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Les Houthis ont revendiqué de nouvelles frappes sur l'Arabie saoudite, notamment sur l'aéroport de la capitale Ryad, tout en démentant mardi avoir cédé du terrain au Yémen aux forces gouvernementales engagées dans une vaste contre-offensive.
Dans ce conflit qui s'est réveillé en juillet après plusieurs années d'accalmie, les combattants pro-iraniens ont mené une percée éclair début septembre, s'emparant du littoral yéménite sur la mer Rouge et renforçant leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb.
Les forces du gouvernement internationalement reconnu ont riposté ces derniers jours avec l'appui aérien de l'Arabie saoudite voisine et affirment avoir repris des zones stratégiques sur la côte, dans cette opération baptisée "Aube du Yémen".
Des déclarations démenties par les Houthis, leur porte-parole militaire Yahya Saree assurant qu'ils "contrôlaient parfaitement toutes leurs avancées sur le terrain".
Des sources militaires des deux bords n'ont elles pas fait état d'évolutions majeures sur les lignes de front.
L'AFP n'était pas en mesure de confirmer dans l'immédiat l'état des positions, dans des zones difficiles d'accès aux journalistes.
- Ciel saoudien "pas sûr" -
Sur le sol saoudien, les Houthis disent avoir visé l'aéroport international de Ryad, à l'aide de drones, de missiles balistiques et de missiles de croisière.
"J'ai vu mes fenêtres trembler", a décrit lundi soir un habitant de la capitale, vivant non loin du site.
Une nouvelle explosion a été entendue mardi dans le nord de la capitale, ont indiqué des résidents à l'AFP.
L'Autorité générale saoudienne de l'aviation civile est restée silencieuse sur Ryad, où l'aéroport est confronté à des fermetures temporaires de son espace aérien, presque quotidiennement, selon des données du site Flightradar24.
Mais elle a fait état de frappes sur d'autres aéroports dans le sud du royaume, signalant trois blessés légers et des dégâts matériels.
Les Houthis ont prévenu les compagnies aériennes que le ciel au-dessus de l'Arabie saoudite n'était "pas sûr" - à l'exception des villes saintes de Médine et La Mecque, qu'ils sont accusés d'avoir visé, ce qu'ils nient.
Les combattants pro-iraniens ont aussi ciblé une raffinerie d'Aramco sur la mer Rouge, alors que l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, est déjà sous pression.
- Turquie et Pakistan en renfort -
Au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique en proie à une grave crise humanitaire, les hostilités se sont intensifiées ces dernières heures entre les deux camps.
Les troupes gouvernementales ont affirmé avoir mené plus de 1.000 frappes, et lancé une offensive sur la capitale Sanaa, aux mains des Houthis depuis 2015.
Elles ont aussi déclaré avoir progressé dans la région de Taëz, grande ville du sud-ouest encerclée par les combattants pro-iraniens. Et proclamé "des victoires sur plusieurs fronts", assurant avoir "repoussé les Houthis hors de la zone de Bab el-Mandeb" et de la ville de Mokha, capturée par le camp adverse le mois dernier.
L'importance de ce détroit s'est accrue avec le verrouillage par l'Iran de celui d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique, après le début de la guerre au Moyen-Orient en février.
Peinant à repousser les attaques des Houthis, Ryad et ses alliés ont demandé à plusieurs reprises du soutien international ces dernières semaines, notamment des Etats-Unis, sans succès jusqu'ici.
Après une réunion à Ryad, la Turquie, le Pakistan et l'Arabie Saoudite se sont mis d'accord en revanche pour passer "immédiatement à la mise en pratique de l'accord de défense mutuelle", signé en août à La Mecque.
Ils ont annoncé leur intention de "fournir les forces et moyens militaires convenus, et les déployer rapidement dans le royaume", selon un communiqué commun.
C'est la première fois que cet accord associant la deuxième armée de l'Otan (la Turquie), la principale puissance du Golfe (Arabie Saoudite) et la seule puissance nucléaire du monde musulman (le Pakistan) est mis en oeuvre.
burs-cd/anb
I.Widmer--NZN