Zürcher Nachrichten - En Asie centrale, l'essor d'une chirurgie esthétique incontrôlée et dangereuse

EUR -
AED 4.187424
AFN 75.826691
ALL 93.668558
AMD 418.093279
ANG 2.041273
AOA 1046.146607
ARS 1684.955925
AUD 1.628804
AWG 2.052382
AZN 1.934503
BAM 1.952704
BBD 2.296569
BDT 140.58771
BGN 1.958324
BHD 0.429985
BIF 3403.533295
BMD 1.140212
BND 1.470874
BOB 7.894639
BRL 5.802534
BSD 1.140197
BTN 109.675107
BWP 16.289244
BYN 3.297386
BYR 22348.158317
BZD 2.293174
CAD 1.608446
CDF 2575.167888
CHF 0.926707
CLF 0.027078
CLP 1065.722189
CNY 7.714732
CNH 7.717674
COP 3681.973104
CRC 517.282102
CUC 1.140212
CUP 30.215622
CVE 110.68611
CZK 24.189148
DJF 202.638523
DKK 7.475413
DOP 66.358524
DZD 151.886922
EGP 58.172368
ERN 17.103182
ETB 182.861545
FJD 2.558293
FKP 0.849663
GBP 0.852189
GEL 2.98739
GGP 0.849663
GHS 13.215199
GIP 0.849663
GMD 83.235043
GNF 10011.062725
GTQ 8.697248
GYD 238.512877
HKD 8.94075
HNL 30.512502
HRK 7.534508
HTG 149.024371
HUF 362.130209
IDR 20430.321466
ILS 3.476733
IMP 0.849663
INR 109.849465
IQD 1493.677928
IRR 1567991.255527
ISK 142.983955
JEP 0.849663
JMD 180.733442
JOD 0.808439
JPY 186.076977
KES 147.426475
KGS 99.711795
KHR 4606.457436
KMF 492.571413
KPW 1026.191021
KRW 1687.844468
KWD 0.35374
KYD 0.950198
KZT 533.686165
LAK 25825.805609
LBP 102163.009259
LKR 383.483657
LRD 206.891765
LSL 18.767821
LTL 3.36675
LVL 0.689703
LYD 7.291625
MAD 10.710868
MDL 20.062279
MGA 4911.464791
MKD 61.581868
MMK 2393.967298
MNT 4090.160387
MOP 9.207843
MRU 45.720274
MUR 53.886281
MVR 17.615753
MWK 1980.547969
MXN 19.84537
MYR 4.665973
MZN 72.860894
NAD 18.768098
NGN 1573.960515
NIO 41.800388
NOK 10.979348
NPR 175.48054
NZD 1.957425
OMR 0.438414
PAB 1.140192
PEN 3.872731
PGK 5.020923
PHP 70.493622
PKR 316.807792
PLN 4.327794
PYG 6918.06154
QAR 4.156358
RON 5.238594
RSD 117.355169
RUB 89.279779
RWF 1672.691237
SAR 4.281949
SBD 9.20683
SCR 15.271895
SDG 684.688298
SEK 11.064556
SGD 1.473177
SHP 0.851284
SLE 27.76399
SLL 23909.687245
SOS 651.632792
SRD 43.00025
STD 23600.089613
STN 24.742604
SVC 9.977181
SYP 126.030042
SZL 18.768111
THB 38.448023
TJS 10.541286
TMT 3.990743
TND 3.352515
TOP 2.745357
TRY 53.837363
TTD 7.740761
TWD 36.875492
TZS 3007.313004
UAH 51.03628
UGX 4236.301792
USD 1.140212
UYU 45.847508
UZS 13682.545871
VES 839.550185
VND 30004.682965
VUV 136.138453
WST 3.129879
XAF 654.921474
XAG 0.019315
XAU 0.000279
XCD 3.081481
XCG 2.054951
XDR 0.815012
XOF 653.341548
XPF 119.331742
YER 271.997668
ZAR 18.769318
ZMK 10263.276432
ZMW 20.894962
ZWL 367.14785
  • AEX

    6.2200

    1096.74

    +0.57%

  • BEL20

    33.7100

    5652.33

    +0.6%

  • PX1

    24.1800

    8363.14

    +0.29%

  • ISEQ

    230.1900

    13691.82

    +1.71%

  • OSEBX

    17.5800

    1971.02

    +0.9%

  • PSI20

    101.5800

    9171.67

    +1.12%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    38.0100

    4406.87

    +0.87%

  • N150

    6.7400

    4218.22

    +0.16%

En Asie centrale, l'essor d'une chirurgie esthétique incontrôlée et dangereuse
En Asie centrale, l'essor d'une chirurgie esthétique incontrôlée et dangereuse / Photo: Vyacheslav OSELEDKO - AFP

En Asie centrale, l'essor d'une chirurgie esthétique incontrôlée et dangereuse

Après deux grossesses, Diana Tergenbaïeva rêvait de raffermir sa poitrine. Mais elle est sortie de l'opération avec un œdème et une plaie ouverte, un cas symptomatique en Asie centrale, où l'engouement pour la chirurgie esthétique entraîne une multiplication d'interventions ratées, voire mortelles.

Taille du texte:

"J'ai fait un œdème de Quincke avec les médicaments qu'on m'a donnés. Je n'arrivais pas à ouvrir les yeux, ma saturation en oxygène et ma tension avaient chuté", raconte cette quadragénaire à Bichkek, la capitale du Kirghizstan.

Sur les photos qu'elle montre à l'AFP, Mme Tergenbaïeva est méconnaissable, avec un visage enflé et une balafre sous le sein, où "les points de suture ont lâché" trois fois, laissant une "plaie ouverte".

Son chirurgien, arrêté en septembre dernier pour contrebande de médicaments importés illégalement et après les plaintes d'une quarantaine de patientes, a été relâché. L'affaire a été classée et il continue d'exercer. Sollicité par l'AFP, il n'a pas répondu.

"Il aurait dû être emprisonné", dit Mme Tergenbaïeva, alors que de nombreux litiges sont réglés à l'amiable avec les patientes.

"Il se présente comme le meilleur chirurgien du Kirghizstan, mais c'est juste une sorte de +boucher+ du Kirghizstan", déplore-t-elle.

- "Véritable arnaque" -

Le cas de Mme Tergenbaïeva, "attirée par les belles photos sur Instagram" d'opérations réussies, est loin d'être isolé.

Même si les chiffres restent fragmentaires, la médiatisation d'interventions ratées, dont certaines mortelles, se multiplie au Kazakhstan, au Kirghizstan, au Tadjikistan et en Ouzbékistan, libérant la parole des femmes.

La dernière victime en date, une blogueuse kazakhe au million d'abonnés sur Instagram, est morte après une liposuccion mi-mai.

Ces tragédies sont causées par l'absence de réglementation étatique du secteur, l'utilisation de médicaments périmés et la multiplication du nombre de spécialistes autoproclamés, non diplômés et travaillant illégalement, des maux reconnus par les autorités centrasiatiques.

Au Kirghizstan, le ministère de la Santé a confié à l'AFP que la situation était "particulièrement préoccupante à Bichkek et Och (la deuxième ville du pays), où plus de 1.300 entreprises exercent illégalement leur activité" médicale ou pharmaceutique.

Car de nombreux salons de beauté proposent des opérations invasives sans autorisation.

"Beaucoup d'esthéticiennes ont souvent les mains un peu trop libres. Elles pensent avoir appris et, sans être chirurgiennes, pratiquent parfois des actes chirurgicaux", explique à l'AFP Iskender Katchkinbaïev, un chirurgien plastique.

"Toute intervention médicale doit se dérouler dans un cadre médical, en aucun cas dans un bureau", rappelle ce professionnel kirghiz expérimenté.

Le Kirghizstan a commencé à mener des inspections, qui ont déjà conduit à des amendes et à la fermeture de certains locaux qui offraient des procédures invasives sans avoir les permis adéquats ou en utilisant des produits périmés.

Mais ces interventions ont une efficacité inégale.

Sur Instagram ou Tiktok, des influenceuses aux centaines de milliers d'abonnés vantent des cliniques privées ou des salons de beauté à la réputation douteuse.

"Grâce aux nouvelles technologies, on peut enregistrer une courte vidéo" et "on aura dix patientes pour des consultations demain", dit le chirurgien Katchkinbaïev, pour qui "les réseaux sociaux peuvent parfois être une véritable arnaque".

- "Y réfléchir à deux fois" -

Jasmine Karipaeva, une habitante de 27 ans d'Almaty, dans le sud du Kazakhstan, s'est décidée à réaliser une blépharoplastie pour corriger ses paupières après être "tombée sur une vidéo sur TikTok", attirée par des prix bas et un travail qui lui semblait bien fait.

"Il y a une quête des normes européennes. On a l'impression que si l'on se fait des yeux aux paupières ouvertes, ils paraîtront beaux et naturels", dit-elle à l'AFP pour expliquer son opération.

Mais elle exprime immédiatement des regrets: "une paupière est tombante, l'autre reste ouverte. Le médecin s'est rendu compte qu'il avait trop incisé un œil".

"Personne ne peut me rendre mon apparence d'origine car on m'a enlevé beaucoup de graisse et de peau", dit la jeune femme, qui a renoncé à toute action judiciaire.

Un scénario catastrophe qu'a connu l'infirmière kirghize Oksana Tikhaïa, 48 ans, qui souhaitait rehausser une paupière après un léger AVC.

A l'issue de l'opération, l'"ouverture des yeux s'était tellement réduite que je ne pouvais même pas y glisser mon petit doigt".

"Ça fait un an et demi, mais j'ai toujours l'œil qui tire et j'ai constamment envie de forcer pour l'ouvrir", raconte-t-elle à l'AFP.

La quadragénaire "regrette de ne pas avoir consulté les avis et de s'être précipitée chez ce chirurgien".

Diana Tergenbaïeva, qui tente d'obtenir justice après son opération à la poitrine, estime que "les femmes devraient y réfléchir à deux fois avant de succomber au charme de toutes ces beautés d'Instagram et de passer sur le billard".

A.Wyss--NZN