Zürcher Nachrichten - Dix ans après Ebola, la Sierra Leone combat une autre fièvre tueuse

EUR -
AED 4.186804
AFN 72.962441
ALL 94.259056
AMD 418.549568
ANG 2.041136
AOA 1045.418899
ARS 1684.10666
AUD 1.651889
AWG 2.052077
AZN 1.936931
BAM 1.955487
BBD 2.296633
BDT 140.257564
BGN 1.927676
BHD 0.429931
BIF 3386.658257
BMD 1.140043
BND 1.475464
BOB 7.880051
BRL 5.900179
BSD 1.140318
BTN 107.028002
BWP 15.497201
BYN 3.307171
BYR 22344.835632
BZD 2.293293
CAD 1.616934
CDF 2587.896628
CHF 0.921609
CLF 0.026661
CLP 1049.283409
CNY 7.756679
CNH 7.75807
COP 3917.562706
CRC 517.717184
CUC 1.140043
CUP 30.21113
CVE 110.246881
CZK 24.264557
DJF 203.065532
DKK 7.474507
DOP 66.999283
DZD 151.982519
EGP 56.441918
ERN 17.10064
ETB 183.847154
FJD 2.583449
FKP 0.86269
GBP 0.862499
GEL 3.015381
GGP 0.86269
GHS 12.857451
GIP 0.86269
GMD 83.222763
GNF 9991.401736
GTQ 8.699608
GYD 238.651244
HKD 8.940488
HNL 30.510119
HRK 7.535342
HTG 149.03616
HUF 354.147428
IDR 20362.5295
ILS 3.418629
IMP 0.86269
INR 107.599675
IQD 1493.761052
IRR 1567615.623977
ISK 143.998889
JEP 0.86269
JMD 179.591272
JOD 0.808274
JPY 184.289059
KES 147.646835
KGS 99.696357
KHR 4577.267802
KMF 494.7783
KPW 1026.03877
KRW 1752.35789
KWD 0.35298
KYD 0.95029
KZT 553.271497
LAK 25028.996263
LBP 102117.195723
LKR 383.315495
LRD 207.715883
LSL 18.744002
LTL 3.366249
LVL 0.689601
LYD 7.319797
MAD 10.692496
MDL 20.218652
MGA 4823.143858
MKD 61.655153
MMK 2393.462693
MNT 4081.628965
MOP 9.21159
MRU 45.50872
MUR 54.39115
MVR 17.613684
MWK 1977.361744
MXN 19.968844
MYR 4.661976
MZN 72.849226
NAD 18.744002
NGN 1572.118647
NIO 41.963287
NOK 11.298147
NPR 171.247607
NZD 2.018041
OMR 0.438339
PAB 1.140368
PEN 3.888378
PGK 5.004156
PHP 69.892026
PKR 317.357353
PLN 4.286982
PYG 6959.856149
QAR 4.156517
RON 5.241007
RSD 117.374218
RUB 88.643027
RWF 1670.006102
SAR 4.282215
SBD 9.179569
SCR 16.010093
SDG 684.025293
SEK 11.076665
SGD 1.475445
SHP 0.851157
SLE 28.272923
SLL 23906.128197
SOS 651.724331
SRD 42.546623
STD 23596.580793
STN 24.496082
SVC 9.97736
SYP 126.011304
SZL 18.733003
THB 38.047216
TJS 10.553828
TMT 3.990149
TND 3.379908
TOP 2.74495
TRY 53.154875
TTD 7.749624
TWD 36.346152
TZS 2989.981828
UAH 51.183064
UGX 4185.220382
USD 1.140043
UYU 45.774685
UZS 13697.40965
VES 707.684868
VND 29983.121282
VUV 136.749145
WST 3.175585
XAF 655.852087
XAG 0.019615
XAU 0.000282
XCD 3.081022
XCG 2.055071
XDR 0.816787
XOF 655.849211
XPF 119.331742
YER 272.042682
ZAR 18.768497
ZMK 10261.75068
ZMW 20.541075
ZWL 367.093263
  • AEX

    -6.9400

    1060.73

    -0.65%

  • BEL20

    7.4500

    5739.78

    +0.13%

  • PX1

    -46.3700

    8384.87

    -0.55%

  • ISEQ

    -103.9100

    13938.48

    -0.74%

  • OSEBX

    -15.5200

    1900.57

    -0.81%

  • PSI20

    -21.0600

    9136.18

    -0.23%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    42.8700

    4287.2

    +1.01%

  • N150

    -28.4100

    4149.42

    -0.68%

Dix ans après Ebola, la Sierra Leone combat une autre fièvre tueuse
Dix ans après Ebola, la Sierra Leone combat une autre fièvre tueuse / Photo: JOHN WESSELS - AFP

Dix ans après Ebola, la Sierra Leone combat une autre fièvre tueuse

Fourrageant dans le noir d'une petite maison de terre de l'est de la Sierra Leone, l'écologue James Koninga extirpe de sous un lit défoncé un piège à rats, appareil rudimentaire mais essentiel contre un mal mortel, la fièvre de Lassa.

Taille du texte:

James Koninga, 62 ans, fait partie d'un groupe de chercheurs qui étudient la fièvre de Lassa, maladie hémorragique virale endémique à plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et transmise par les rongeurs. Il en connaît les effets: il y a 30 ans, le virus l'a envoyé, alors jeune scientifique, à l'hopital avec fièvre, diarrhée et maux de tête. Vingt jours de calvaire.

"Je me voyais partir, je me voyais mourir", dit-il.

Il y a dix ans, une autre maladie virale et hémorragique, Ebola, semait la mort et la peur en Afrique de l'Ouest. Partie de Guinée, atteignant la Sierra Leone et le Liberia, l'épidémie, la plus grave depuis la découverte du virus en 1976, a fait plus de 11.000 morts en deux ans.

La Sierra Leone n'a plus connu de cas d'Ebola depuis 2016, en partie grâce à la vaccination.

Les enseignements d'Ebola servent maintenant aux scientifiques dans cet autre combat qu'ils mènent contre la fièvre de Lassa, à commencer par la région de Kenema, la première en Sierra Leone où Ebola fut signalée il y a une décennie.

A 1%, le taux de létalité de la fièvre de Lassa est très éloigné d'Ebola (environ 50% en moyenne selon l'Organisation mondiale de la Santé). Mais il peut atteindre 15% chez les patients atteints de formes sévères.

Les chercheurs sont aux aguets du moindre signe de progression de la maladie. Le nombre de cas stagne, mais ils sont plus largement répandus sur le territoire. Il n'y a pas de vaccin reconnu, les traitements sont limités et les médecins se heurtent, comme avec Ebola, à des obstacles qui font obstruction à une prise en charge précoce, meilleure garantie de guérison.

Surveiller les rongeurs est crucial dans la région de Kenema et des villages reculés comme Mapuma, où opère aujourd'hui James Koninga parmi les habitations sous le couvert d'une forêt dense.

Le virus se transmet à l’homme principalement par contact avec des aliments ou des articles ménagers contaminés par l’urine ou les excréments des rongeurs.

- Vie avec les rats -

"Les rats creusent leurs terriers à l'intérieur des maisons" et y laissent leurs déjections, dit James Koninga, affublé d'un masque et de gants de protection.

"Que les gens reviennent de la brousse avec des plaies et s'allongent sur le lit, et ils risquent d'être infectés".

Proximité de la brousse, constructions en terre, stockage ouvert du grain et de l'eau... Les habitations comme celles de Mapuma sont des "hôtels cinq étoiles" pour les rats, dit Lansana Kanneh, 58 ans, superviseur de terrain à l'hôpital gouvernemental de Kenema (KGH).

"La nourriture est tellement rare pour les gens qu'il leur arrive de manger celle partiellement mangée par les rongeurs", dit-il.

Les poseurs de pièges peuvent capturer 20 rats par jour.

Ils s'assurent d'abord que les rongeurs sont du genre Mastomys, réservoir du virus. Ils procèdent à des prélèvements qui seront analysés. Les rats sont relâchés après une injection qui bloque la transmission du virus.

La fièvre affecte entre 100.000 and 300.000 personnes par an en Afrique de l'Ouest et en tue environ 5.000, selon les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies. Des chiffres probablement inférieurs à la réalité.

Les admissions au service spécialisé de l'hôpital de Kenema, seul centre de traitement dédié en Sierra Leone, ont diminué depuis 10 ans. Mais l'image est trompeuse.

Les malades arrivaient autrefois à la saison sèche, entre novembre et mai, mais désormais, "nous voyons des cas toute l'année", dit le Dr Donald Grant, chef du programme sur la fièvre de Lassa du KGH.

- "Agir maintenant" -

Et la mortalité parmi les hospitalisés a augmenté de façon alarmante pour dépasser 50%.

"Ils passent parfois 24 ou 48 heures à l'hôpital, et puis ils meurent", rapporte Lansana Kanneh.

L’équipe observe une augmentation des cas hors des districts jadis endémiques. Le Dr Grant invoque l'expansion des activités des humains dans la forêt, qui les rapproche des rats.

Détecter le mal au plus tôt est vital. Or les premiers symptômes comme les poussées de fièvre peuvent être confondus avec ceux du paludisme, du choléra ou de la typhoïde. L'éloignement des médecins et plusieurs heures de routes cahoteuses dissuadent de rechercher des soins.

Le souvenir d'Ebola, qui a couté la vie à environ 4.000 Sierra-Léonais, demeure prégnant.

"Les gens croyaient que c'étaient les agents de santé qui transmettaient Ebola", se souvient Lansana Kanneh.

Le docteur Grant espère un vaccin homologué dans les prochaines années. Un vaccin est actuellement dans une phase intermédiaire de tests cliniques sur plusieurs centaines de personnes au Nigeria et au Liberia.

En attendant, le médecin appelle à rester vigilant. Ebola "nous a appris qu'il ne faut pas attendre le point critique où (l'épidémie) nous submergera tous", dit-il. "C'est maintenant qu'il faut agir".

M.J.Baumann--NZN