Zürcher Nachrichten - Colombie: au coeur du conflit, le rap comme lutte féministe

EUR -
AED 4.296525
AFN 74.874664
ALL 95.983925
AMD 433.927327
ANG 2.09402
AOA 1073.986263
ARS 1629.105392
AUD 1.629005
AWG 2.105854
AZN 1.991712
BAM 1.955473
BBD 2.356632
BDT 143.595337
BGN 1.951544
BHD 0.442226
BIF 3496.56957
BMD 1.169919
BND 1.49265
BOB 8.115641
BRL 5.809352
BSD 1.170069
BTN 111.224372
BWP 15.88334
BYN 3.309646
BYR 22930.413655
BZD 2.353706
CAD 1.592827
CDF 2714.212348
CHF 0.917357
CLF 0.026787
CLP 1054.261312
CNY 7.988499
CNH 7.98712
COP 4278.686497
CRC 532.008626
CUC 1.169919
CUP 31.002855
CVE 110.246536
CZK 24.392052
DJF 208.405097
DKK 7.472384
DOP 69.594365
DZD 155.030644
EGP 62.64893
ERN 17.548786
ETB 182.743994
FJD 2.570193
FKP 0.86132
GBP 0.863675
GEL 3.135592
GGP 0.86132
GHS 13.101806
GIP 0.86132
GMD 85.403651
GNF 10269.236238
GTQ 8.942706
GYD 244.809
HKD 9.164087
HNL 31.104543
HRK 7.536735
HTG 153.133594
HUF 363.328314
IDR 20367.120986
ILS 3.464602
IMP 0.86132
INR 111.326749
IQD 1532.835385
IRR 1537273.650606
ISK 143.864961
JEP 0.86132
JMD 184.339127
JOD 0.829443
JPY 183.836985
KES 151.142186
KGS 102.274909
KHR 4694.213821
KMF 491.365838
KPW 1052.927155
KRW 1722.144058
KWD 0.36044
KYD 0.975237
KZT 542.81909
LAK 25712.693684
LBP 104801.847973
LKR 373.914181
LRD 214.754033
LSL 19.570191
LTL 3.454467
LVL 0.707673
LYD 7.409727
MAD 10.815289
MDL 20.146626
MGA 4875.183513
MKD 61.638112
MMK 2456.537262
MNT 4184.420886
MOP 9.442119
MRU 46.765968
MUR 54.705322
MVR 18.08107
MWK 2029.360126
MXN 20.46323
MYR 4.624737
MZN 74.758461
NAD 19.574122
NGN 1608.90779
NIO 43.054141
NOK 10.82684
NPR 177.956914
NZD 1.987546
OMR 0.449841
PAB 1.170304
PEN 4.104088
PGK 5.089148
PHP 72.211499
PKR 326.072492
PLN 4.256522
PYG 7274.781632
QAR 4.265767
RON 5.198072
RSD 117.406093
RUB 88.385862
RWF 1711.113426
SAR 4.389765
SBD 9.408618
SCR 16.211749
SDG 702.533879
SEK 10.834363
SGD 1.492653
SHP 0.873463
SLE 28.782244
SLL 24532.613328
SOS 668.779419
SRD 43.822825
STD 24214.962568
STN 24.490979
SVC 10.240241
SYP 129.305286
SZL 19.569722
THB 38.17508
TJS 10.954165
TMT 4.100566
TND 3.40513
TOP 2.816885
TRY 52.881418
TTD 7.948669
TWD 37.013835
TZS 3038.869425
UAH 51.564764
UGX 4391.382448
USD 1.169919
UYU 47.132106
UZS 14040.648497
VES 572.02345
VND 30815.083187
VUV 138.961562
WST 3.176551
XAF 655.84716
XAG 0.015893
XAU 0.000256
XCD 3.161765
XCG 2.109247
XDR 0.813831
XOF 655.84716
XPF 119.331742
YER 279.148142
ZAR 19.567423
ZMK 10530.689331
ZMW 21.91433
ZWL 376.713461
  • AEX

    -4.8700

    1009.25

    -0.48%

  • BEL20

    8.5600

    5361.31

    +0.16%

  • PX1

    -72.2200

    8042.59

    -0.89%

  • ISEQ

    167.7500

    12593.36

    +1.35%

  • OSEBX

    12.5200

    2031.14

    +0.62%

  • PSI20

    -105.5900

    9238.34

    -1.13%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    71.6400

    3902.45

    +1.87%

  • N150

    22.4300

    4177.06

    +0.54%

Colombie: au coeur du conflit, le rap comme lutte féministe
Colombie: au coeur du conflit, le rap comme lutte féministe / Photo: Etienne LE PAGE - AFP

Colombie: au coeur du conflit, le rap comme lutte féministe

"Petites, on pensait qu'on pouvait changer le monde" : à Tibu, petite ville rurale du nord-est de la Colombie minée par le narcotrafic et le conflit armé, deux jeunes rappeuses originaires de la région luttent avec leur plume contre la violence des hommes.

Taille du texte:

Sur l'étroite scène d'une salle d'un séminaire local, Sol et Denys, 26 et 30 ans, se saisissent de micros devant un public essentiellement féminin.

"Le vent m'a soufflé un secret à l'oreille : lutte pour toutes tes soeurs", chante Denys, reprise par toute la salle. Depuis 14 ans, ces deux cousines défient la culture machiste dans le Norte de Santander, l'un des départements le plus durement touché par les féminicides en Colombie.

Pour Denys "le rap a été un moyen d'exprimer ce qu'on ressentait, une arme pour affronter les souffrances qu'on voyait".

En 2022, les "Motilonas Rap" ont accédé à la notoriété avec une tournée européenne de 23 dates, couronnée par un passage sur l'une des scènes de la fête de l'Humanité à Paris, devant plusieurs milliers de personnes.

Mais c'est en 2008, grâce à un rappeur venu pour quelques jours à Tibu depuis Medellin, que Denys et Sol découvrent la culture hip-hop.

Les deux cousines n'ont alors que 9 et 13 ans. "On a jamais arrêté de rapper depuis, sans même penser qu'on pouvait en vivre un jour", retrace Sol.

Dans leurs textes, elle dénoncent une culture machiste qu'elles ont connu très jeunes. "Nous avons été témoins de la violence des hommes jusque dans nos familles. Ce n'est pas ce que nous voulions pour nous et aujourd'hui, on essaie de montrer qu'une autre vie est possible pour les femmes d'ici", racontent-elles.

A Tibu, les deux cousines sont aujourd'hui un symbole pour beaucoup de jeunes filles. Dans la rue, des adolescentes les arrêtent, prennent des photos avec elles et profitent de ce moment pour les enlacer.

- "Fierté" -

Depuis les années 90, cette région du Catatumbo, frontalière du Venezuela, est l'un des épicentres du conflit armé en Colombie.

L'Armée de libération nationale (ELN), guérilla guévariste née dans les années 60, contrôle une partie de ce territoire, théâtre par ailleurs de nombreux trafics avec le Venezuela voisin. De laborieuses négociations de paix entre cette rébellion d'extrême-gauche et le gouvernement sont en cours depuis fin 2022, mais les hostilités perdurent.

Entre avril et juin 2021, dans le Norte de Santander, 11 femmes soupçonnées d'être des informatrices de l'armée ont été exécutée par l'ELN.

L'observatoire des féminicides a dénombré 525 victimes en 2023 en Colombie, dont 146 assassinées par des groupes armés.

Avant le contrôle de l'ELN, c'est une milice d'extrême-droite qui à régné jusqu'en 2004 sur Tibu.

En août 1999, une centaine de paramilitaires du groupe des Autodéfenses unies de Colombie (AUC) ont massacré 35 personnes dans le village voisin de La Gabarra.

"Les femmes étaient leur butin de guerre, ils allaient jusqu'à entrer dans les maisons pour violer les épouses des maris qui, s'ils contestaient, risquaient d'être assassinés", raconte Olga Quintero, fondatrice de l'ASCAMCAT, une association de défense des paysans de la région.

Dans la petite salle du séminaire de Tibu, Francy s'est positionnée au premier rang pour écouter chanter les "Motilonas Rap". Cette femme de 52 ans fait partie de l'association des "mères du Catatumbo", créée en 2019 pour aider les femmes de la région exploitées sexuellement ou menacées par les groupes armés. Ce réseau d'entraide regroupe aujourd'hui près de 1.200 femmes.

Régulièrement, elle reçoit des menaces de mort de la guérilla. "Cela ne m'empêche pas de continuer, je préfère ça à ce que plus de femmes meurent", lâche-t-elle dans un sourire.

Le concert touche à sa fin. "Bénies soient les mains de celles qui se battent pour nos droits, la fierté de toutes ces femmes est admirable", chantent ensemble Denys et Sol, dans un ultime hommage aux femmes du Catatumbo.

M.Hug--NZN