapproche de la paix, mais l'opération militaire dure déjà plus que la Seconde Guerre mondiale (de l'URSS contre l'Allemagne nazie entre 1941 et 1945, ndlr) et on n'en voit pas encore la fin", regrette Ioulia.

Une éventuelle extension du conflit vers les pays baltes et l'Europe lui semble relever "du pur fantasme".

-"L'Europe est contre nous"-

Tallinn et l'UE disent tout autre chose.

Les autorités estoniennes affirment que les Russes multiplient les provocations dans la région frontalière, notamment autour de la ville de Narva, dont 95% des habitants ont le russe comme langue maternelle.

Au printemps 2024, des gardes-frontière russes ont retiré les bouées délimitant la frontière sur le fleuve. En décembre dernier, trois autres sont passés brièvement côté estonien, suscitant de nouvelles interrogations sur leurs intentions.

Moscou, de son côté, s'affiche en défenseur de la minorité russophone d'Estonie et vilipende la "folie russophobe croissante" de ce pays balte, membre de l'Otan. Une rhétorique similaire à celle qui avait précédé l’offensive des troupes russes en Ukraine et qui inquiète aujourd'hui les Européens.

Etudiant de Pskov, Ivan Smirnov, 23 ans, se dit "indifférent" à la fermeture des frontières. "Il y a deux ans je suis allé en Egypte. Et avant cela à Cuba", deux pays alliés de la Russie.

Ivan dit "comprendre" les craintes des Européens, mais les juge exagérées. "Nous aussi, nous considérons (les Européens) comme des adversaires. Mais je doute fort qu'on avance vers une Troisième Guerre mondiale".

Parmi les pêcheurs, Sergueï Ivanovitch regrette la fermeture des frontières et fait figure d'exception.

"Nous avons de la famille à Riga (en Lettonie, ndlr). Maintenant, nous ne pouvons plus y aller", raconte-t-il.

En Russie, le mari de sa filleule était chauffeur routier et il a perdu son emploi après la fermeture des routes commerciales via l'Estonie.

Le pêcheur de 65 ans se souvient avec nostalgie de l'époque soviétique lorsqu'il faisait son service militaire en Ukraine et Russes et Ukrainiens étaient "amis".

Aujourd'hui, son regard est amer. "Il n'y a plus d'avenir avec les pays baltes, ni avec l'Ukraine. Nous sommes des ennemis maintenant", dit-il en reprenant l'antienne du Kremlin.

"Toute l'Europe est contre nous. Ils veulent affaiblir la Russie. Tout ça, à cause du pétrole et du gaz" russes.

- Mobilisation à l'arrière -

Comme dans de nombreux endroits en Russie, les habitants de la région de Pskov collectent de l'aide pour les soldats russes et les civils des territoires ukrainiens sous contrôle de Moscou.

Une vingtaine de centres d'aide, publics et privés, fonctionnent dans cette région d'environ 570.000 habitants.

Larissa, 68 ans, fabrique chaque jour dans un de ces centres des filets de camouflage: "Nos neveux et nos fils sont au front et nous voulons les aider".

Aliona Oulianova qui dirige la fondation d'entraide Alt à Pskov évoque des convois de près de 40 tonnes tous les deux mois vers la région de Zaporijjia où les combats continuent: vêtements, médicaments, générateurs.

L'engagement d'Aliona est aussi personnel. Son époux a été récemment blessé sur le front ukrainien et a dû être amputé d'un bras et d'une jambe.

Elle veut augmenter son aide aux hôpitaux de campagne: "J'ai vu comment les chirurgiens arrachent nos gars aux griffes de la mort".

J.Hasler--NZN