Zürcher Nachrichten - Les fermiers sud-africains si chers à Trump, premières victimes de ses taxes douanières

EUR -
AED 4.292856
AFN 74.811013
ALL 95.758004
AMD 439.584403
AOA 1071.899958
ARS 1615.399361
AUD 1.65382
AWG 2.105518
AZN 2.052807
BAM 1.956344
BBD 2.351384
BDT 143.419901
BHD 0.440959
BIF 3471.693024
BMD 1.16892
BND 1.489127
BOB 8.067279
BRL 5.958571
BSD 1.16744
BTN 108.113854
BWP 15.725577
BYN 3.39093
BYR 22910.83612
BZD 2.348014
CAD 1.616324
CDF 2688.516258
CHF 0.924049
CLF 0.026465
CLP 1041.578414
CNY 7.985887
CNH 7.984561
COP 4272.239719
CRC 542.755646
CUC 1.16892
CUP 30.976386
CVE 110.478184
CZK 24.375844
DJF 207.740664
DKK 7.472498
DOP 70.57353
DZD 154.700132
EGP 62.058327
ERN 17.533803
ETB 182.994654
FJD 2.583902
FKP 0.869768
GBP 0.871109
GEL 3.144048
GGP 0.869768
GHS 12.875695
GIP 0.869768
GMD 86.499858
GNF 10257.274577
GTQ 8.931523
GYD 244.248998
HKD 9.158197
HNL 31.128258
HRK 7.533805
HTG 153.113908
HUF 377.188921
IDR 19997.594726
ILS 3.572448
IMP 0.869768
INR 108.282946
IQD 1531.285475
IRR 1538298.996652
ISK 143.403564
JEP 0.869768
JMD 184.583722
JOD 0.828765
JPY 186.171615
KES 150.966141
KGS 102.220317
KHR 4690.288808
KMF 492.115113
KPW 1051.974571
KRW 1731.059719
KWD 0.361091
KYD 0.972883
KZT 556.712029
LAK 25675.332478
LBP 104620.483213
LKR 368.367212
LRD 215.373677
LSL 19.088267
LTL 3.451517
LVL 0.707068
LYD 7.428482
MAD 10.836555
MDL 20.162127
MGA 4851.019228
MKD 61.629212
MMK 2454.475424
MNT 4179.182492
MOP 9.420942
MRU 46.768658
MUR 54.378586
MVR 18.060309
MWK 2030.414798
MXN 20.320043
MYR 4.634758
MZN 74.752294
NAD 19.088101
NGN 1591.777358
NIO 42.922942
NOK 11.118535
NPR 172.980345
NZD 1.998479
OMR 0.449448
PAB 1.16743
PEN 3.94218
PGK 5.039507
PHP 69.930678
PKR 326.157928
PLN 4.250153
PYG 7542.19513
QAR 4.262
RON 5.091462
RSD 117.37248
RUB 90.731993
RWF 1708.376887
SAR 4.386329
SBD 9.408151
SCR 16.899377
SDG 702.520794
SEK 10.873878
SGD 1.489894
SLE 28.7552
SOS 668.039996
SRD 43.922762
STD 24194.28831
STN 24.90969
SVC 10.214973
SYP 129.228602
SZL 19.088686
THB 37.607722
TJS 11.108433
TMT 4.097065
TND 3.370873
TRY 52.231832
TTD 7.919305
TWD 37.128178
TZS 3045.036993
UAH 50.709959
UGX 4302.21534
USD 1.16892
UYU 47.383385
UZS 14284.205282
VES 555.311151
VND 30780.591435
VUV 139.726541
WST 3.237081
XAF 656.14797
XAG 0.01541
XAU 0.000245
XCD 3.159065
XCG 2.104112
XDR 0.816038
XOF 656.347347
XPF 119.331742
YER 278.846329
ZAR 19.188936
ZMK 10521.677406
ZMW 22.269481
ZWL 376.391831
  • AEX

    2.7100

    1007.82

    +0.27%

  • BEL20

    29.2500

    5446.64

    +0.54%

  • PX1

    18.1400

    8264.34

    +0.22%

  • ISEQ

    55.6800

    12710.38

    +0.44%

  • OSEBX

    -4.9500

    2055.66

    -0.24%

  • PSI20

    -62.6000

    9422.26

    -0.66%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    43.9800

    3970.39

    +1.12%

  • N150

    6.9100

    4074.4

    +0.17%

Les fermiers sud-africains si chers à Trump, premières victimes de ses taxes douanières
Les fermiers sud-africains si chers à Trump, premières victimes de ses taxes douanières / Photo: GIANLUIGI GUERCIA - AFP

Les fermiers sud-africains si chers à Trump, premières victimes de ses taxes douanières

A rebours du discours protecteur de Donald Trump à l'égard des fermiers blancs afrikaners, l'agriculture sud-africaine est particulièrement frappée par les lourdes surtaxes douanières américaines visant Pretoria.

Taille du texte:

Les nuages de l'hiver austral s'amoncellent au-dessus de la vallée viticole de Robertson, à 150 kilomètres à l'est du Cap. L'horizon s'y assombrit aussi avec l'entrée en application, désormais fixée au 7 août, des droits de douanes américains de 30% visant tous les produits sud-africains.

Le Cap Classique, vin blanc pétillant local élaboré selon la méthode champenoise, bénéficiait auparavant d'une exemption de surtaxes par Washington grâce à la loi AGOA. Comme tant d'autres produits agricoles: agrumes, noix de macadamia ou encore avocats...

Dans les vignobles nus de Graham Beck, grand nom du Cap Classique, des ouvriers agricoles enveloppés d'épaisses polaires taillent les pampres. La maison, comptant 135 employés, a anticipé l'envoi des près de 300.000 bouteilles qu'elle écoule chaque année sur le marché américain, soit presque 15% de sa production annuelle.

"Il fallait gagner du temps, en envoyant aux Etats-Unis un peu plus de stock pour nous permettre de tenir toute l'année sans affecter nos prix", raconte à l'AFP le directeur général Pieter Ferreira. "Mais je ne pense pas que ça change grand chose, car la boule de cristal est floue pour 2026."

Au total, 4% des exportations agricoles sud-africaines étaient à destination des Etats-Unis l'an passé selon la Chambre d'agriculture locale. Soit près de 600 millions de dollars d'après des chiffres de cette organisation ainsi que du fisc sud-africain.

Dans un pays où 72% des terres arables appartenaient encore en 2017 à la minorité blanche, selon des chiffres gouvernementaux, ces surtaxes douanières affectent surtout les descendants des premiers colons européens. Ces Afrikaners dont Donald Trump s'est fait le défenseur auto-proclamé en accueillant une cinquantaine d'entre eux, tels des réfugiés.

Le président américain a encore accusé mardi Pretoria d'avoir des "politiques très mauvaises" en affirmant que "beaucoup de gens se font tuer", dans la droite ligne de ses allégations sur une prétendue persécution des fermiers issus de la minorité blanche, qui représente 7,3% de la population.

"Les souffrances des agriculteurs ne sont pas une question raciale, comme il tente de le faire croire", balaie Pieter Ferreira. "Il affirme que le gouvernement (sud-africain) ne s'intéresse pas au sort des fermiers, mais il leur inflige lui-même des droits de douanes de 30% sur les produits agricoles", constate-t-il.

- 100.000 emplois en jeu -

D'après le gouverneur de la banque centrale sud-africaine, les taxes douanières américaines pourraient coûter au total 100.000 emplois à la première économie du continent, déjà accablée par un chômage de près de 33%.

"L'impact sur l'agriculture pourrait être assez dévastateur, car ce secteur emploie beaucoup de travailleurs peu qualifiés", a averti ce même Lesetja Kganyago, citant en particulier le secteur des agrumes.

Les Etats-Unis absorbent entre 6% et 8% de ces fruits sud-africains, selon qu'il s'agisse d'oranges ou de mandarines.

Mais certaines exploitations, en particulier à Citrusdal à 200 km au nord du Cap, ont beaucoup misé sur le marché américain grâce aux conditions d'exportations préférentielles permises par l'AGOA.

"A l'heure actuelle, ça représente environ 25 à 30% de notre activité. Il s'agit de notre produit haut de gamme, ce qui en fait l'un de nos marchés les plus importants", explique à l'AFP Gerrit van der Merwe, entre deux allées parsemées d'oranges dans ses 1.000 hectares de plantation.

Sa famille fêtera l'an prochain les 260 ans de l'exploitation familiale à Citrusdal, incarnant ce travail de la terre au coeur du mythe fondateur des Afrikaners – boer signifie d'ailleurs "fermier" en néerlandais comme en afrikaans.

- Ville morte ? -

"En tant qu'entreprise bien établie, on survivra à la situation", explique le patron de cette exploitation (ALG), qui emploie environ 2.000 personnes. "Mais quelle est la réalité? Si on réduit la voilure de 100 hectares, c'est 200 personnes qui se retrouveront sans boulot l'an prochain à Citrusdal."

Un chiffre colossal pour une modeste ville rurale comptant moins de 10.000 habitants et très affairée en cette période intensive de récolte.

"Les agrumes sont la seule source de revenus. Si on n'emploie pas ces 200 personnes, qui le fera? Sans compter que cela aura des répercussions sur le supermarché, la pharmacie, les magasins de vêtements", alerte Gerrit van der Merwe. "A quoi bon survivre en tant qu'exploitant, si notre petite ville rurale meurt?"

S'il avait un message au président américain, qu'il "respecte" pour "ses efforts à ramener des industries aux Etats-Unis" tout en étant en "désaccord avec sa méthodologie", il rappellerait que les producteurs d'agrumes sud-africains exportent un "produit hors saison".

"Donc on ne vole aucun emploi à la Californie", plaide-t-il. "Tout ce qu'on fait, c'est proposer un produit sain à un prix très abordable."

O.Pereira--NZN