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En Californie, où les démocrates dominent la vie politique depuis vingt ans, le républicain Steve Hilton espère créer la surprise en remportant l'élection au poste de gouverneur en novembre malgré l'impopularité de Donald Trump.
Cet ancien conseiller du Premier ministre britannique David Cameron, né au Royaume-Uni et devenu citoyen américain en 2021, est engagé dans une course très incertaine pour succéder à Gavin Newsom, le gouverneur démocrate sortant.
Tenant d'une ligne conservatrice, axée sur la baisse des impôts et la déréglementation, il entend permettre aux "gens de réaliser à nouveau leurs rêves" dans cet État ravagé selon lui par des années de gouvernance démocrate.
Mais Steve Hilton traîne un sérieux handicap en Californie : le soutien de Donald Trump.
Alors que la cote de popularité du président américain s'érode, le candidat doit jouer les équilibristes et séduire les six millions d'électeurs qui ont voté pour Donald Trump en 2024 tout en convainquant les autres de voter républicain au nom du changement.
L'ancien promoteur immobilier ne lui a pas facilité la tâche.
Donald Trump a récemment évoqué avec désinvolture la possibilité que l'Iran détruise Los Angeles et San Diego.
Interrogé sur la polémique suscitée par ces propos, Steve Hilton a esquivé, préférant souligner son attachement à Los Angeles et sa volonté de "redynamiser" la ville.
"Je n'ai pas demandé ce soutien. J'ai été surpris et très honoré de le recevoir", a-t-il déclaré.
Steve Hilton dit partager avec le président républicain l'idée qu'il faut lutter contre la "bureaucratie".
Mais il affirme être en désaccord avec lui sur "de nombreux sujets", notamment les fausses affirmations de Donald Trump selon lesquelles il aurait remporté l'élection présidentielle de 2020.
Il assure que les électeurs peuvent voter pour lui tout en restant opposés à Donald Trump.
- "Esprit rebelle" -
Steve Hilton se présente comme un "outsider" capable de renouer avec "l'esprit rebelle" de la Californie pour rendre l'État plus favorable aux entreprises en allégeant la réglementation.
Alors que la guerre au Moyen-Orient a provoqué une flambée des prix de l'énergie dans le monde, le républicain accuse la complexité administrative et les impôts d'être les principaux responsables de l'explosion du coût de la vie en Californie, l'un des endroits les plus chers des États-Unis.
Il dépeint son adversaire, Xavier Becerra, comme un candidat au mieux peu enthousiasmant qui compte trop sur sa seule étiquette démocrate.
Pour le professeur de science politique à l'université de Californie à San Diego, Thad Kousser, la fidélité des Californiens aux démocrates est toutefois "méritée".
Le parti est associé à "un ensemble de politiques fortes et populaires en Californie", comme l'élargissement de l'accès aux soins, la protection des immigrés et les réglementations environnementales, souligne-t-il.
Les mesures défendues par Donald Trump vont à l'encontre de tout cela.
Steve Hilton s'efforce de minimiser l'importance de ces sujets et met plutôt en avant ses mesures économiques, parmi lesquelles la suppression de la taxe californienne sur l'essence et de l'impôt sur le revenu de l'État pour les personnes gagnant moins de 150.000 dollars par an.
Pour ses détracteurs, ces promesses relèvent de coups de communication et n'ont pas été évaluées sérieusement puisqu'il n'est pas censé l'emporter.
"Le fait d'être donné perdant lui a permis de tenter des coups audacieux", juge Thad Kousser.
- 27 points de retard -
Le dernier gouverneur républicain de Californie était l'acteur Arnold Schwarzenegger, de 2003 à 2011.
"Il faudrait un Arnold Schwarzenegger, avec sa notoriété et ses moyens financiers, pour qu'un républicain parvienne à se démarquer de Donald Trump", estime Thad Kousser.
Malgré une campagne dynamique, Steve Hilton ne semble pas avoir cette envergure.
Il accusait 27 points de retard sur son concurrent démocrate dans un récent sondage du Emerson College.
Pas de quoi le dissuader pour autant : "Nous sommes en Amérique. Nous sommes en Californie", a-t-il lancé avec son accent britannique, lors d'un meeting devant quelques centaines de personnes. "Bien sûr que nous pouvons accomplir l'impossible !"
W.F.Portman--NZN