Zürcher Nachrichten - Le tirailleur Oumar Diémé portera en France la flamme de l'olympisme et du souvenir

EUR -
AED 4.353382
AFN 77.05154
ALL 96.6659
AMD 452.980789
ANG 2.12196
AOA 1087.011649
ARS 1715.27374
AUD 1.700138
AWG 2.136683
AZN 2.016962
BAM 1.955717
BBD 2.406598
BDT 146.013807
BGN 1.990725
BHD 0.449081
BIF 3539.949869
BMD 1.1854
BND 1.513236
BOB 8.25665
BRL 6.231058
BSD 1.194849
BTN 109.725346
BWP 15.634337
BYN 3.403256
BYR 23233.834642
BZD 2.403098
CAD 1.611918
CDF 2684.930667
CHF 0.911329
CLF 0.026011
CLP 1027.065402
CNY 8.240602
CNH 8.248669
COP 4350.11551
CRC 591.674907
CUC 1.1854
CUP 31.413093
CVE 110.260324
CZK 24.336607
DJF 212.770976
DKK 7.470147
DOP 75.22681
DZD 154.464449
EGP 55.903629
ERN 17.780996
ETB 185.616528
FJD 2.613392
FKP 0.865856
GBP 0.861451
GEL 3.194656
GGP 0.865856
GHS 13.089445
GIP 0.865856
GMD 86.534664
GNF 10484.555345
GTQ 9.164611
GYD 249.979398
HKD 9.259098
HNL 31.537662
HRK 7.536653
HTG 156.373368
HUF 380.868342
IDR 19883.302315
ILS 3.66336
IMP 0.865856
INR 108.694634
IQD 1565.333613
IRR 49934.963672
ISK 144.986215
JEP 0.865856
JMD 187.242059
JOD 0.840447
JPY 183.458423
KES 154.263458
KGS 103.663312
KHR 4804.796226
KMF 491.940791
KPW 1066.859756
KRW 1719.772596
KWD 0.363823
KYD 0.995758
KZT 600.944514
LAK 25713.909461
LBP 106999.862086
LKR 369.514329
LRD 215.370866
LSL 18.971995
LTL 3.500177
LVL 0.717036
LYD 7.497682
MAD 10.83854
MDL 20.097148
MGA 5339.773538
MKD 61.637386
MMK 2489.728817
MNT 4227.587506
MOP 9.608592
MRU 47.674978
MUR 53.852825
MVR 18.326127
MWK 2071.912129
MXN 20.704153
MYR 4.672852
MZN 75.580739
NAD 18.971995
NGN 1643.533583
NIO 43.968135
NOK 11.414558
NPR 175.560554
NZD 1.959292
OMR 0.458021
PAB 1.194849
PEN 3.994931
PGK 5.114783
PHP 69.837845
PKR 334.292423
PLN 4.212869
PYG 8003.660561
QAR 4.356415
RON 5.097103
RSD 117.395021
RUB 90.53616
RWF 1743.326065
SAR 4.447253
SBD 9.54438
SCR 17.20327
SDG 713.019239
SEK 10.549127
SGD 1.506168
SHP 0.889357
SLE 28.834855
SLL 24857.238699
SOS 682.871039
SRD 45.10505
STD 24535.381029
STN 24.498961
SVC 10.454557
SYP 13110.017057
SZL 18.966196
THB 37.222281
TJS 11.154027
TMT 4.148899
TND 3.433054
TOP 2.854158
TRY 51.401896
TTD 8.112656
TWD 37.456216
TZS 3076.769513
UAH 51.211828
UGX 4271.81883
USD 1.1854
UYU 46.368034
UZS 14607.380494
VES 410.078852
VND 30749.268909
VUV 140.815358
WST 3.213359
XAF 655.929182
XAG 0.014004
XAU 0.000244
XCD 3.203602
XCG 2.153409
XDR 0.815765
XOF 655.929182
XPF 119.331742
YER 282.51038
ZAR 19.104199
ZMK 10670.019447
ZMW 23.449006
ZWL 381.698228
  • AEX

    4.6900

    1001.65

    +0.47%

  • BEL20

    11.8200

    5385.38

    +0.22%

  • PX1

    54.8900

    8126.53

    +0.68%

  • ISEQ

    182.8100

    13147.76

    +1.41%

  • OSEBX

    3.8600

    1760.38

    +0.22%

  • PSI20

    17.2900

    8662.19

    +0.2%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -39.8700

    4028.03

    -0.98%

  • N150

    11.3700

    3930.64

    +0.29%

Le tirailleur Oumar Diémé portera en France la flamme de l'olympisme et du souvenir
Le tirailleur Oumar Diémé portera en France la flamme de l'olympisme et du souvenir / Photo: JOHN WESSELS - AFP

Le tirailleur Oumar Diémé portera en France la flamme de l'olympisme et du souvenir

Dans son village du sud du Sénégal, l'ancien tirailleur Oumar Diémé voit comme un prodige la perspective de porter à plus de 90 ans la flamme olympique en France, lui le "rescapé" des guerres de décolonisation françaises.

Taille du texte:

Elégant dans son boubou vert olive, médailles et décorations sur la poitrine, Oumar Diémé songe à ceux qui ont porté l'uniforme français lors des deux Guerres mondiales ou, comme lui, en Indochine et en Algérie, et qui ne sont pas revenus.

"Beaucoup de collègues (y) sont restés. D'autres sont revenus mutilés (ou) ne sont plus", médite-t-il, silhouette menue surmontée d'un calot bleu auquel est épinglé son grade de sergent.

Une vingtaine d'hommes de Badiana, son village de Casamance, ont servi avec des fortunes diverses dans le corps des tirailleurs sénégalais jusqu'à sa dissolution dans les années 1960, dit-il en français, assis sur une chaise en plastique, entouré des siens à l'ombre des fromagers et des manguiers dont les branches s'entrelacent au-dessus des maisons décaties en banco.

Lui a "eu la baraka", de la chance. "Je suis le seul rescapé. Le choix de ma personne est un miracle", dit-il.

Oumar Diémé fera partie des porteurs de la flamme quand elle traversera la Seine-Saint-Denis fin juillet, peu avant la cérémonie d'ouverture des Jeux programmée le 26. Ce département situé au nord-est de Paris, il y a vécu, dans un foyer à Bondy, avant de revenir en 2023 au Sénégal.

Et les organisateurs du relais de la flamme ont retenu la proposition de l'intégrer émanant du département.

Le président du département de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, parle auprès de l'AFP d'un "travail de mémoire indispensable" car, dit-il "les tirailleurs sénégalais ont trop longtemps été les oubliés de notre mémoire collective".

Oumar Diémé n'avait jamais entendu parler de la flamme. Il a dit oui quand même, mais "compte tenu de mon âge, je voudrais être accompagné par mon fils".

- Rattrapé par l'indépendance -

M. Diémé est un des milliers d'Africains à s'être battus dans le corps des tirailleurs sénégalais, créé en 1857. Ils venaient en fait des colonies françaises en Afrique subsaharienne, et pas seulement du Sénégal.

Il s'est enrôlé le 6 mars 1953 après avoir fui la Gambie voisine où son père l'avait envoyé étudier le Coran parce qu'il le voulait imam, comme lui. Faute d'état-civil, les recruteurs lui ont donné 20 ans. Il pense en avoir au moins un de plus.

La même année, il s'est porté volontaire pour l'Indochine, où la France coloniale soutenue par les Etats-Unis combattait le Viêt Minh indépendantiste soutenu par la Chine. Il avait vu "les gens revenir avec des médailles et des décorations, ça me plaisait".

Là-bas, il a vu tomber 22 hommes de sa compagnie dans une embuscade, raconte-t-il. Il se rappelle aussi comment l'encerclement de Diên Biên Phu l'a empêché d'y arriver avec ses camarades avant la défaite décisive des troupes de l'Union française en 1954.

Rentré au Sénégal, il en est reparti en 1959 pour la guerre d'indépendance de l'Algérie (1954-1962). C'est là qu'il a appris l'indépendance du Sénégal en 1960.

Rapatrié, il a été reversé dans l'armée du Sénégal et a pris sa retraite à 36 ans. Il a été garde à l'Université de Dakar puis coursier dans une banque de la capitale jusqu'en 1988. Puis il s'est établi en France.

- Symbole -

Lui et d'autres anciens tirailleurs vivant à Bondy ont dû à nouveau livrer bataille, à l'Etat français cette fois. Il a fini par obtenir la nationalité française. En 2023, le gouvernement français a accordé aux derniers tirailleurs le droit de continuer à toucher le minimum vieillesse de 950 euros par mois sans devoir passer la moitié de l'année en France.

Les autorités françaises chiffraient alors à 37 le nombre de tirailleurs vivant en France.

Oumar Diémé et d'autres sont rentrés. Depuis, il alterne entre son village natal, où il achève la construction d'une vaste maison en dur, et la capitale où vit une de ses deux épouses et mères de nombreux enfants.

"Je suis très heureux d'être au milieu de ma famille. (En France) j'étais enfermé dans une chambrette de 17 mètres carrés. Je ne voyais personne. Dans ce village, tout le monde m'aime", dit-il, le visage radieux.

Le choix de M. Diémé pour porter la flamme consacre les efforts d'Aïssata Seck, élue de Bondy et présidente d'une association pour la mémoire des tirailleurs.

"C'est un beau symbole, encore plus aujourd’hui avec une actualité extrêmement difficile et la banalisation du racisme sur les réseaux sociaux, cela permet de montrer la richesse et la diversité de la France", dit-elle.

L.Muratori--NZN