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La mère d'une victime présumée de Jérôme B. a fustigé mardi la lenteur avec laquelle sa plainte avait été traitée par la justice, l'avocat de la famille de Lyhanna a pointé le manque de moyens de la justice, comme le "vrai coeur du problème", tandis que le Premier ministre a annoncé des mesures pour tenter d'apaiser la colère.
Devant la presse réunie à Fleurance, l'avocat des parents de Lyhanna, François Roujou de Boubée a énuméré les obstacles qu'il a constatés, nuisant au bon fonctionnement de la justice.
"J'ai vu des gendarmes, des policiers, des magistrats et des greffiers crouler sous les piles de dossiers à traiter, j'ai vu les mêmes se battre pour des post-it ou des ramettes de papier, on en est là", a alerté l'avocat.
Réagissant à l'annonce faite par le garde des Sceaux Gérald Darmanin d'une étude en urgence de 70.000 plaintes impliquant des enfants d'ici le 14 juillet, il y voit "de la poudre de perlimpinpin et espère que personne n'est dupe. C'est impossible à moins de mal faire son travail".
- "hypocrisie" -
De son côté, l'avocat de la mère d'une enfant ayant dénoncé des viols répétés de Jérôme B, sans qu'il soit convoqué, a annoncé qu'il allait porter plainte contre l'Etat pour "faute lourde", le Garde des Sceaux, les procureurs de Toulouse et Auch, les enquêteurs de la gendarmerie, pour "mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne à danger".
Lors dune conférence de presse, Pierre Debuisson a dénoncé "l'hypocrisie" et "les discours d'hommes politiques qui essaient de sauver leur peau". Tout en rendant hommage aux "magistrats passionnés" et "enquêteurs formidables", une grande majorité selon lui. L'avocat toulousain a fustigé quelques "magistrats qui travaillent quatre fois moins que leurs collègues" et "des enquêteurs paresseux".
A ses côtés, retenant ses larmes, sa cliente a dit son incompréhension. "Si je n'avais pas déménagé, cela aurait pu être ma fille", à la place de Lyhanna, a-t-elle ajouté.
Elle avait déposé une plainte en août 2025. C'est en apprenant que Jérôme B. était le principal suspect dans la disparition de Lyhanna qu'elle a alerté les médias.
Si l'identification du corps de Lyhanna a pu être annoncée vendredi, le procureur d'Agen doit encore communiquer les résultats de l'autopsie pratiquée, notamment les causes de la mort.
- Perpétuité -
A l'issue d'une réunion de crise avec plusieurs ministres, le chef du gouvernement Sébastien Lecornu a proposé de renforcer les peines pour les violeurs en série sur mineurs, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de 20 ans actuellement. Concernant les crimes contre les enfants, les actes d’enquête devront être effectués "dans un délai maximal de trois mois", a également proposé le Premier ministre.
Quatre mesures seront au final intégrées "dans dix jours" dans le projet de loi sur la protection des enfants, déjà présenté en conseil des ministres et qui sera examiné par le Parlement le 15 juillet.
Le Premier ministre a également promis d'avancer sur un autre texte d'origine parlementaire, visant à traiter de manière globale ("intégrale") les violences sexistes et sexuelles, soutenu par la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet.
La pression s'accentue sur le gouvernement. Après le courroux exprimé dans plusieurs villes de France par plus de 60.000 manifestants lundi soir contre les dysfonctionnements dans cette affaire, des plaintes vont être déposées visant l'inaction des pouvoirs publics.
Bien qu'il ait rapidement reconnu des "dysfonctionnements accablants", le ministre de la Justice a exclu de démissionner.
Il a été entendu au Sénat dans la matinée avec son collègue de l'Intérieur Laurent Nuñez.
Sébastien Lecornu a, pour sa part, souligné "l'effroi" mais aussi "une incompréhension sur les circonstances" du décès de Lyhanna.
Le Premier ministre a redit sa "confiance" dans "l'ensemble des métiers de justice" après que le Conseil supérieur de la magistrature a déploré le "discrédit jeté sur des milliers de magistrats", répondant aux critiques sur le traitement de l'affaire.
Lyhanna n'est pas la conséquence "d'un dysfonctionnement" mais du "fonctionnement ordinaire de la police et de la justice", a au contraire déploré le député de gauche François Ruffin.
Laurent Nuñez a aussi demandé aux policiers et gendarmes que les affaires de violences sexuelles sur mineurs deviennent prioritaires.
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A.Weber--NZN