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Le président américain Donald Trump a estimé lundi que le cessez-le-feu avec l'Iran était "sous assistance respiratoire", après avoir fustigé la réponse de Téhéran à son plan visant à mettre fin durablement aux hostilités.
Après plus d'un mois de trêve, la voie diplomatique piétine entre Washington et Téhéran, qui s'envoient via le médiateur pakistanais des propositions pour consolider le cessez-le-feu, sans résultat concluant.
La réponse iranienne à la dernière proposition américaine est "à mettre à la poubelle", a jugé le président Trump devant la presse à la Maison Blanche.
"Le cessez-le-feu est sous assistance respiratoire massive, comme quand le docteur entre et dit: +Monsieur, votre être cher a exactement 1% de chances de vivre", a-t-il ajouté.
Au cours d'un appel téléphonique avec un journaliste de Fox News, il a aussi dit qu'il envisageait de relancer son opération de protection des navires pour traverser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran depuis le début de la guerre le 28 février.
Il avait mis ce projet sur pause le 5 mai, dès le lendemain de son lancement, compte tenu des "grands progrès accomplis" en vue d'un accord, qui n'a toutefois pas vu le jour.
"La seule chose que nous avons exigée, ce sont les droits légitimes de l'Iran", a indiqué le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
- "Victoire complète" -
D'après le Wall Street Journal, qui cite des sources proches du dossier, la proposition de Téhéran prévoit une réouverture graduelle du détroit d'Ormuz et une levée simultanée du blocus américain.
Selon le quotidien, l'Iran mentionne des négociations sur le dossier nucléaire dans un délai de 30 jours. Il offrirait de "diluer" une partie de son uranium hautement enrichi et de transférer le reste dans un "pays tiers", mais refuserait un démantèlement de ses équipements et un moratoire sur 20 ans de son processus d'enrichissement d'uranium.
Washington et de nombreux pays soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme atomique, ce qu'il dément, défendant son droit au nucléaire civil.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait estimé dimanche que la guerre, qui a fait des milliers de morts principalement en Iran et au Liban, n'était pas terminée.
Selon lui, de l'uranium enrichi doit être "retiré" d'Iran et des sites d'enrichissement "démantelés".
"Nous aurons une victoire complète. Nous avons déjà eu, en théorie, une victoire complète d'un point de vue militaire", a estimé Donald Trump.
A 16H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence sur le continent européen, gagnait 2,58% à 103,09 dollars, soit une hausse de près de 50% comparé aux niveaux d'avant-guerre.
- "Choc énergétique" -
Pour le patron du géant pétrolier saoudien Aramco, la guerre a déclenché le "plus grand choc énergétique" jamais connu dans le monde.
"Même si le détroit d'Ormuz rouvrait aujourd'hui, il faudrait encore des mois pour que le marché se rééquilibre", a affirmé Amin Nasser, estimant que les marchés pourraient ne retrouver un fonctionnement normal qu'en 2027.
Outre les hydrocarbures, Ormuz est essentiel au transport d'engrais mondiaux: un tiers y transite habituellement.
Son blocage risque de provoquer d'ici "quelques semaines" une "crise humanitaire majeure", a averti auprès de l'AFP Jorge Moreira da Silva, le chef d'un groupe de travail de l'ONU chargé de libérer le passage de ces matières cruciales.
"Téhéran ne montre aucun signe de capitulation" et "calcule que la hausse des prix mondiaux du pétrole et les pénuries de produits obligeront Trump à mettre fin au conflit sans obtenir les concessions majeures, notamment nucléaires, qu'il recherche", analyse le centre de réflexion américain Soufan Center.
Au Liban, autre front de la guerre où une trêve est théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, le Hezbollah pro-iranien et Israël poursuivent leurs frappes.
Censées ouvrir la voie à des négociations de paix, de nouvelles discussions, rejetées par le Hezbollah, doivent se tenir les 14 et 15 mai à Washington entre le Liban et Israël.
Le président et le Premier ministre libanais, Joseph Aoun et Nawaf Salam, ont appelé lundi les Etats-Unis à "faire pression" sur Israël pour qu'il cesse ses opérations.
burs-cgo/cm
A.Senn--NZN