Zürcher Nachrichten - Drones ukrainiens: comment le front exporte son savoir-faire en France

EUR -
AED 4.117566
AFN 72.32106
ALL 91.19586
AMD 404.857843
ANG 2.006688
AOA 1028.131109
ARS 1696.571733
AUD 1.622115
AWG 2.018141
AZN 1.882506
BAM 1.95464
BBD 2.25716
BDT 137.846321
BGN 1.95965
BHD 0.423345
BIF 3354.193758
BMD 1.121189
BND 1.437234
BOB 13.140082
BRL 5.670532
BSD 1.120735
BTN 106.470317
BWP 15.407853
BYN 3.382692
BYR 21975.311919
BZD 2.253942
CAD 1.592391
CDF 2592.746362
CHF 0.930818
CLF 0.028064
CLP 1104.539819
CNY 7.503841
CNH 7.502529
COP 3581.134951
CRC 510.097171
CUC 1.121189
CUP 26.897032
CVE 110.199087
CZK 24.351617
DJF 199.570631
DKK 7.475004
DOP 68.709209
DZD 150.923188
EGP 59.94249
ERN 16.817841
ETB 183.055893
FJD 2.537206
FKP 0.852586
GBP 0.846156
GEL 2.904056
GGP 0.852586
GHS 13.039143
GIP 0.852586
GMD 82.968279
GNF 9859.10298
GTQ 8.561879
GYD 234.399799
HKD 8.798315
HNL 30.090136
HRK 7.535966
HTG 146.751569
HUF 363.57873
IDR 20123.83583
ILS 3.47877
IMP 0.852586
INR 106.404292
IQD 1697.892013
IRR 2007489.591035
ISK 136.426185
JEP 0.852586
JMD 178.203411
JOD 0.794888
JPY 177.108121
KES 145.586032
KGS 98.047801
KHR 4551.257462
KMF 495.565623
KPW 1009.070402
KRW 1508.874298
KWD 0.348668
KYD 0.933946
KZT 507.903943
LAK 25207.810051
LBP 100357.525658
LKR 370.97976
LRD 191.076564
LSL 18.519623
LTL 3.310581
LVL 0.678196
LYD 7.199694
MAD 10.982831
MDL 20.139044
MGA 5047.958156
MKD 61.609798
MMK 2353.874729
MNT 4032.604692
MOP 9.058682
MRU 44.90614
MUR 53.06867
MVR 17.322808
MWK 1942.937872
MXN 20.76029
MYR 4.577371
MZN 71.655293
NAD 18.519705
NGN 1491.125695
NIO 41.24533
NOK 10.65186
NPR 170.352107
NZD 2.001458
OMR 0.431095
PAB 1.120725
PEN 3.85516
PGK 5.086957
PHP 70.741454
PKR 310.237022
PLN 4.37011
PYG 6382.211073
QAR 4.085175
RON 5.335179
RSD 117.443553
RUB 93.895017
RWF 1653.618297
SAR 4.241677
SBD 9.041997
SCR 15.541744
SDG 674.392127
SEK 11.176049
SGD 1.438301
SHP 0.846213
SLE 27.671263
SLL 23510.78571
SOS 640.516888
SRD 42.282323
STD 23206.356568
STN 24.485464
SVC 9.806135
SYP 14577.704012
SZL 18.512927
THB 37.602492
TJS 10.327177
TMT 3.935375
TND 3.365302
TOP 2.699555
TRY 55.406421
TTD 7.606416
TWD 36.373063
TZS 2960.005026
UAH 50.271731
UGX 4510.322357
USD 1.121189
UYU 45.072639
UZS 13403.863204
VES 984.430741
VND 29008.532922
VUV 134.194721
WST 3.118726
XAF 655.957
XAG 0.019771
XAU 0.000270190531
XCD 3.030071
XCG 2.019783
XDR 0.792739
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 264.768421
ZAR 18.554574
ZMK 10092.048332
ZMW 22.329544
ZWL 361.022524
SSP 6473.550994
MXV 2.344181
  • AEX

    -7.7300

    1129.38

    -0.68%

  • BEL20

    47.1500

    5593.66

    +0.85%

  • PX1

    48.0200

    7920.86

    +0.61%

  • ISEQ

    -33.8000

    14050.79

    -0.24%

  • OSEBX

    -11.3100

    2082.83

    -0.54%

  • PSI20

    -22.6000

    9393.37

    -0.24%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    122.5200

    3999.73

    +3.16%

  • N150

    -16.9100

    4209.38

    -0.4%

Drones ukrainiens: comment le front exporte son savoir-faire en France
Drones ukrainiens: comment le front exporte son savoir-faire en France / Photo: Genya SAVILOV - AFP/Archives

Drones ukrainiens: comment le front exporte son savoir-faire en France

Ils produisent en masse pour presque rien et innovent en continu: des fabricants de drones ukrainiens parcourent discrètement la France pour partager un savoir-faire forgé dans une guerre où ces engins ont déjà bouleversé les combats et pris de vitesse les armées européennes.

Taille du texte:

Une urgence magnifiée depuis mars par le surgissement des drones dans une autre guerre, au Moyen-Orient.

L'AFP a rencontré trois fabricants ukrainiens en avril, en marge d'un forum de défense franco-ukrainien très confidentiel et destiné à nouer des partenariats - dans une ambiance digne d’un film d'espionnage: anonymat ou prête-nom requis, entretien sur un banc près des Champs-Elysées, changement de salon dans un hôtel au moindre mot de russe entendu.

"Nous voulons voir comment les pays qui nous ont soutenus comme la France peuvent bénéficier de notre expérience", explique à l'AFP Olexandre, un ingénieur de Bavovna qui depuis 2022 produit des drones d'attaque dont "le plus grand drone de frappe" en Ukraine, Perun Max.

L’Ukraine cherche à valoriser son expertise dans les drones afin d'obtenir davantage de financements et de soutien politique, mais peine à ouvrir ses exportations sans compromettre la protection de ses technologies et les retombées sur l'Etat.

"Quand j'échange avec des Européens ou des Américains, ils savent très peu de choses" sur ces drones, s'étonne Olexandre.

Perun Max peut "emporter trois projectiles, les larguer sur des cibles, revenir, se recharger et repartir à nouveau". Jusqu'à 30 sorties par nuit.

L'engin peut emporter 32 kg à 25 km: nourriture, eau, médicaments pour des soldats dans les tranchées... ou des tracts expliquant aux Ukrainiens "comment se rendre correctement et rester en vie" dans les zones où les Russes progressent.

Quelque 400 salariés dont 70 ingénieurs répartis en dix équipes basées "quelque part en Ukraine" produisent plus de 1.000 drones par mois, qui coûtent entre 7.000 et 20.000 euros.

Le système peut passer du GPS à une navigation optique dès que le signal est brouillé: grâce à une caméra, des capteurs et un réseau neuronal, le drone se repère et vole même avec l’antenne coupée, jusqu'à 20 km.

- Deux bataillons "neutralisés" par 10 dronistes -

L'histoire d'une autre start-up, Skyfall, a commencé après l'invasion russe en 2022 avec quatre ingénieurs ukrainiens réunis dans un garage pour créer un drone d'observation de ce qui passe au-dessus de Kiev. Rapidement ils décident d'y ajouter une capacité à "larguer".

Ainsi naît Vampire, qui bombarde, pose des mines à distance et transporte sang ou générateurs.

Vampire aurait participé aux exercices de l’Otan en mai 2025 en Estonie, au cours desquels, selon les informations du Wall Street Journal dévoilées en février, dix opérateurs de drones ukrainiens auraient "neutralisé" 17 blindés et deux bataillons ennemis.

Le "ciel de drones" rend transparent le champ de bataille où hommes et blindés deviennent des cibles dès qu'ils s'aventurent dans "un no man's land" d'une vingtaine de kilomètres, ont souligné début avril militaires et experts français au forum Guerres et paix organisé par Le Point.

Une situation inédite engendrée par la course technologique entre les belligérants ukrainiens et russes.

"Une unité française qui serait engagée aujourd'hui sur le front ukrainien face à l'armée russe se ferait étriller. Il faut imiter l'armée ukrainienne si on veut rester dans le coup", souligne le colonel Michel Goya, ancien officier des troupes de marine et analyste des conflits modernes.

Une transformation est certes en cours en France: 5.000 des 77.000 hommes des forces opérationnelles terrestres doivent être réorientés vers des spécialités liées aux drones, selon le général Bruno Baratz, commandant du combat futur.

Face aux produits de masse "qui ont vocation à user notre dispositif", "il faut des systèmes tout aussi massifs, peu chers et faciles à produire", ajoute-t-il en pointant le retard de la France et les réticences d'une partie de la hiérarchie militaire.

Pour Bastien Mancini, patron du fabricant français de drones Delair, qui a créé une société en Ukraine et "retranscrit" son expérience dans les drones qu'il livre à l'armée française, l’enjeu est de réduire les coûts pour éviter l'asymétrie.

"Il y a trois ans, nos drones se faisaient tirer dessus par des missiles russes qui coûtaient beaucoup plus cher, aujourd'hui ils sont abattus par des systèmes beaucoup moins chers", explique-t-il à l'AFP.

D’autres start-up comme Alta Ares ou Harmattan AI s’appuient également sur les retours du front ukrainien pour améliorer leurs technologies.

- Un million par an, 500 dollars pièce -

Shrike, un autre petit drone FPV (piloté à distance via une caméra embarquée) de Skyfall, coûte 500 dollars et a été le premier à "abattre en vol un hélicoptère Mi-8 à 10 millions".

"Ces drones ont détruit des équipements ennemis pour plusieurs milliards (...) Nous avons la capacité d'en produire plus d'un million par an", explique un porte-parole de Skyfall qui requiert l'anonymat.

Le troisième, l'intercepteur P1-Sun surnommé Pissioun (zizi) et fabriqué à 50.000 unités par mois, "a déjà détruit quelque 2.500 Shahed et 1.500 autres cibles aériennes", ajoute-t-il.

Si "la priorité reste la défense de l'Ukraine" et si toute collaboration internationale doit faire l'objet du feu vert de Kiev, il laisse cependant entendre que le groupe est capable de répondre à la fois aux besoins du front et à d'éventuels partenariats.

"Ce serait bien que le monde entier voie que les solutions ukrainiennes ne fonctionnent pas seulement en Ukraine. C'est notre valeur ajoutée", déclare le porte-parole de Skyfall.

- "Mitrailleuse intelligente" -

Le module Khyjak (Prédateur), système d’arme télécommandé équipé d'une mitrailleuse de 7,62 mm, a été initialement développé par l'Ukrainien UGV Robotics pour équiper les drones navals de surface Magura.

Ces derniers ont coulé et endommagé plusieurs navires de guerre russes en mer Noire.

Le principe est de "rendre une simple mitrailleuse intelligente" pour qu'elle abatte un drone en vol, raconte Dmytro Bourakov, responsable des relations internationales d'UGV Robotics.

"Nous avons installé le système sur des hélicoptères Mi-8 et Airbus, et c'est ainsi que nous abattons maintenant les Shahed", dit-il.

Après un échange avec l’AFP, il court rencontrer Airbus Helicopters, qui développe ses propres drones plus sophistiqués de surveillance et de renseignement, avec une trentaine d’appareils prévus cette année et le double en 2027.

- "Ere des femmes au foyer" -

Le patron du géant allemand des chars Rheinmetall Armin Papperger a créé la polémique en qualifiant de peu "innovants" les drones ukrainiens fabriqués selon lui "à la cuisine par des femmes au foyer", dans un entretien au magazine américain The Atlantic en mars.

En Ukraine, cette sortie révélatrice d'un certain regard des poids lourds industriels a fait sourire.

"Si les drones ukrainiens fabriqués par des femmes au foyer détruisent des chars, c'est que l’ère des femmes au foyer est arrivée", ironise le porte-parole de Skyfall.

S.Scheidegger--NZN