Zürcher Nachrichten - A Bruxelles, Lucie Durocher, fille d'agriculteur chasseuse de fonds

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A Bruxelles, Lucie Durocher, fille d'agriculteur chasseuse de fonds
A Bruxelles, Lucie Durocher, fille d'agriculteur chasseuse de fonds / Photo: CLEMENT MAHOUDEAU - AFP

A Bruxelles, Lucie Durocher, fille d'agriculteur chasseuse de fonds

Fille d'un agriculteur et d'une comptable, quadrilingue, Lucie Durocher incarne le visage de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur dans le coeur bruxellois de l'Europe. Son rôle? Chasser les fonds permettant à des étudiants-infirmiers une expérience à l'étranger ou à l'économie locale de se développer.

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A l'approche des élections européennes, du 6 au 9 juin selon les pays, cette Française de 34 ans, qui maîtrise l'anglais, l'espagnol et l'italien et commence à étudier le néerlandais, aimerait que ses concitoyens réalisent à quel point l'Union européenne (UE) "apporte des choses positives dans le quotidien".

Elle est peut-être une des mieux placées pour en attester, elle qui contribue comme cheffe de la délégation Provence-Alpes Côte d'Azur à Bruxelles à aider universités, entreprises, étudiants ou communes à obtenir de l'argent européen pour réaliser rêves et projets.

Sur le papier rien ne la prédestinait à oeuvrer au côté d'Européens de 27 pays. "Mon père avait une exploitation laitière et ma mère était comptable dans une agence de voyage", à Combourtillé, village breton de 600 habitants, "un univers assez différent de celui que je côtoie aujourd'hui".

Mais dans la famille, les grands-parents voient l'Europe positivement et les parents suivent l'actualité, sensibles à la situation dans d'autres pays.

Son premier souvenir d'Europe, "c'est peut-être bateau, mais c'est le programme Erasmus" qui permet à des milliers d'étudiants de passer un semestre ou une année dans un autre pays européen.

En Espagne, elle rencontre des gens "de tout un tas de nationalités, le côté magique d'Erasmus", dont un Italien qui sera son compagnon plusieurs années.

- Parler l'Européen -

Diplômée d'un master en affaires européennes à l'école de Sciences politiques de Rennes, elle travaille sur des dossiers européens pour le Centre national de recherche scientifique (CNRS) français, avant de rejoindre la délégation Provence-Alpes-Côte d'Azur à Bruxelles.

Le président de cette région de cinq millions d'habitants, Renaud Muselier, qui rappelle que "l'Europe a apporté la paix sur un continent où l'on s'est massacré durant des décennies", a toujours affiché sa volonté d'attirer un maximum d'argent de l'UE sur son territoire.

"Je ne parle pas l'Européen alors je m'entoure d'experts", s'amuse-t-il.

Lucie Durocher et son équipe - cinq chargés de mission au total - repèrent règlements et directives en discussion et alertent en cas de conséquence négative pour la région afin que des modifications puissent être apportées.

Quand des producteurs de lavande de Provence se sont inquiétés de voir leurs huiles essentielles pénalisées par une nouvelle règlementation, ils ont ainsi relayé leurs préoccupations. Un amendement a permis de résoudre le problème.

Ils mènent aussi une chasse aux fonds mis à disposition via des appels à projets ouverts aux 242 régions européennes. Ce "sont des entrées financières très importantes", par exemple 130 millions d'euros déjà au bénéfice d'universités de la région pour la recherche et l'innovation avec le programme Horizon Europe, souligne-t-elle.

Elle aide aussi associations, entreprises ou mairies "à comprendre les attentes de la Commission européenne. On a un rôle de traducteur, de facilitateur" pour le montage des dossiers, souvent complexes, explique-t-elle.

Et s'enorgueillit d'avoir défendu un projet régional qui permet aujourd'hui à des étudiants-infirmiers de bénéficier d'une bourse pour une expérience à l'étranger.

- Connaître et comprendre -

Sophie Gottardi, étudiante à l'Institut des soins infirmiers (Ifsi) de Martigues, petite ville à l'ouest de Marseille, a effectué un stage de deux mois en Belgique dans un service accueillant des adolescents atteints de troubles psychiatriques.

"J'ai pu devenir beaucoup plus autonome", avoir "une ouverture sur le monde. Ca aide aussi à gagner confiance en soi parce qu'on développe des ressources que parfois on n'imagine pas", raconte-t-elle à l'AFP.

"Sans la bourse, je n'aurais pas pu partir", poursuit-elle, avouant n'avoir jamais réalisé que derrière cette opportunité se cachent des personnes, comme Lucie, occupées à traquer fonds et projets.

Lucie et ses collègues ne sont pas qu'en concurrence avec les autres pays. Ils montent aussi des partenariats, par exemple pour travailler sur des solutions améliorant la sécurité des gares avec les Pays-Bas, l'Espagne, la Grèce, la Pologne....

Si elle retient une chose de son travail en Europe, c'est "l'écoute". "On doit apprendre à se connaître, faire un pas de côté pour se comprendre" entre gens de cultures et d'environnements différents et "construire quelque chose ensemble".

F.Schneider--NZN