Zürcher Nachrichten - Au Soudan, des élèves au défi de rattraper les années volées par la guerre

EUR -
AED 4.108168
AFN 72.148217
ALL 91.224557
AMD 404.306976
ANG 2.002109
AOA 1026.902892
ARS 1692.783013
AUD 1.604278
AWG 2.013536
AZN 1.908484
BAM 1.954701
BBD 2.252443
BDT 138.063583
BGN 1.955178
BHD 0.422462
BIF 3350.299393
BMD 1.118631
BND 1.434123
BOB 13.101222
BRL 5.639799
BSD 1.118376
BTN 106.474591
BWP 15.362604
BYN 3.379233
BYR 21925.16464
BZD 2.249165
CAD 1.590212
CDF 2586.823091
CHF 0.931064
CLF 0.028006
CLP 1102.253845
CNY 7.486717
CNH 7.488406
COP 3576.18452
CRC 509.715599
CUC 1.118631
CUP 26.839904
CVE 111.187819
CZK 24.3627
DJF 198.802693
DKK 7.475228
DOP 68.515884
DZD 150.493199
EGP 59.37088
ERN 16.779463
ETB 180.245186
FJD 2.533195
FKP 0.844185
GBP 0.845959
GEL 2.873625
GGP 0.844185
GHS 13.048845
GIP 0.844185
GMD 82.778496
GNF 9843.951331
GTQ 8.546193
GYD 233.871147
HKD 8.778724
HNL 30.146831
HRK 7.531291
HTG 146.440438
HUF 364.005815
IDR 20062.588345
ILS 3.465071
IMP 0.844185
INR 106.439571
IQD 1692.488475
IRR 2002908.53494
ISK 136.406117
JEP 0.844185
JMD 177.600112
JOD 0.79311
JPY 176.709031
KES 145.176057
KGS 97.824032
KHR 4555.064203
KMF 494.434614
KPW 1006.767721
KRW 1502.120167
KWD 0.348621
KYD 0.93193
KZT 505.280332
LAK 25169.194137
LBP 100173.392196
LKR 370.145128
LRD 191.006682
LSL 18.446445
LTL 3.303026
LVL 0.676649
LYD 7.192967
MAD 10.903281
MDL 20.016758
MGA 5033.839242
MKD 61.747821
MMK 2349.156586
MNT 4026.712131
MOP 9.040356
MRU 44.99106
MUR 53.258749
MVR 17.293781
MWK 1948.655224
MXN 20.665743
MYR 4.5686
MZN 71.491881
NAD 18.445911
NGN 1487.83487
NIO 41.221499
NOK 10.628453
NPR 170.359708
NZD 1.996219
OMR 0.430096
PAB 1.118336
PEN 3.837464
PGK 4.979865
PHP 70.391528
PKR 309.899937
PLN 4.371431
PYG 6381.325385
QAR 4.071393
RON 5.335759
RSD 117.437228
RUB 93.544289
RWF 1649.980502
SAR 4.186331
SBD 9.03638
SCR 15.589692
SDG 672.850833
SEK 11.177197
SGD 1.436372
SHP 0.844027
SLE 27.596743
SLL 23457.134508
SOS 639.293998
SRD 42.185838
STD 23153.400067
STN 24.581913
SVC 9.78554
SYP 14544.437946
SZL 18.446011
THB 37.624586
TJS 10.321872
TMT 3.915208
TND 3.695395
TOP 2.693394
TRY 55.272888
TTD 7.605756
TWD 36.023384
TZS 2942.002538
UAH 50.26443
UGX 4518.478871
USD 1.118631
UYU 44.954716
UZS 13369.314115
VES 979.586828
VND 28969.183096
VUV 133.533968
WST 3.119424
XAF 655.957
XAG 0.020072
XAU 0.000271845551
XCD 3.023156
XCG 2.015584
XDR 0.79093
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 264.227418
ZAR 18.55624
ZMK 10069.020888
ZMW 22.225804
ZWL 360.198677
SSP 6430.476289
MXV 2.333644
  • AEX

    7.7900

    1137.09

    +0.69%

  • BEL20

    50.0200

    5546.61

    +0.91%

  • PX1

    45.4000

    7873.11

    +0.58%

  • ISEQ

    -127.9100

    14084.62

    -0.9%

  • OSEBX

    7.5100

    2094.12

    +0.36%

  • PSI20

    35.6400

    9415.66

    +0.38%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    122.5200

    3999.73

    +3.16%

  • N150

    7.1700

    4226.16

    +0.17%

Au Soudan, des élèves au défi de rattraper les années volées par la guerre
Au Soudan, des élèves au défi de rattraper les années volées par la guerre / Photo: Khaled DESOUKI - AFP

Au Soudan, des élèves au défi de rattraper les années volées par la guerre

A 13 ans, Afrah veut devenir chirurgienne, et la guerre qui ravage son pays, privant d'éducation des millions d'enfants, n'a pas entamé la détermination de cette collégienne soudanaise.

Taille du texte:

Même pendant les mois où elle a été déscolarisée, déplacée par les combats qui font rage depuis avril 2023 entre l'armée et ses rivaux paramilitaires, "je révisais mes leçons encore et encore", confie cette adolescente à l'AFP, dans le camp d'Al-Hichan, près de Port-Soudan.

Elle fait partie des plus de 25 millions de mineurs que compte le Soudan, soit la moitié de la population, dont plus de huit millions sont actuellement déscolarisés selon le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

Sur un terrain vague du site, des tentes, disposées en carré, font office d'école pour plus de 1.000 élèves.

Près d'un tiers d'entre eux ont d'abord suivi un programme accéléré de l'agence onusienne pour se remettre à niveau.

Le camp résonne désormais de rires, les élèves s'ébattent à l'heure de la récréation, mais la plupart ont survécu à des horreurs, connu la faim, les tirs de roquettes.

- Soif d'apprendre -

Des chars, des armes et la mort omniprésente: dans les premiers jours, leurs dessins étaient dominés par la guerre.

"Ils arrivent ici effrayés, épuisés, isolés, mais avec le temps on voit leurs croquis changer, ils commencent à s'adapter et à assimiler ce qu'ils ont vécu", explique Mira Nasser, porte-parole de l'Unicef.

Dans une tente, des enfants répètent, après une travailleuse sociale, comment se laver les mains et des filles récitent un poème en choeur.

Ailleurs, une enseignante, elle-même déplacée, dispense à sa classe de sixième les bases de physique-chimie, tandis que son fils de trois ans tire sur sa jupe.

Awatef al-Ghaly, professeure d'arabe de 48 ans déplacée du Nord-Darfour, se souvient de ses premiers jours sur le site, quand des milliers de familles erraient, hébétées, avec leurs enfants.

"Nous étions 60 enseignants ici, nous nous sommes simplement mis au travail", raconte-t-elle.

Ils ont réparti les élèves par niveau, bricolé un emploi du temps et commencé les cours par des révisions.

"Il a fallu beaucoup de patience, au début les enfants étaient tous assis par terre", relate Souad Awadallah, 52 ans, qui a donné des cours d'anglais pendant quatre décennies au Sud-Darfour avant d'arriver à Port-Soudan.

Des pupitres s'alignent désormais dans les tentes. Les élèves s'y serrent à quatre sur un banc.

Malgré les difficultés, leur détermination est indomptable et l'établissement de fortune a vu sa première promotion passer de l'école primaire au collège, souligne Mme Ghaly avec fierté.

"Même quand c'était difficile, en pleine chaleur estivale et avec des insectes partout, les enfants voulaient apprendre", dit-elle. "Avant les examens, certains nous suivaient jusque chez nous en nous suppliant d'organiser des révisions supplémentaires".

- "Aider les gens" -

Leur avenir "est en jeu et l'éducation est en soi une forme de protection", explique Mira Nasser. "Ici ils peuvent au moins retrouver un semblant de normalité".

Selon elle, certains "avaient même oublié comment lire et écrire" quand ils sont arrivés au camp.

"Cette guerre a détruit les gens psychologiquement", souffle Fatma, 16 ans, qui rattrape deux années de scolarité perdues et veut devenir psychiatre.

"Mon père se trouvait dans le grand marché de Khartoum quand les paramilitaires ont débarqué et tué les gens. Il s'est échappé mais il ressent encore cette douleur", poursuit-elle.

Les blessures sont aussi physiques. Une fillette salue de son unique main l'équipe de l'AFP: elle a été blessée à Khartoum, son bras droit est amputé au-dessus du coude.

Sans compter la faim: parmi les plus de cinq millions d'enfants déplacés au Soudan, beaucoup en souffrent et plus de 825.000 petits de moins de 5 ans sont victimes de malnutrition aiguë.

Le recours à des enfants soldats a aussi été signalé partout dans le pays, et la violence sexuelle endémique visant les filles empêche nombre d'entre elles de retourner à l'école, même dans les zones à l'abri des combats.

Pour les élèves d'Al-Hichan, la reprise des cours leur donne des ailes malgré la nostalgie de la vie d'avant.

"Mes amis et ma famille me manquent, mon école à Khartoum me manque, elle était pleine d'arbres", décrit Ibrahim, 14 ans. Mais lui aussi a un objectif: "devenir ingénieur pétrolier".

Un autre garçon, Rizeq, maillot rouge de Manchester United, prend son courage à deux mains et s'avance vers les adultes. "Je veux plus de cours d'anglais le soir", dit-il, la voix un peu tremblante mais la poitrine bombée pour défendre sa cause.

N.Zaugg--NZN