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Les ministres du Commerce du G7 se sont déclarés mercredi profondément inquiets face à la "coercition économique", qui se manifeste notamment via des "restrictions arbitraires" à l'exportation sur les terres rares, et ont convenu de "muscler" leur réponse face aux déséquilibres mondiaux actuels.
Les ministres de ces sept pays industrialisés (France, Allemagne, Etats-Unis, Canada, Italie, Japon et Royaume-Uni) ont discuté pendant deux jours de surcapacités industrielles, approvisionnement en matériaux critiques, réforme de l'Organisation mondiale du Commerce et commerce électronique international, des sujets tournant beaucoup autour de la Chine, sans la nommer.
"Nous exprimons nos profondes inquiétudes quant aux mesures de coercition économique, y compris les restrictions arbitraires à l'exportation, susceptibles d'entraîner des ruptures dans les chaînes d'approvisionnement, notamment en minerais critiques, et de nuire à la sécurité et à la résilience économiques", ont-ils déclaré dans un communiqué commun.
La France assure actuellement la présidence du G7 et la réunion avait lieu à Paris.
Plus généralement, les ministres ont rappelé leur "préoccupation commune au sujet des mesures et des pratiques non axées sur le marché, et de leurs effets négatifs, notamment la persistance de pratiques faussant le marché, les surcapacités structurelles mondiales, les répercussions néfastes sur les marchés mondiaux et nationaux et les dépendances économiques croissantes".
Selon le Français Nicolas Forissier, "cette ministérielle a produit des résultats concrets".
"D'abord, nous allons renforcer notre coopération face aux déséquilibres du commerce international, notamment sur le sujet des pratiques non marchandes ou des subventions excessives, sur le sujet des surcapacités industrielles aussi (...). Nous allons mieux les analyser et muscler ensemble nos réponses", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
La réunion a également permis de faire des progrès sur la sécurisation des chaînes d'approvisionnement, notamment concernant les minerais critiques.
"Nous coopérerons avec nos partenaires en vue de réduire nos dépendances critiques et de garantir l'échec de toute tentative ou menace d'utiliser les dépendances économiques comme des armes", ont déclaré les ministres.
Plusieurs gouvernements occidentaux s'inquiètent de leur dépendance aux chaînes d'approvisionnement chinoises, notamment pour les terres rares, ces éléments essentiels à l'électronique grand public ou aux équipements militaires.
Des restrictions sur les exportations de terres rares, imposées par la Chine l'an dernier durant l'âpre guerre commerciale menée avec les Etats-Unis, ont provoqué l'inquiétude dans de nombreux secteurs dépendants de cette matière première.
Nicolas Forissier a précisé qu'un certain nombre de propositions ont été faites avec "la volonté d'aboutir à une boîte à outils commune" et que la démarche du G7 est complémentaire à une initiative américaine dans ce domaine.
La France est par exemple favorable à un système de "clubs de confiance" entre pays producteurs, transformateurs ou consommateurs de ces minerais, fonctionnant sur la base de bonnes pratiques.
Concernant les petits colis et le développement de l'e-commerce, le G7 a acté de "partager ensemble des mesures similaires, des stratégies communes sur la gestion, tant sur le plan douanier que sur le plan des conséquences financières".
Ces travaux nourriront le sommet des dirigeants du G7 prévu en juin à Evian.
M.Hug--NZN