Zürcher Nachrichten - Aux Philippines, un cimetière où tentent de survivre les vivants démunis

EUR -
AED 4.248105
AFN 75.770596
ALL 92.762559
AMD 422.720519
ANG 2.0703
AOA 1061.880869
ARS 1706.354669
AUD 1.637736
AWG 2.083564
AZN 1.971037
BAM 1.955432
BBD 2.326962
BDT 141.823334
BGN 1.962242
BHD 0.435718
BIF 3453.950583
BMD 1.156733
BND 1.477822
BOB 13.465468
BRL 6.040925
BSD 1.155383
BTN 110.192281
BWP 15.565073
BYN 3.514139
BYR 22671.957183
BZD 2.323663
CAD 1.60514
CDF 2629.253412
CHF 0.941189
CLF 0.026851
CLP 1056.7913
CNY 7.800083
CNH 7.801606
COP 3603.822404
CRC 519.802266
CUC 1.156733
CUP 30.653411
CVE 110.244272
CZK 24.210763
DJF 205.741316
DKK 7.473191
DOP 67.627285
DZD 152.299364
EGP 57.668157
ERN 17.350988
ETB 186.897659
FJD 2.584377
FKP 0.853399
GBP 0.85516
GEL 3.019524
GGP 0.853399
GHS 12.651621
GIP 0.853399
GMD 85.024294
GNF 10149.091752
GTQ 8.815343
GYD 241.67456
HKD 9.077054
HNL 30.972177
HRK 7.534035
HTG 151.121586
HUF 363.017812
IDR 20622.34285
ILS 3.418265
IMP 0.853399
INR 110.410701
IQD 1513.515426
IRR 1590030.052589
ISK 142.166837
JEP 0.853399
JMD 182.965599
JOD 0.820169
JPY 184.272161
KES 149.331922
KGS 101.156702
KHR 4675.120976
KMF 493.925187
KPW 1041.059598
KRW 1638.639283
KWD 0.357061
KYD 0.962819
KZT 536.1092
LAK 26076.097131
LBP 103462.246866
LKR 384.457714
LRD 209.700572
LSL 18.691186
LTL 3.415531
LVL 0.699696
LYD 7.356617
MAD 10.715985
MDL 20.034233
MGA 4974.064769
MKD 61.513434
MMK 2428.743274
MNT 4161.410395
MOP 9.338444
MRU 46.399276
MUR 54.486429
MVR 17.871955
MWK 2003.423313
MXN 19.69164
MYR 4.726298
MZN 73.927211
NAD 18.691186
NGN 1572.659254
NIO 42.522005
NOK 10.922567
NPR 176.30785
NZD 1.940013
OMR 0.444768
PAB 1.155383
PEN 3.896867
PGK 5.190024
PHP 71.098608
PKR 320.900664
PLN 4.306226
PYG 6934.696128
QAR 4.211808
RON 5.236186
RSD 117.317942
RUB 97.161731
RWF 1698.980555
SAR 4.340955
SBD 9.310058
SCR 16.04431
SDG 694.622124
SEK 11.020235
SGD 1.480159
SHP 0.856984
SLE 28.344188
SLL 24256.10146
SOS 660.275854
SRD 43.926343
STD 23942.02751
STN 24.495394
SVC 10.109099
SYP 15039.835978
SZL 18.688486
THB 38.337629
TJS 10.669694
TMT 4.060131
TND 3.387463
TOP 2.785134
TRY 55.369898
TTD 7.827528
TWD 37.04043
TZS 3061.72433
UAH 51.684982
UGX 4292.192975
USD 1.156733
UYU 46.291296
UZS 13754.413873
VES 890.810236
VND 30246.82002
VUV 137.249116
WST 3.163007
XAF 655.833689
XAG 0.017873
XAU 0.000264
XCD 3.126128
XCG 2.082208
XDR 0.81787
XOF 655.833689
XPF 119.331742
YER 274.381102
ZAR 18.703474
ZMK 10411.984809
ZMW 21.835894
ZWL 372.467396
  • AEX

    -1.7900

    1117.82

    -0.16%

  • BEL20

    -43.9500

    5664.48

    -0.77%

  • PX1

    -13.8400

    8636.8

    -0.16%

  • ISEQ

    -53.2200

    14331.67

    -0.37%

  • OSEBX

    19.4200

    2085.84

    +0.94%

  • PSI20

    0.0000

    9254.52

    0%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -130.9900

    4192.21

    -3.03%

  • N150

    14.3400

    4360.83

    +0.33%

Aux Philippines, un cimetière où tentent de survivre les vivants démunis
Aux Philippines, un cimetière où tentent de survivre les vivants démunis / Photo: Jam STA ROSA - AFP

Aux Philippines, un cimetière où tentent de survivre les vivants démunis

Au détour d'une pierre tombale apparaît la bicoque en bois de Laileah Cuetara. Comme beaucoup de Manillais démunis, sa famille n'a d'autre choix que de vivre chez les morts.

Taille du texte:

Quelque 6.000 personnes peuplent les 54 hectares du cimetière Nord de la capitale philippine, qui a vu passer au moins un million de dépouilles.

Un matelas en mousse, quelques étagères, une télé, des cadres photos, une statue d'ange et un cercueil d'enfant qui sert de table meublent la cabane de Mme Cuetara, 36 ans. Elle vit ici avec son compagnon et leurs deux enfants.

Avec un maigre revenu d'une cinquantaine de dollars mensuels provenant de la vente de bonbons, boissons et biscuits aux visiteurs du cimetière, Laileah Cuetara n'entrevoit pas de porte de sortie.

Et ce, même en comptant la trentaine de dollars qu'elle et son conjoint percevront dimanche pour chacune des 30 tombes dont ils prennent soin toute l'année, une petite prime accordée pour la Toussaint.

"Avec les prix élevés des produits de base ces derniers temps, il est très difficile d'améliorer nos conditions de vie", raconte Mme Cuetara, qui habite dans le cimetière depuis qu'un conflit familial l'a forcée à quitter sa résidence de la banlieue de Manille en 2008.

Selon l'ancien parlementaire Luis Raymund Villafuerte, trois millions de personnes n'ont pas accès à un logement décent dans la zone métropolitaine de Manille. Les Nations unies ont estimé dans un rapport de 2023 que jusqu'à 22 millions d'habitants de l'archipel pourraient être concernés d'ici 2040.

Priscilla Buan, 51 ans, est née dans le cimetière. Elle y a même élevé ses enfants, entre les tombes.

Mais malgré l'ambiance sinistre, ce sont les ordres de démolition qui l'effraient le plus. Et les menaces sont mises à exécution au moins une fois par an.

"Quand nous entendons parler d'un ordre de démolition, on enlève nos affaires (...) On cache (nos appareils) dans un autre mausolée pour qu'ils ne soient pas repérés", explique-t-elle.

Mme Buan et les quatre membres de sa famille dorment sur deux tombes surélevées à l'intérieur d'un mausolée, dont le reste de l'espace est aménagé en salon avec sofa, meuble de rangement et électroménager.

La quinquagénaire, qui fait partie de la troisième génération de résidents du cimetière, vend des snacks et d'autres petites choses par la grille du caveau.

"Même si je le voulais, je n'ai pas assez d'argent pour acheter une maison".

- Hausse de la population -

Vicente Eliver, de la Fondation Kapatiran-Kaularan, note une hausse "préoccupante" des habitants de cimetières, où vivaient naguère les fossoyeurs avec leurs familles. Et personne d'autre.

"Mais leurs enfants se sont mariés, ont eu des enfants et des petits-enfants qui ont aussi décidé de vivre" là, indique à l'AFP M. Eliver, dont l'organisation offre de l'aide et des programmes éducatifs depuis 2010 aux résidents.

La plupart de ces derniers affirment avoir la permission d'occuper les cryptes ou de construire des cabanes sur les tombes, tant qu'ils en prennent soin.

Les occupants se raccordent au réseau électrique pour avoir de l'énergie et paient 3 pesos (4 centimes) les 4 litres d'eau aux puits des environs.

Le directeur du cimetière Nord, Daniel Tan, assure néanmoins à l'AFP que cet arrangement n'était pas censé se prolonger sur le long terme.

"C'est un cimetière, il est pour les morts et pas pour les vivants, donc les gens n'ont vraiment pas le droit de vivre ici", souligne-t-il.

M. Tan précise que les gardiens de tombes sont tolérés pour leur travail, et avance que la ville tente de les reloger, sans donner de détails.

Laileah Cuetara, qui a montré à l'AFP la permission accordée par le propriétaire de la tombe où elle s'est installée, certifie que la vie au cimetière n'est le premier choix de personne.

Son fils de 11 ans est malmené à l'école en raison de son adresse, tandis que sa fille de six ans gribouille en boucle des dessins de maisons qui tapissent leur habitat de fortune.

"Tout le monde ici rêve d'une maison", dit la trentenaire. "Mais c'est dur, très dur".

E.Schneyder--NZN